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Des idées différentes

Temps de lecture : 6 minutes.

Avec l’âge, les envies de cadeaux changent. Les raisons sont nombreuses : on a déjà tout ce que l’on veut, on a déjà trop de choses qui attendent que nous nous y consacrions, on n’a plus envie de gros cadeaux qui prennent la poussière…

Terminés les gros trucs qui prennent de la place, les livres qu’on ne terminera jamais, les abonnements qui s’empileront dans un coin, les gift-box qui obligent à réserver un week-end entier à 300 bornes dans 4 mois, etc. Passé un certain cap, on veut quelque chose d’utile immédiatement ou sur la durée, tout en étant quelque chose qui fasse « cadeau ».

Mais que demander au Père Noël ou pour son anniversaire ? Comment guider vers ce qui à la fois fera plaisir et sera utile sur la durée ?

J’ai posé la question il y a quelques jours1Bon, le 10 octobre 2021. Oui je prends mon temps quand j’écris ici… sur Twitter :

Question #idéeCadeauNoel :
Que puis-je (m’)offrir de vraiment utile ?
Quel est ZE achat 2020 qui a amélioré votre vie ou votre quotidien ?
Quel est LE truc que vous auriez dû faire il y a des années ?
Qu’est-ce qui rend vos semaines plus simples ?
Je prends toutes vos idées ! 🙂

Le tweet en question. Attention, compte privé.

4 personnes ayant aimablement « liké » le tweet sans pour autant y répondre, je me dis que l’idée intéresse2QUATRE PERSONNES, rendez-vous compte !, et donc autant stocker tout ça sur Internet.

Les réponses au tweet

Déjà, une erreur de ma part dans le tweet initial : mon idée était soit d’offrir à quelqu’un quelque chose de pérennement utile, soit de faire en sorte que quelqu’un m’offre le même type d’idée.
Sous-entendu : un budget « cadeau » raisonnable, et facile à emballer.

Seulement, haha, j’ai écrit « que puis-je (m’)offrir »3Notez l’insidieux ‘m’. Satané Fritz Lang., impliquant par là même que, grosso modo, le budget et l’espace requis étaient illimités. Nenni !
Mais de belles âmes, pensant bien faire, sont donc parties sur des idées pécuniairement et papiercadeaulement hors-normes. Je les cite tout de même par honnêteté, dans le chiffre qui termine cette phrase4Une chaise de bureau Herman Miller, un vélo Brompton, une moto, un chat..

Les réponses qui rentrent dans le cadre furent quant à elles :

  • Un abonnement à Alternatives Économiques.
  • Le livre du YouTuber économique Heu?reka.
  • Un bonne machine à café.
  • Un Leatherman et une soufflette rechargeable par USB (c’est très précis).
  • Une tondeuse (à cheveux plus qu’à gazon, je pense).
  • Des dons à des associations.

Bien !

Aller plus loin

Mes questions dans ce tweet n’étaient pas vraiment originales, car ce n’est pas la première année que je me les suis posées, et j’avais déjà cherché réponses à icelles sur les interwebs. Où donc, me demanderiez-vous ? Voici mes sources d’idées des années passées, trouvées au fil de l’eau…

Tout d’abord, un tweet posant cette simple question :

What’s your “it’s expensive but it’s worth it” product?5Quel est votre produit « c’est cher mais ça vaut le coût » ?

Eliza Orlins, le 1er décembre 2019.

Déjà ici, on a un bon nombre de réponses, qui partent bien sûr dans tous les sens. Par exemple, les hors-normes / amusantes / touchantes :

  • Avoir un enfant.
  • Le mettre en crèche.
  • Un stérilet (y’en a pour tout le monde…).
  • Mon mari / Ma femme (haha).
  • Vivre à New-York / Mon loyer / Mon crédit immobilier.
  • Des billets de train / d’avion.
  • L’électricité.
  • Un diplôme de droit.
  • Un-e thérapeute / Un-e dentiste.
  • Payer des déménageurs.
  • De l’insuline / Une mutuelle.
  • Du bon maquillage / anti-cernes / produit pour la peau.
  • Du bon café.
  • De nouvelles fenêtres.
  • Un vélo6Encore !.
  • Un chien / un chat / une mutuelle pour animal de compagnie.
  • Du cannabis.
  • Un Roomba / Roborock. « My little buddy has a built-in scheduler and beep-boops its way around my apartment once a week. »
  • Des places VIP de concerts / Des billets Fast Pass aux parcs d’attractions.
  • « Equitable mass transit infrastructure for all. »
  • « I would say ‘education’, but ignorance is a lot more expensive. »

Mais déjà, on y trouve des choses intéressantes dans le cadre « (se) faire un cadeau qui améliore le quotidien » :

Mais surtout, j’ai trouvé une chouette source d’idées sur Ask MetaFilter.

MetaFilter

MetaFilter, si vous ne le connaissez pas, est un site de partage de liens intéressants, avec une communauté assez incroyable. Lancé en 1999, c’est l’un des derniers bastions de l’âge d’or des blogs communautaires8Soit avant que Loïc Le Meur ne rachète U-blog..

Ask MetaFilter est un site annexe mais très vivant, où les membres peuvent poser n’importe quelle question (même anonymement au besoin), recevoir des réponses de la communauté — et marquer les réponses correctes pour elles/eux.

Trois questions en particulier m’ont tapé dans l’œil en vadrouillant.

1) What can I buy that will improve my life?

I hate shopping, and only relatively recently have had disposable income. So I’m pretty unaware of what goods and services are out there that could improve my quality of life (defining this as giving me more time to focus on other things, efficient tools, things that will bring joy into my life).

