I Know You…

Le 11 novembre 1918, vu par Georges Bouvier

Deux pages tirées du carnet de route de Georges Bouvier, l’un de mes arrière grand-parents (père de ma grand-mère paternelle).

Le carnet suit son parcours pendant toute la Grande Guerre (notamment Verdun), avec cartes tactiques (il était officier assigné aux communications), photos, statistiques de moyens de transport (!), etc.

J’ai depuis longtemps l’envie de numériser le tout pour en faire profiter le plus grand nombre, ce carnet ainsi que les nombreux autres documents toujours en possession de mon père (notamment dans le cadre de la Grande Collecte), mais aujourd’hui, profitant d’un déjeuner familial, j’ai rapidement pris en photo les deux pages les plus émouvantes à mon goût :

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(cliquez pour afficher en grand)

Deux extraits de « Amusing Ourselves to Death »

En ce moment je lis (tant bien que mal car trop lentement) Amusing Ourselves to Death, de Neil Postman.

Oui, je le fais un peu après tout le monde — le livre a été publié en 1985. Une seconde édition est parue 20 ans plus tard, en 2005, avec une préface du fils du désormais feu l’auteur, qui écrit « Can such a book possibly have relevance to you and The World of 2006 and beyond? I think you’ve answered your own question. » Et en 2013, ma foi, ça marche toujours.

Pour tout vous dire, la première fois que j’ai entendu clairement parler de ce livre, c’est au travers de ce court récit dessiné par Stuart McMillen, mettant en image les mots Neil Postman. Si vous ne l’avez pas lu, je vous l’invite à le faire, maintenant : c’est très court, et frappant.
Après l’avoir lu, je l’ai ajouté à ma liste Amazon, et il est arrivé chez moi à l’occasion du Secret Santa Reddit pour Noël 2011, accompagné d’une édition de Brave New World de Huxley — une occasion de me replonger dans ce classique.

Sous-titré « Public discourse in the age of show business », ce livre explore la chute dramatique de l’importance du « fond » du discours public, remplacé par l’omniprésence de la forme de ce discours, essentiellement due à l’arrivée de nouveaux médias, et à la globalisation des informations. L’auteur passe une grande partie de ses premières pages à nous conter (d’un point de vue purement américain, bien sûr) la pureté de l’approche de l’information par le public du XIXe siècle : extrêmement locale, purement textuelle, et un public avide d’en savoir plus.

L’un des exemples les plus parlants qu’utilise l’auteur est celui des débats entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas : 7 séances dans autant de villes de l’Illinois entre août en octobre 1860, dans le cadre des élections du sénateur de l’état. Le débat fonctionnait ainsi : un candidat parlait 60 minutes, l’autre lui répondait pendant 90 minutes, et le premier candidat avait ensuite droit à 30 minutes de réponse.
Trois heures de débat politique ! Et non seulement les habitants de la région venaient en nombre y assister, mais les journaux du lendemain s’arrachaient littéralement, chacun avec sa retranscription plus ou moins partisane ! Ce n’est même pas concevable aujourd’hui.

Cette déperdition du QI collectif, pourrait-on dire, ne s’est évidemment pas faite en jour, et l’auteur prend le temps d’indiquer les avancées technologiques qui ont mené à ce que nous sommes. Moi qui suis féru d’histoire et plongé dans ce média qu’est Internet, ces chapitres ont été passionnants, au point que j’en partage deux captures sur Instagram (que personne n’a lues, probablement). Permettez-moi de les mettre ici. Et attention chérie, ça va spoiler…

Tout d’abord, la première avancée technologique significative : le morse.

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The solution to these problems, [the vast distances and spaces separating American communities from one another in the time of the frontier] as every school child used to know, was electricity. To no one’s surprise, it was an American who found a practical way to put electricity in the service of communication and, in doing so, eliminated the problem of space once and for all.  I refer, of course, to Samuel Finley Breese Morse, America’s first true « spaceman. » His telegraph erased state lines, collapsed regions, and, by wrapping the continent in an information grid, created the possibility of a unified American discourse.