« Seulement » 48 réponses à cette question, mais l’on y trouve quelques pépites. Petite sélection parmi les utiles :

  • Un robot culinaire.
    « Up your homemade hummus and pesto games. »
  • Un autocuiseur, un batteur électrique.
    « I have a KitchenAid stand mixer and a Vitamix blender. Neither are cheap. Both are essential to my life. »
  • Un mélangeur à immersion.
    « Because life is too short to ever have to clean a blender again. »
  • Un hachoir.
  • De bonnes serviettes de toilettes.
    « Goddamn there is nothing like a quality towel after taking a shower. »
  • Des draps de lit agréables, avec un nombre élevé de fils.
    « Anything that improves your sleep is a good thing. »
  • « Higher quality versions of things you use a lot. »
    ou, dans le même ordre d’idée :
    « Less stuff. Higher quality of the same stuff you like. »
    ou encore, lu dans une autre page :
    « “Where is the good knife?” If you’re looking for your good X, you have bad Xs. Throw those out. »9Mais attention : si vous vous faites offrir des couteaux, pensez à donner une pièce en retour ! « I consider it a major lifestyle upgrade, being able to process fresh foods easily and safely. »
  • Une inscription à une AMAP locale.

…et parmi les hors-normes :

  • « Build up a 3 – 6 month emergency fund. Start or bulk up your retirement savings. Pay down debt. These things pay off well in the long term. »
  • Un bidet.
    « Squeaky clean ».
  • Un service de ménage deux fois par mois.
  • Des cours réguliers de musique / cuisine / céramique / etc. Des choses qui ouvrent le cerveau par la créativité.
  • Un vidéoprojecteur plutôt qu’une télévision.

Et parmi ces réponses se trouvait un lien vers une autre question AskMeFi, posée peu auparavant, et que voici :

2) I should have done this years ago!

I’m looking for suggestions for changes in your life or home or work or whatever that seemed like small things but ended up being really impactful.

Donc, cela dépasse le cadre des cadeaux et on entre plutôt dans celui des bonnes habitudes, des idées, des petites astuces… mais toujours dans l’idée d’améliorer sa vie par petits bouts accessibles.

Donc je vais en piocher quelques-uns que je trouve pertinents/amusants :

  • « Buying a shit-ton of nesting Rubbermaid containers instead of a bunch of mismatched Tupperware. »
    On a fait ça, ça améliore effectivement la vie cuisinale.
  • « Getting a Brother Label Maker and labeling everything in my home so can always find stuff. »
    Vrai. Surtout pour les câbles.
  • « Separate twin-size duvets for you and your partner instead of one big shared one. »
    L’amie Fabienne valide. Ajoutons aussi les housse avec attaches, comme on peut apparemment en trouve au Québec.
  • « Bought a squatty potty and my life improved x10000! »
    On appréciera l’étude qui va dans ce sens.
  • « Made a budget and stuck to it. »
    Souvenez-vous : Don’t buy stuff you cannot afford.
  • « I decided to try the Marie Kondo method of folding clothing, and I’m honestly shocked at how much better my wardrobe is. »
    Rien de tel qu’un tiroir bien rangé.
  • « Quit wearing shoes in the house »
    On fait ça depuis que l’Enfant est arrivé. C’est cependant plus compliqué de le demander aux invités.
  • « Dinner planning: a little magnetic whiteboard, stuck to the side of the fridge. Plan for meals for the week, then figure out your shopping list for the week. Also, track when you had meals, when trying to track the age of left-overs. »
    On devrait faire ça, tient 🙂
  • « Don’t get microfibre towels or clothes, they release microplastics into the water with every wash. Get white cotton, then you can bleach it too if needs be. »
  • « Getting a slow cooker. I can cook hearty healthy meals in bulk without much effort. Just toss a bunch of things in there, turn it on, leave it alone. SO GOOD, especially for days when I’m too sick/tired to function but need food. »
  • Un Airfryer. Décidément beaucoup de suggestions touchent à LA BOUFFE 🙂
  • « Make a point of reading 50 pages every day. Makes getting through books possible. »
  • « Ditched the television so the living space isn’t organized around an ugly appliance. »

Et une fois de plus, parmi les réponses, quelqu’un a pointé vers une question précédente dans le même esprit. Je vous présente donc…

3) Everything (in my life) should be as simple as possible, but no simpler.

Today my dentist told me that I needed to start wearing a nightguard and I was immediately annoyed at having another thing in my life to deal with.
In an effort to balance the scales I would like to hear your suggestions for things/situations/protocols that you’ve eliminated from your life with no ill effect.

Bon, là on a clairement quitté le monde des idées cadeau ou même des petits achats qui améliorent la vie, pour entrer dans le monde des « conseils de vie » : ne plus repasser ou plier certains vêtements, faire don des cadeaux que l’on reçoit sans les vouloir, quitter Facebook, ne plus s’épiler, préparer sa semaine de repas le week-end, couper ses notifications, etc.

Vue qu’il y en a une tripotée en ce bas monde, on va s’arrêter là avec cet article 🙂 Du coup, je vous laisse cliquer le lien et explorer les réponses à cette question. Parcourez celles qui ont un grand nombre de votes « [x favorites] » à la fin !

Et si ce genre de listes vous plaît, deuxtrois liens.

Ainsi se termine cet article. Bonne année à vous, soyez heureux et heureuses !

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Soundtracker origins, part 1: Where in the World is Karsten Obarski?

Temps de lecture : 9 minutes.

Note: Cet article (et les suivants de cette série) sont écrits en anglais, pour la simple raison que mes sources, tant directes qu’en ligne, sont anglophones.
Par ailleurs, dans certains de ces articles, il me semble ajouter du contenu original au corpus de connaissances, donc autant faire en sorte que cela profite au plus grand monde 🙂


My previous article on Soundtracking1In French in ze texte. was all about passion and nostalgia: presenting a couple of great Amiga demos, playing a handful of notable Amiga modules, and explaining my understanding of how soundtracking worked — you know, the whole « notes as a sequence of letters instead of solfege symbols » thing2 Or, « A#3 > 🎶 », which incidentally is the name of Elon Musk & Grimes’ next child.

SoundTracker (Unix version): it’s like writing music with Excel!
(to hear this specific song, click here and press the Return key)

Today I’m starting a series of articles which is no less about passion and nostalgia, but tries to go further behind the curtains, and talks about the ones who made soundtracking possible: Mr. Obarski of course, but also those who inspired him (and those who, in turn, inspired them3Spoiler alert: It’s turtles all the way down!).

Eventually, my intent is to find out when the « tracker » way of composing music (or, the music sequencer) made the jump from a hardware, physical product to a software product. Who was the first one to dream up coding that interface? Is it really Karsten Obarski, father of the Sountracker? I want to find out.

So let’s start with the culmination of all these inspirations.
Let’s start where this little « quest » of mine started.

(drumroll)


Karsten Obarski,
elusive legend

Karsten Obarski programmed the Ultimate Soundtracker tool for Amiga 1000 in the Summer of 1987, and released it through German software publisher EAS in December 1987.
He was 22. It was his first ever completed program. He initially wrote it to write his first music, for the first game of a friend of his, Guido Bartels.

You can almost hear the nostalgia!

Ultimate Soundtracker was the first musical program to mix the tracker format with audio samples (instead of synth sounds), and thus was a tremendous success… in terms of number of tools which stole the whole idea and built upon it, that is. Commercially, it failed, apparently due to a temperamental behavior (= it crashed all too often), and the fact that the target customers, musicians, were not interested in that way of composing.

Version 1.21, from December 1987. Which part of your song are you going to start with?

Nonetheless, it gave birth to a host of clones (and a name to its own genre of tools), each building upon the previous clone’s improvements.
In March 1988, just 3 months after the initial commercial release of Ultimate Soundtracker, coder The Exterminator/TJC (Netherlander Mark Langerak) released Soundtracker II under his own name (removing Obarski’s full credit, shy of a mention).
Exterminator had de-assembled the original program and released the resulting source code, along with its playroutine4A piece of code that makes it possible to easily integrate a Soundtracker song (or « module ») into any program. This allowed anyone to not only create music in the tracker format (fine), but they could also freely (as in, illegally) use that format in their own production (games and demos).

While illegal, this was the needed spark to trigger the Cambrian explosion of trackers: before long, several other clones appeared. Just for 1988, Amiga musicians witnessed the successive releases of Soundtracker Pro I, TJC Soundtracker I, Soundtracker III and IV, DOC Soundtracker (11 versions in 88), Master Soundtracker, and many others. Check out this graph!

Karsten Obarski didn’t last long in « the scene » (of which he was never a part of anyway). He released a couple more versions of Ultimate Soundtracker, including v2.0 in October 1988 which made official the famed « module » format (combining note patterns with audio samples into a single file) created in July 88 by the DOC Soundtracker IX clone (coded by Unknown/DOC, aka Michael Kleps), and then, as Keyser Söze would say, « Poof, he was gone ». He was not heard of anymore on the Amiga. Barely a year had gone by since the initial release of his groundbreaking tool.

What’s left of him is a legacy, both in terms of composing process, but also in terms of « sound »: Ultimate Soundtracker was accompanied by the legendary ST-01, a sound disk, which contained audio samples which Obarski ripped from his own synthesizers, and which came to define the early sound of the Amiga.
Obarski himself provided the template: Ultimate Soundtracker came with several complete demo songs, showing that the man also had a knack for melodies. Amegas, Crystalhammer, Endtheme, Bluesong, Blueberry, etc.: Titles that bring nostalgic stars to the eyes of any kid from these days 🙂

The man behind the legend

Hi, Karsten! Picture taken from AMP, dated probably 2008.

Not much is known about Karsten Obarski, really. Only a couple of interviews are available online.
Let’s dive in, and find out what brought him to create Soundtracker!

The two main interviews are:

In addition to that, there are a few sources here and there, for instance a biography on the VGMPF wiki, a since-deleted page on Wikipedia from 2008 (now forwarding to the Ultimate Soundtracker page); the since-lost Karsten Obarski Tribute Project, with a short message from The Man himself in 2001; … and that’s it! If you know of more, I’m interested 🙂

So, from these interviews, what can we learn?

How did you get the idea of creating Soundtracker?
A friend of mine (…) asked me if I could write some music for him (…). At that time I had already experimented around with a playroutine on my brand new Amiga (…)
So I begun to code a simple-to-use editor to generate the data to be used by my playroutine. After some improvements, my Soundtracker was born.

AMP interview

Sounds like it came out of thin air!
But let’s look at the question right before this one:

Which composing programs have you been using?
In the times of the « 64 »5Commodore 64., I’ve used Chris Hülsbeck’s « Soundmonitor » to implement some music-tunes in my codings.

AMP interview

Ah ha! That’s interesting. So, Karsten Obarski had a Commodore 64 before he bought an Amiga 1000, and on that C64 he discovered Soundmonitor, which… is a tracker-style program from 1986, the year before Obarski wrote and released his own Ultimate Soundtracker!

Soundmonitor 1.0, by Chris Hülsbeck.

Indeed, while it’s much less easy on the eye, we can see similarities: channels (three, in that case, marked TRK for « tracks »), line positions on the left sidebar (SP for « song position » I guess, or maybe « step »?), and more settings.

Browsing other sources, we find that this is the same conclusion reached by others. For instance, in his book « Bits and Pieces: A History of Chiptunes« , author Kenneth B. McAlpine writes:

« Obarski simplified the interface of SoundMonitor ».

Peter Moormann goes one step further in his book « Music and Game: Perspectives on a Popular Alliance« :

« An early model of such tracker software was Soundmonitor for the C64, written by Chris Hülsbeck. »

French blog Geekzone treads the same waters in their article « The little-known history of trackers » 6In French in ze texte., but goes one step further: author and audio producer Jean-Christophe « Faskil » Detrain relates that, for purists, Hülsbeck’s Soundmonitor was the first necessary step, but Obarski’s Soundtracker was indeed the first real tracker — because to said purists, a real tracker has to use audio samples, not synth sounds.

Still, to Faskil, « C64 wins »: the first tracker is indeed Soundmonitor.