But at a considerable cost. For telegraphy did something that Morse did not foresee when he prophesied that telegraphy would make « one neighborhood of the whole country. » It destroyed the prevailing definition of information, and in doing so gave a new meaning to public discourse. Among the few who understood this consequence was Henry David Thoreau who remarked in Walden that « We are in great haste to construct a magnetic telegraph from Maine to Texas; but Maine and Texas, it may be, have nothing important to communicate. . . . We are eager to tunnel under the Atlantic and bring the old world some weeks nearer to the new; but perchance the first news that will leak through into the broad flapping American ear will be that Princess Adelaide has the whooping cough. »

Thoreau, as it turned out, was precisely correct. He grasped that the telegraph would create its own definition of discourse; that it would not only permit but insist upon a conversation between Maine and Texas; and that it would require the content of the conversation to be different from what Typographic Man was accustomed to.

(on notera le petit coucou qui fait plaisir à Thoreau et son livre Walden)

Le deuxième extrait que je veux partager avec vous est plus long (si si!) et sans doute d’un intérêt moins évident, mais il m’a fait le même effet de « waouh, il a raison, dans quel monde vit-on ? »

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It may be of some interest to note, in this connection, that the crossword puzzle became a popular form of diversion in America at just that point when the telegraph and the photograph had achieved the transformation of news from functional information to decontextualized fact. This coincidence suggests that the new technologies had turned the age-old problem of information to manage on its head: Where people once sought information to manage the real contexts of their lives, now they had to invent contexts in which otherwise useless information might be put to some apparent use.
The crossword puzzle is one such pseudo-context; the cocktail party is another; the radio quiz shows of the 1930’s and the 1940’s and the modern game show are still others; and the ultimate, perhaps, is the wildly successful “Trivial Pursuit.” In one form or another, each of these supplies an answer to the question, “What am I to do with all these disconnected facts?” And in one form or another, the answer is the same: Why not use them for diversion? for entertainment? to amuse yourself, in a game »

Il y aurait tellement plus à dire (surtout que j’en suis rendu à peine plus loin que la moitié du livre), mais je vous invite très fortement à le lire vous-même, et vous faire une idée de ce que les médias actuels, et la manière dont les informations sont digérées avant de nous être servies, nous rapproche à chaque nouveau lointain conflit en spectateurs apathiques. L’ami Kwyxz en fait un bonne critique sur Sens-Critique.

Je dirai bien que je suis content de m’être débarrassé de mon téléviseur l’année dernière, mais au final, j’ai toujours un écran face à moi, et c’est bien lui qui me nourrit de distractions…

(back2blog, jour 8/10)

Sur mon bulletin de CE1

Mine de rien, je crois que je n’ai pas beaucoup changé depuis 1985.

Savoir si c’est une bonne chose reste à l’appréciation de mes estimé(e)s lecteurs/trices…

(back2blog, jour 7/10)

Le plaisir d’apprendre

Je suis très en retard sur mon visionnage de films et séries.

Au fil des années, j’ai accumulé nombre de fichiers vidéo (bien entendu empruntés à un ami proche de mon cercle familial immédiat) suite aux recommandations d’amis, à la lecture de listes du type « Les 25 films à voir absolument » ou « les 100 films qui compte », ou à la disparition des grands écrans d’un film que j’aurai bien voulu voir. A Scanner Darkly, American Psycho, Cowboy Bebop, Paprika, Jacob’s Ladder, Reefer Madness, 12 Angry Men, etc.
Idem pour les séries : Battlestar Galactica, Community, Firefly, Homeland, Entourage, Misfits, Life on Mars, etc. Combien de premières saisons stockées sur mon disque dur, en attente de visionnage ? Et d’en ramener d’autres, au fil des discussions et lectures sur le Web, en me disant, à la manière de Marc Andreesen au sujet du type MIME des images, « Someday, maybe ». [ref]
Idem pour les livres, surtout depuis que j’ai une liseuse, et que j’entasse donc les classiques (domaine public oblige) afin de me culturer un peu le cerveau.

Je vis pourtant seul. On pourrait donc se dire que je n’ai un peu que ça à faire de mes soirées libres : me caler devant la télé, dans mon canapé, et enchaîner les séries, films et autres Petit Journal et Zapping.

Bon, pour commencer, je n’ai plus de téléviseur chez moi. Le point central de toute distraction en mon logis est l’ordinateur. À la manière du téléphone qui concentre maintenant horloge, appareil photo, lecteur audio, lecteur vidéo, carte, boussole, console de jeux et que sais-je encore (et accessoirement téléphone), l’ordinateur regroupe dans ses entrailles à la fois le rôle de source de distraction, et de zone de travail.

Vivons donc ensemble en soir de semaine libre typique dans ma vie de célibataire fou-fou. Je rentre chez moi, pose mes affaires, et relance l’ordinateur. En attendant de me cuire un peu de subsistance quotidienne, que faire ? Regarder un épisode d’une série ? Noooon…

Car outre le fait que je me suis créé au fil du temps nombre projets auxquels je participe, et sur lesquels je dois avancer (ou du moins, sur  lesquels je voudrai avancer), il se trouve que j’ai du mal à regarder un film seul. Plus globalement, toute activité culturelle (ou « culturelle », n’s’pas…) devrait pour moi être partagée. Série, film (chez soi ou au cinéma), théâtre, musée, visite de monument, etc. : autant de thèmes et idées abordés et qui méritent d’être discutés par la suite — et si possible à chaud. Je n’aime rien moins que d’écouter l’interprétation d’une oeuvre par ceux que j’aime. Et vu que je ne suis pas très malin, ils me font souvent voir une facette que je n’ai pas forcément considérée, voire m’expliquent que je me suis trompé sur l’intention de l’auteur. C’est agréable d’avoir tort et de s’en rendre compte, cela donne l’impression de progresser, de grandir intérieurement, d’apprendre des choses…

Seule exception à cette « règle » d’aller à un évènement culturel accompagné : les concerts. J’en ai vu près de 40 en 2012, dont sans doute la moitié seul. Je n’aime pas forcément cela (notamment le « personne à qui parler » pendant les interludes), mais je veux voir un groupe, il passe UN soir en ville et pas un autre, je prends ma place et je verrai bien si d’autres viennent aussi, personne ?, tant pis, allons-y — alors qu’un film, une expo, une pièce, « oh, j’ai bien le temps de prévoir ça avec un pote ». Du coup, souvent, je ne les vois pas. Hmpf.

Chez moi, seul face à mon écran, j’ai l’Internet tentateur qui me tend les bras dès que je lance une vidéo : si celle-ci n’est pas assez intense, ou même s’il y a une scène pas passionnante, hop, je mets en pause et je vais voir ce qu’il se passer ailleurs (le drame de Twitter et Facebook ; je fais partie d’une nouvelle génération « zapping »…). Je peux bien mettre 2 à 3 heures pour regarder un film d’1h30, à force de pauses et de « tiens, au fait… »

Heureusement que je n’ai pas Internet dans mes livres : j’ai récemment lu Le comte de Monte-Cristo, et Dumas y fait très souvent référence à des faits ou des personnages, réels ou imaginaires, qui me donnent envie d’en savoir plus (ne serait-ce que pour comprendre pourquoi il place cette anecdote). En ayant Wikipédia dans ma liseuse, j’aurai mis dix fois plus de temps à lire cet énorme pavé.

Je ne me faisais donc aucune illusion en cliquant sur le lien de ce tweet :

 Everyone should watch and watch again Feynman’s Lectures on the pleasure of finding things out… http://m.youtube.com/#/playlist?list=PLEFFA2ADC6E80EA6D&desktop_uri=%2Fplaylist%3Flist%3DPLEFFA2ADC6E80EA6D

Je clique, puis clique sur le lien pour avoir la liste de lecture en mode « ordinateur de bureau » (lien), et lance la première vidéo. 5 vidéos, 10 minutes par vidéo : aucune chance que j’en vois le bout.