Looks like Karsten Obarski took inspiration from Chris Hülsbeck, contributing a nicer interface around the tracker format, along with a fourth channel7Thanks to Paula, the Amiga sound chip, which was more advanced than the C64’s SID chip., right?
Ergo, that would make Chris Hülsbeck the real father of music trackers?

It’s not quite that simple. Turns out, Hülsbeck got inspiration somewhere too — of course.

But before we dive into Chris Hülsbeck’s own inspirations for Soundmonitor, let’s try to understand another aspect of Karsten Obarski’s legend: after releasing such an important piece of software, why did he disappear all of a sudden, not to be heard again? Let’s answer the title of this article.


After releasing a key software product, Karsten Obarski more or less disappeared, never to be heard again in the game music (or demo music) world. Why so, and where is he now?

The answer to « Why did he left? » can be found by mixing various sources.

I was very proud to have invented a milestone program.

The data structure of my MOD files even still lives today on PCs and all other music programs, after they ripped parts of my program and modified my playroutine as well.

But say – how many people who know about « trackers » and modules also know their roots? Who knows me? That’s only a few of them.

AMP interview, adapted.

I would like to thank (…) all those who care about the young but forgotten history of computing, with all these great guys.

AMP interview, adapted.

When and why did you give up the SoundTracker project?
After I’d sold my copyrights to a company named EAS for a few bucks, and the Soundtracker clones started to come from all directions, I didn’t have the inspiration to code any more on that program.

Did you feel bad when other people stole your idea/program?
(…) It wasn’t funny when people made some patches on the SoundTracker and then thought of it as their own program, removing my name completely.
Even today’s trackers work in that same way, and still use the tone-event data structures which I invented. (Which is a very simple one.)

Do you have anything to say to the programmers of new trackers?
Just try to find new ways by yourself and do not spend so much time making the same things others have done before you.

AM/FM interview.

So, by the looks of it, he wasn’t too happy with the situation, and decided it was time for him to find a new hobby.

Now, « where is he now? », you might ask me, and I’m glad you did. Again, we resort to the available interviews…

Are you still active in the scene these days?
I now have a job as an electronic-specialist at an industrial company. Sometimes I program a little bit at our circuit-board testing machines – that’s fun enough for me 😉

The other free time I like to spend with my wife, my motorbikes, my old house, my synthesizers and my very few left friends.

AMP interview.

Indeed, while desperately looking for anything resembling an online presence of Karsten Obarski, the closest I could find was an empty account on the Tinkercad website. Tinkercad is a free tool to create 3D models of, amongst other things, circuit boards. We can only guess that he was trying it out for fun…

But [music is] still just a hobby – and in the Summer my wife and I often prefer to ride with our motorbikes [rather] than sitting in the house.

KOTP website, adapted.

So there you have it. Our hero, proud of his accomplishment and eager to try something else, left the Amiga town, riding his motorcycle into dawn…

From AMP. Those glasses have seen some dust.

Goodbye, you legend. Goodbye.


Lacking direct interaction with Karsten Obarski himself (and believe me, I tried to track him down, or to find at least an email address), this is the best I can do. Karsten, if you read this, please contact me 🙂

Let’s move on to Obarski’s apparent inspiration for Soundtracker, then, in order to find out, in turn, his inspiration.

So, Soundmonitor was created by Chris Hülsbeck. This name might ring a bell to old-timers: he scored such well-known games as Turrican and Turrican II, Apidya, R-Type, etc. Unlike Obarski, he did not disappear, but kept very active in the gaming music scene, even producing several of his own albums (and royalty free music) and orchestra versions of the Turrican music.

All this from writing an audio tool on the C64 on 1986, probably as a teenager? Nice!

We could dive into the numerous interviews of him online, sure.

But, just in case, let’s try and ask him directly!

He seems to be very busy, I doubt he’ll ever answer…

5 hours later:

So that’s going to be the topic for the next part of this series 🙂

See you soon!

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Musique technologies

Soundtracking sur Amiga : passion, explications et exemples

Temps de lecture : 13 minutes.

Le 1er avril 2019, je tweetais :

Je me suis fait un petit « trip down memory lane » 1🎵Ce petit chemin, qui sent la noisè-è-teuh 🎶 Amiga ce matin, du coup j’ai envie d’écrire sur le sujet, pour les gens qui n’ont pas connu ce merveilleux monde. Cela me donnera l’occasion de partager une sélection de démos qui m’ont marquées, et une sélection de modules du même tonneau.

Note : ceci est une mise-en-blog de trois diatribes 2Ou « threads », comme disent les jeunes de nos jours. Twitter que j’ai commencées en avril 2019, et que j’alimentais quand me venait l’inspiration. 3Ça a duré 3 jours…
Il est grand temps d’en faire un article digne de ce nom. Si vous me suivez sur Twitter malgré mon compte privé, vous pouvez retrouver ces contenus dans trois threads : le principal, celui dédié aux modules, et celui dédiés aux démos.

Note 2 : ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet de la musique sur Amiga sur ce blog. En 2009, je faisais déjà un article sur le soundtracking, que je pensais même être le premier d’une longue lignée. 4J’étais jeune, j’étais fou.
Et
effectivement, je retrouve dans mes brouillons la seconde partie, écrite apparemment en 2011, qui aborde l’histoire de la musique dans la jeux vidéo ! Que d’ambition ! Du coup je l’ai publiée telle quelle, avec les manques et les trous — il ne faudrait pas que tout cela se perde 🙂

Pourquoi cette nostalgie musicale ? Parce qu’entre 1989 et 1997 5Estimation Ipsos/Cofinoga., quand d’autres mettaient leur radio ou K7 préférée pendant leurs devoirs du soir, moi je lançais mon Amiga (500 puis 1200) pour mettre un fond sonore. 6Dans la série « Dis que tu avais une télé dans ta chambre sans dire que tu avais une télé dans ta chambre… » 7Disons-le tout de go, ça n’a pas forcément amélioré mes notes au collège/lycée…

Un truc comme ça. Actuellement stocké dans le grenier parental, au grand dam de maman. Non maman, si tu me lis, tu ne peux toujours pas jeter ces cartons ! Merci ! 🙂

Donc, le soir venu, face à l’énoncé du devoir à rendre pour le lendemain, soit je lançais une démo 8Une « oeuvre multimédia », pourrait-on dire aujourd’hui. (ou un music-disk), soit je lançais le logiciel ProTracker 2.3d 9Ou 3.15, chacun ses goûts, je ne juge pas., afin de charger l’un des nombreux « modules » provenant de ma vaste collection 10Acquise à la dure, au fil des années, à force d’envois et réceptions des disquettes PAR LA POSTE, messieurs-dames, oui, je n’ai pas honte à le dire : j’étais… un swapper ! Si..