Bon, les 10 premières minutes sont passées, c’était intéressant, continuons sur notre lancée…

Et en fait, j’ai tout regardé d’une traite.

Je ne connais que très vaguement Feynman, et dans cette vidéo de 50 minutes, il nous raconte son parcours, notamment la manière dont son père lui faisait voir les choses et l’a aidé à développer une soif du savoir utile ;  son passage à Los Alamos pour le projet Manhattan ; ses recherches libres qui lui ont apporté le prix Nobel, et sa haine des honneurs ; le fait que l’on ne peut pas tout savoir, et donc sa vision de la question ultime du « pourquoi sommes-nous là ? » et de la possibilité d’une entité supérieure…

Feynman a progressé et est devenu ce qu’il est parce qu’il était curieux, qu’il s’est posé des questions auxquelles il voulait répondre, et qu’il s’en est (et/ou qu’on lui en a) donné les moyens. Sous les aspects d’un professeur grisonnant racontant ses souvenirs de guerre, cette heure de vidéo est passionnante avant tout par ce qui résumé dans son titre, The Pleasure of Finding Things Out : faire la démarche d’en savoir plus, chercher à comprendre pourquoi et comment, se poser une question, toujours. Le plaisir de ne pas savoir. Le plaisir d’apprendre.

Et c’est peut-être ça en fait qui fait que films et séries n’arrivent pas à me tenir en attention plus de 10 à 15 minutes d’affilée : fondamentalement, elles ne m’apprennent rien. Je ne vais pas en ressortir grandi, plus « intelligent » ou avec une meilleure compréhension du monde qui m’entoure. Je n’aurai été que distrait de mon quotidien. Certes, j’aurai oublié le temps qui passe et la solitude de ces soirées passées assis devant mon bureau, mais pourquoi ? Discuter entre midi et deux du dernier épisode « waaaaah ! » de Breaking Bad ? Tant qu’à faire, autant passer le temps de manière utile — et donc, avancer sur mes trop nombreux projets. Les vidéos ? Someday, maybe…

Notez bien que je ne renie pas les films et séries ni ceux qui les regardent. Je sais apprécier les bons scénarios, les traits d’humour et une écriture ciselée, et j’ai moi aussi hâte de pouvoir apprécier ces oeuvres, et pouvoir en parler avec mes amis. Mais une fois rendu à moi-même, j’ai plus de facilité à regarder d’une traite les 45 minutes d’un épisode de Superstructures, que d’en passer 22 sur le dernier épisode de Parks and Recreation. Je suis un mec super ennuyeux pendant la pause déjeuner :)

Et je ne peux même pas dire que c’est ma soif de connaissances scientifiques qui me taraude : il y a quelques semaines, j’ai regardé avec fascination « Chasseur de skins », documentaire sur les antifas, recommandé par un collègue :

Du coup, je vais peut-être faire plus attention au tumblr de Joachim, Le docu du jour

En aparté…

Après avoir regardé ces 50 minutes de quasi-monologue auto-glorifiante (oui, ‘faut bien égratigner un peu), j’ai fait une rapide recherche sur les gougueules pour avoir des informations sur cette lecture du professeur Feynman (notamment la version complète que vous voyez ci-dessus, plutôt que la version en 5 parties que j’ai regardée).

Parmi les résultats YouTube se trouve cette courte présentation de Jordan Theriot, donnée lors d’un TEDx à CalTech en 2011 en l’honneur du bon professeur. Le discours est sympathique, rien de transcendant : grosso modo, avoir un bon professeur peut vous rendre une matière passionnante. Si je n’ai rien appris de nouveau, j’admire son enthousiasme, et son courage de parler devant une salle pleine de pairs.

L’expérience vécue par Jordan est positive et mérite sans doute ces 5 minutes… mais j’ai fait la bêtise de laisser mes yeux glisser vers les commentaires. Voici le mieux noté :

That is the hottest researcher I’ve ever seen…nerds these days don’t come with glasses & pocket protectors anymore. My sister works in a lab @ USC and her research center throws parties all the time during which a lot of people get drunk. I’ve talked to some of these people & they’re just brilliant but they also know how to party & the women are just FINE. Makes me wish I was a geek.