La démo « Celebration » du groupe norvégien IT, sortie en 1989, et accessoirement la première démo qu’il m’ait été donnée de voir, faisant partie du lot de disquettes vendues avec l’Amiga que mes parents m’ont offert à l’époque (j’étais bon élève au collège, oui).
En fait de démo, il s’agissait surtout d’un « music-disk » (au clic droit de la souris, un menu s’ouvrait avec une sélection de 6 musiques, dont 4 par Walkman, dont nous reparlerons bientôt…), ce qui était bien pratique vu que les musiques bouclaient…
Pour vous donner une idée des temps qui change, cette démo Amiga de 1989 occupait une disquette de 880 ko, tandis qu’en 2009, en 4 ko (!) et sur PC, on a Elevated de RGBA.
Vous me croyez si vous voulez, mais cette interface m’était très familière fut un temps. Aaaaah, 1993…

Parfois même, je lançais simplement cet Util-Disk (une disquette pleine de logiciels piratés, oui oui — on voit ici notamment Deluxe Paint III), juste pour entendre la musique du menu de sélection que j’aimais bien, composée par Titan.

Un module, c’est un fichier musical dans le monde du soundtracking. Ce fichier englobe à la fois la « partition » (une suite de « patterns » de notes, nous y reviendrons 11Vous avez teelllement hâte, je le sais.) et les instruments (de tous petits fichiers audio 12Tout pitis pitis.).
Et, parce que why not?, l’extension du fichier était au début d’icelui : mod.Cant_Get_Enough, mod.Hymn_To_Yezz, mod.Consert_In_Space (sic), etc.

J’entends la foule clamer « Oh oui Xavier, épate-nous avec des musiques faites à base d’échantillons 8 bits sur 4 voix, et des graphismes en 32 couleurs ! » Patience, patience, nous y voilà.


Première démo à voir : évidemment, la gigantesque « Desert Dreams » du groupe danois Kefrens, sortie en 1993, gagnante de la demoparty The Gathering ’93. Oui, ça dure 13 minutes 13Et ça tenait sur deux disquettes. 1413 minutes, c’est déjà une bonne durée, mais la moyenne pour une démo de bonne facture oscille entre 5 et 10 minutes. D’autres sont bien plus longues, comme « Odyssey » du groupe Alcatraz en 1991 qui dure 44 minutes du début à la toute fin, sur 5 disquettes. .

Chose rare : le code, certains graphiques, et surtout toute la musique ont été créé-e-s par Anders Emil Hansen, alias Laxity. Un vrai polymathe ! 15D’ailleurs, votez avec moi pour ajouter Alexandre Astier à cette page ! Je veux dire, le mec est musicien, conférencier, acteur, homme de scène, réalisateur, homme éloquent, et il influence une palanquée de geeks à l’humour douteux depuis plus de 15 ans.

Il va falloir commencer un glossaire, sans doute. Pour le moment, reposons-nous sur Wikipédia : démo, démoparty, The Gathering 16Ne pas confondre avec The Gathering \m/, ’93.


Premier module : l’incontournable « Klisje Paa Klisje » 17Anecdote : on m’avait dit (sur RTEL…) que le titre voulait dire « Pas à pas » en norsk, ce qui me semblait bien aller avec l’approche de ce module, qui comprend de nombreuses parties.
Arrivé en 2019 et avec les outils de traduction en ligne aujourd’hui disponibles, je crois comprendre que c’est plutôt « Cliché sur cliché », ou « Une succession de clichés ». Bon, c’est moins poétique, mais ça montre l’humilité de l’auteur 🙂
par le norvégien Tor Bernhard Gausen, alias Walkman18Je vous avais bien dit qu’on allait reparler de lui./Cryptoburners (« x/y » signifiant « x, membre du groupe y » dans la démoscène).

https://www.youtube.com/watch?v=u9S0MC8nKRc
(pas moyen de l’inclure dans la page, vous devez cliquer…)

Je découvre aujourd’hui que cette musique vient de la démo « The Hunt for Seven October« , réalisée par le groupe Cryptoburners en 1990. Cette démo est sympathique mais n’est pas restée dans les mémoires, à la différence de la musique qui elle est devenue légendaire dans le milieu. 19D’ailleurs tout le monde est à fond sur « Klisje Paa Klisje » (KPK.MOD pour les intimes — et les pécéistes), mais j’ai une préférence de snob français pour « Sonate To Her » du compatriote Cyril « Chrylian » Jegot, dont je vous ai fait une capture pas plus tard que ci-après. L’hommage semble assez clair (intro piano, multiples parties, guitares rock), j’aime bien.


Je dois prévenir, ne soyez pas choqué-e-s par la qualité du son des modules (c’est à dire, les fichiers musicaux) que je vais partager dans cet article : le format date de 1987, et bien que très innovant à l’époque, plus de 30 ans d’évolution logicielle plus tard ces modules sembleront un peu ridicules. 20Surtout les premiers modules produits sur Soundtracker, utilisant les si-caractéristiques sons de ST-01, à commencer par le tout premier module au format Soundtracker : Amegas.

Quelques détails sur le fonctionnement d’un module, parce que vous êtes ici pour lire des choses passionnantes :

  • Chaque note de la gamme (do, ré, mi, etc.) d’un son (piano, par ex.) vient d’un seul échantillon (ou sample), joué à différentes vitesses pour changer la tonalité. Un sample joué lentement donnera une note grave ; joué rapidement, il donnera une note aiguë.
    Typiquement, un sample est créé avec la note do par défaut, donc pour faire un ré, il faut lééégèrement accélérer la lecture du son, et ainsi de suite pour un mi, un fa, etc.
    Alors oui, je vous vois venir : du coup, si on veut jouer le si qui termine l’octave, voire si on veut monter d’une octave (le do suivant, etc.), le son dure moins longtemps. Réciproquement, si on descend d’une octave, le son durera plus longtemps — mais ses défauts seront plus apparents. La solution ? Avoir un son différent pour le do de chaque octave — mais ça prend de la place !
    Une astuce : un sample peut-être défini comme « bouclé » dans l’outil : au lieu de s’arrêter à la fin du fichier, il reprend à son début (ou à un endroit pré-défini), en boucle. Un loop bien conçu peut ainsi durer indéfiniment malgré un fichier audio initial très court.
  • La puce audio de l’Amiga, baptisée Paula, ne propose « que » 4 pistes seulement, en pseudo stéréo (deux pistes à gauche, deux pistes à droite). Une seule note par piste pouvait être jouée à chaque instant.
    Je dis « que 4 pistes », car pour l’époque c’était énorme, et surtout l’Amiga mettait à portée 21Portée, hoho ! Vous l’avez ? de toutes et tous l’équivalent des outils professionnels du moment, à un prix grand public !
  • Un « pattern » comprend donc 4 pistes (channels), avec chacun un maximum de 64 positions (de 00 à 63, ou de 00 à 3f pour les fans d’hexadécimal). Pourquoi 64 positions et pas 42 ou 50 ? Question de taille et de code binaire, sans doute : 63 en décimal, c’est 11111 en binaire (et donc 3f en vous-savez-quoi). Une position de plus dans le pattern et on arrive à 10000 en binaire, ce qui nécessite un bit de plus de stockage par position pour toutes les positions suivantes 22Si j’ai bien compris. J’ai sans doute mal compris.. Au final, je n’ai pas vraiment trouvé la raison en ligne…
    Mais aussi, on s’y retrouve élégamment avec la mesure du temps ou la valeur des notes d’une portée musicale ! Souvenez-vous de vos cours de solfège 23Et de clavecin, bande de bourgeois. : une ronde vaut 2 blanches, une blanche vaut deux noires, une noire vaut deux croches, une croche vaut deux double croches, etc. Si on reprend, cela nous donne : 1 ronde = 2 blanches, mais également 1 ronde = 4 noires, 8 croches, 16 double croches, 32 triple croches et enfin, 64 quadruple croches. En somme, on peut placer 64 quadruple croches sur un pattern complet… ou une blanche 24Si j’ai bien compris. J’ai sans doute mal compris. 🙂
    Bon, clairement je pense que c’est plus dû à du bon vieux binaire qu’à du bon vieux solfège, hein.
  • Un sample n’est pas compressé, et le format standard de l’Amiga est le IFF 8SVX (Interchange File Format 8-bit Sample Voice, créé par Electronic Arts 25EA avait également créé le format graphique IFF ILBM, et le fameux Deluxe Paint pour aller avec.), avec un longueur maximale de 128 ko en 8 bits. Mais les samples des trackers utilisaient rarement le 8SVX, plutôt le format brut (RAW), avec les mêmes propriétés.
    De nos jours, le format Opus par exemple peut monter à 510 kbit/s et 48 kHz, en multicanal. Bref, aujourd’hui c’est mieux. 26Vous l’aurez compris : je n’y capte rien.
    Avec le temps, chaque groupe a créé son propre compresseur de modules (NoisePacker, ProRunner, etc.), pour obtenir un net gain d’espace sur la disquette.
  • Seulement 32 samples possibles en tout dans un module Amiga de type ProTracker.

Bien sûr, le rendu sonore d’un module n’a pas la qualité d’un fichier mp3, même de l’époque. Mais le fait d’utiliser des samples courts et rejouables à l’infini avait un grand intérêt : l’espace disque. « Klisje Paa Klisje » dure 13 minutes, son fichier pèse 219 ko (contre 4,6 Mo pour une conversion mp3). Ça laisse de la place pour du code et des graphismes — et de fait, ce format a été très rapidement adopté dans le monde des jeux vidéos, à une époque où tout devait tenir sur une disquette de 880 ko, et 512 ko de mémoire !
Avant cette révolution du tracker, l’univers sonore des jeux était soit limité à des sons synthétique, ou « chiptune » (le « blip blip » de la machine — mais beaucoup plus passionnant qu’il n’y paraît 27Si, si ! J’ai hâte de vous parler des formes d’onde : sinusoïdale, triangulaire, carrée, dents de scie… Haaaa !), soit à un seul sample très court (ça prend beaucoup de place un sample !), donc qui boucle toutes les 20 secondes, par exemple.

Les samples peuvent être joués tels quels, bien sûr, mais les trackers permettent d’y ajouter des effets, ce qui est ‘rôlement chouette didon, car cela permet de manipuler/modifier le son « en direct » (sans modifier le sample).
Chaque ligne peut être configurée avec un effet et une valeur d’effet : volume, vibrato, glissando, etc. Un effet peut également agir sur le pattern plutôt que sur le sample : vitesse de lecture (BPM), saut de position (passer au pattern suivant avant la 64e ligne), etc.
Si aucune note n’est jouée, l’effet s’applique sur le son en cours de lecture.

Prenons un exemple sur cette capture d’écran récupérée sur le net.