Nous avons donc une jeune scientifique (« undergrad » : 18-22 ans) qui nous parle avec passion de ses études et de ce qu’elle veut faire plus tard, et le commentaire le plus en vue peut se résumer à « wow, elle est bonne ». Sans vouloir forcément faire le lien avec une des autres lectures de mon weekend, y’a encore du boulot…

Pour le plaisir, et à la demande de Joachim qui le voulait pour son tumbr de documentaires, voici le Superstructures sur l’évolution des transatlantiques :

(back2blog, jour 6/10)

Mon voisin le skieur

Été 2012. Comme quasiment tous les jours pendant ces trop courtes vacances, nous nous sommes levés tôt pour monter sur le bateau et se réveiller là-dedans :

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Une grosse demi-heure de wakeboard sur une mer d’huile, ça réveille et ça permet de bien commencer la journée.

Retour au port, où nous sommes accueillis par notre voisin de panne, qui s’apprête lui-même à embarquer avec madame. C’est la première fois que nous le rencontrons ; il a la cinquantaine bien tapée. Il nous voit sortir le matériel, et discute avec nous tandis que nous rangeons tout et rinçons le bateau.

- Alors les jeunes, la mer est bonne ?
- Oui, nous revenons de faire une session de wakeboard, la mer était fantastique.
- Du wakeboard ? C’est quoi ?

Nous lui présentons la planche. Il découvre.

- Oh, c’est nouveau ça.
- C’est pour faire un peu comme un snowboard. Sur la neige.
- Ah, à mon époque, je faisais du ski, on était fous.

Nous sourions. On a du mal à imaginer cet aimable personnage, légèrement ventripotent, faire des 360 en monoski.

- Et ça s’apprend vite, ça, le wakeboard ?
- Oui, ça va très vite. Et puis moi [dit mon petit frère], j’en fais quasiment toute l’année dans un club à Paris.
- Oh ? À Paris ? Sur la Seine ?
- Oui oui, il y a des clubs.

Il a l’air plus intéressé, petite étincelle dans les yeux.

- Ah, j’en faisais aussi sur la Seine, on était toute une bande en club !
- Ah bon ?
- Oui, on était fous, on faisait n’importe quoi.

L’idée d’être fou pour skier sur la Seine fait sourire. Il continue.

- D’ailleurs c’en est au point où on avait été embauchés sur un film, moi et mes potes.
- Ah bon ?
- Oui oui, on avait été pris pour une petite scène, oh 30 secondes. On devait défiler sur la Seine en ski, avec des feux d’artifice accrochés au dos.

Là pour le coup nous sommes bluffés.

- Ah ça, il n’y avait que nous pour accepter un tel truc. Mais c’était marrant. Le réalisateur… Tu te souviens de son nom, chérie ? Ah, ça m’échappe. Il nous a fait faire des allers-retours sur la Seine, avec des pétards dans le dos et des feux d’artifice qui partaient de partout. C’était joli.
- Mais c’est super, ça ! Et vous vous souvenez du film ?
- Oh, c’était un truc artistique. Tu te souviens ? On est allé le voir, c’était vraiment nul. Mais on s’est bien marrés, et jamais on n’aurait pu avoir une autre occasion de faire ça.
- Effectivement. C’est fou ça.
- Ah, ça y est, je me souviens du titre : c’était « Les Amants du Pont-Neuf ». Une merde.

Je suis bouche bée. Quelque mois seulement après la Palme d’Or de Leos Carax à Cannes, avoir notre simple voisin de bateau nous raconter avoir fait le fou sur la Seine sur l’un des films de ce réalisateur…

Voici les 30 secondes en questions. C’était en 1991. Et l’une de ces têtes brûlées fait maintenant du bateau tranquillement sur la Méditerranée…

(back2blog, jour 5/10)

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