Voyez ci-dessus la ligne 43, avec G#106C20 à la deuxième colonne (ou piste). La notation G#106C20 se découpe en G#1, 06 et C20 :

  • G#1 : le sample est joué en sol dièse (G# en notation anglaise) de la 1ère octave. Sol bécarre (sans le dièse), ç’aurait été G-1. Un module est limité à 3 octaves, de C-1 à B-3 (do première octave à si 3e octave). 28Pas de notation pour le bémol, je sais, vous êtes déçu-e-s.
  • 06 : le numéro du sample en hexadécimal (donc ici, le 23e sample du fichier musical).
  • C20 : l’effet « C » de ProTracker, avec la valeur 20 (en hexadécimal toujours). C permet d’indiquer le volume auquel le sample doit être joué. Valeur minimale 00, maximale 40 : grosso modo, on est à la moitié du volume initial du sample. Simple ! 🙂

Si on regarde d’un peu plus près les position avant et après notre G#106C20 sur l’image ci-dessus, on constate deux choses :

  • L’instrument n°6 est quasiment toujours utilisé, mais également le n°4.
  • Toutes les lignes de l’instrument 6 utilisent une valeur différente de l’effet de volume C, et une tonalité différente également.
E-2 04 000 - Instrument 4, mi 2e octave, sans effet.
G#1 06 C10 - Instrument 6, sol dièse 1ère octave, volume à 10.
F-2 06 C30 - Instrument 6, fa 2e octave, volume à 30.
G#1 06 C20 - Instrument 6, sol dièse 1ère octave, volume à 20.
C#2 06 C1A - Instrument 6, do dièse 2e octave, volume à 1A.
G#1 06 C0F - Instrument 6, sol dièse 1ère octave, volume à 0F.
F-2 06 C15 - Instrument 6, fa 2e octave, volume à 15.
G#1 06 C0A - Instrument 6, sol dièse 1ère octave, volume à 0A.
E-2 04 000 - Instrument 4, mi 2e octave, sans effet.

Ce 4e instrument joué à la même note sans effet, j’imagine facilement un grosse caisse (de batterie, n’est-ce pas), et du coup le 6e instrument, avec ses divers volumes, pourrait-il être des variations sur la cymbale charleston (« hi-hat » en anglais) ? 29Vérification faite : ah non, c’est du chiptune. Appuyez sur Envoi pour écouter. Oui, c’est un tracker complet dans votre navigateur, oui.


On comprendra mieux avec un exemple : observez par exemples l’intro du module « Boesendorfer P.S.S. » par Romeo Knight (l’allemand Eike Steffen). Il ne contient que des samples d’un piano (de marque Bösendorfer ?), chacun étant enregistré à une octave différente pour avoir un meilleur rendu sonore lorsqu’ils sont joué à diverses vitesses, pour faire toute une octave proprement :


Une pause, avec « Voyage » de Razor 1911, sortie pour The Party ’91 :

Cette démo dure 15 min 42 s, et comprend quelques scènes assez poétiques pour l’époque, et surtout une seconde partie avec une musique par le duo Tip & Mantronix du groupe Phenomena (on y reviendra sûrement30Ou pas.) !


Un exemple de module cousu main avec de effets bien discrets mais qui donnent une ambiance folle, c’est « Melonmania » par Audiomonster (le français Raphaël Gesqua), en 1992.

La démo d’où vient ce module, en passant : S.O.S., par le groupe Melon Dezign. 31Oui oui, y’a même eu un groupe « concurrent » nommé Lemon. …
Et si vous remontez voir la démo Desert Dream au début de cet article, la première scène consiste en une attaque des pyramides de Gizeh par un vaisseau alien qui lance… un melon 🙂 Les « bagarres » entre groupes étaient fréquentes sur la démoscène, ça permettait de motiver les troupes à faire mieux que ceux d’en face 🙂

Pour le coup je vous ai fait une petite vidéo où je joue chaque piste séparément, afin de se rendre compte du travail d’orfèvre.

Quatre canaux seulement : de la contrainte naît la créativité ! On est en plein OuMuPo 🙂


Vous me direz, ça reste atroce comme manière de composer : ‘faut taper G#106C20 et autres chaque fois qu’on veut insérer une note ?!? On est où, là, dans une formule Excel ? Pourquoi ne pas avoir simplement utilisé le solfège ?

Réponse : le solfège n’est pas simple, justement. Il reste incompréhensible pour 90% de la population. Remplir une partition dans logiciel, c’est la plaie.

Oh, le solfège a bien été essayé, comme avec Deluxe Music Construction Set (Electronic Arts, 1987), mais ça n’a pas pris : la foule voulait enchaîner des notes, pas deviner ce qu’est une double croche.

D’où le succès immédiat des trackers, le premier étant Ultimate Sountracker, écrit par l’allemand Karsten Obarski et publié par EAS en 1987. 32Enfin, « succès immédiat », ‘faut le dire vite : commercialement ce fut un échec car le logiciel était trop instable et l’interface trop « geek » pour les « vrais musiciens ». Mais le concept a été repris par nombre de copieurs et pirates, qui ont sortis leurs propres versions, chacune avec son lot d’améliorations : Noisetracker, ProTracker, SoundFX, OctaMED, etc. Musicalement, le tracker a été omniprésent tant dans les jeux vidéo que dans les démos, pendant longtemps — et continue jusqu’aujourd’hui avec Renoise.

Avec les trackers, la saisie de notes se fait grâce au clavier de l’Amiga, « mappé » sur 2 octaves. Mirez, mirez :

J’ai tenté de vos donner une représentation simple de ce mapping clavier, avec http://keyboard-layout-editor.com.

Le décalage des touches du clavier place même les touches noires comme sur un piano ! Facile !

Donc non, créer sa séquence ne se faisait pas laborieusement, genre saisir « G#106C20 » touche après touche, appuyer sur Envoi pour passer à la ligne suivante, et recommencer, comme dans un fichier Excel (youhou!).
Pour obtenir un sol dièse, il suffit d’appuyer sur la touche 6 du clavier de l’Amiga : Soundtracker insère alors la note correspondante (G#1), pour l’instrument sélectionné (06), puis passe à la ligne suivante, sans mettre d’effet (donc par défaut, G#106000). Hop, on peut saisir la note suivante !

Donc, on sélectionne un sample, on se place sur la piste, et on enchaîne les notes au clavier, qui s’inscrivent les unes après les autres. Besoin d’un saut de ligne ? Flèche en bas. Une fois les notes en place, il sera temps d’ajouter des effets – et cette fois, oui, ça se fait à la main, mais on a accès à tous les outils de copier/coller qui facilitent la vie. 33Je ne découvre ce manuel que maintenant, ça m’aurait TELLEMENT fait gagner du temps à l’époque !


(pause dramatique)

C’est ici que se terminait mon thread, en avril 2019.

J’avais prévus bien des tweets suivants dans mon petit fichier texte, mais le premier de la série me turlupinait. Le voici :

En reprenant les concepts de séquences (patterns) et d'échantillons (samples, joué à différentes vitesses pour simuler l'ensemble des notes), concepts introduits par le Fairlight CMI Series II et son séquenceur Page R (1982), Obarski a mis un outil très cher à la portée de tous.
page_r.gif + Soundtracker18zymoxs.png

Les images, les voici :

Et moi de me dire : c’est quand même fou que Karsten Obarski, un allemand alors inconnu (et malheureusement oublié depuis) ait été seul pour faire un tel saut entre le Page R du Fairlight CMI Series II et son Ultimate Soundtracker, entre le hardware et le pur software, entre la workstation et l’ordinateur familial.

Je me base sur la page Wikipédia pour « Music Tracker » pour écrire cela (il faut bien dire qu’avant de la lire, j’ignorais même l’existence du Fairlight CMI) :

The general concept of step-sequencing samples numerically, as used in trackers, is also found in the Fairlight CMI sampling workstation of the early 1980s.

Le paragraphe immédiatement après me confirme que j’ai sans doute raison de douter :

Some early tracker-like programs appeared for the MSX (Yamaha CX5M) and Commodore 64, before 1987, such as Sound Monitor, but these did not feature sample playback, instead playing notes on the computer’s internal synthesizer.

Plaçons deux citations, pour faire intelligent :

Alors, qui a inspiré Karsten Obarski ? Et à son tour, cet élément inspirant s’est-il inspiré directement du Fairlight CMI, ou y a-t-il tout un arbre généalogique à remonter ? Voire… plusieurs branches parallèles, à la manière de Charles Darwin et de Alfred Russel Wallace découvrant indépendamment la théorie de l’évolution par la sélection naturelle ? 36Brillez lors des cocktails en ville grâce à mon blog !

C’est ce que je me propose d’explorer avec vous dans la seconde partie de cet article — qu’il me reste à rédiger et mettre en page dans WordPress ! Mais je peux déjà vous dire que la forme sera différente (une enquête à base de témoignages), et qu’on va voyager, à la fois dans le temps et sur Terre 🙂

Rendez-vous dans… rhôh allez, dans un mois ou deux ! 37Aucuns doigts croisés dans mon dos, nononon.

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Vers un déconfinement

Temps de lecture : 2 minutes.

On attend tous le retour à la vie normale.

Cette semaine, notre estimé Premier Ministre l’a dit, le déconfinement : « Ce n’est pas pour demain matin ».

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-baccalaureat-municipales-penurie-de-masques-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-intervention-televisee-d-edouard-philippe-de-jeudi-soir_3896861.html

« Le confinement est aujourd’hui la règle et c’est le cas au moins jusqu’au 15 avril et probablement plus longtemps »

Quelques liens pour se faire une idée de comment la vie va « redémarrer ».

1) « The Four Possible Timelines for Life Returning to Normal »

https://www.theatlantic.com/family/archive/2020/03/coronavirus-social-distancing-over-back-to-normal/608752/

Quatre possibilités pour la fin de l’absence de contacts :

  • Au bout de 1 à 2 mois de confinement total. Peu probable selon les experts : cela signifierai que le virus n’est pas aussi grave que ce que nous montre le cours des évènements.
  • Au bout de 3 à 4 mois. Cela suppose d’isoler les personnes contagieuses tandis que les personnes a priori immunisées reprendraient un semblant de normalité. Un semblant, car le quotidien devra s’adapter : moins de tables aux restaurants, moins de monde dans les bars, etc. En bref, on peut sortir sans pour autant se rapprocher des autres.
  • Au bout de 4 à 12 mois. Si le virus ne passe pas l’été, comme la plupart des grippes saisonnières, alors on a une chance d’avoir un été plus sympa que ce printemps. Il y aurait une plus grande possibilité de proximité individuelle, mais pas de festivals estivaux ou d’évènements sportifs. Bref, on évite les rassemblements de foule. Au risque d’un retour du virus dans 6 mois.
    Après, si le virus passe l’été, c’est plus gênant…
  • Au bout de 12 à 18 mois. C’est le temps nécessaire minimal pour découvrir, tester, industrialiser et injecter à toute la population un vaccin efficace et sans effets secondaires majeur.

2) « Coronavirus: pourquoi il ne faut pas espérer un retour à la normale dans les prochains mois »
https://www.heidi.news/sciences/covid-19-a-quoi-ressemblera-le-monde-dans-les-prochains-mois
« Même si la stratégie du confinement porte ses fruits, le virus pourrait être régulièrement réintroduit dans la population par des porteurs asymptomatiques, notamment à la faveur de voyages internationaux. (…) Autrement dit, si l’on veut limiter les risques de résurgence du virus, il va nous falloir changer durablement nos habitudes. »

3) « ‘We can’t go back to normal’: how will coronavirus change the world? »
https://www.theguardian.com/world/2020/mar/31/how-will-the-world-emerge-from-the-coronavirus-crisis
A lire si vous avez le moral, hein.

4) « A cautionary tale for those who think lockdowns will end overnight and life will go straight back to normal. »
https://threadreaderapp.com/thread/1246135176461254657.html
Un data scientist du Financial Times nous montre que les cinéma ont rouvert en Chine après deux mois de fermetures… pour refermer quasiment aussitôt face à une résurgence immédiate du virus.

5) « A quoi pourrait ressembler la levée des mesures pour lutter contre le coronavirus ? »
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-deconfinement-regionalise-tests-sanguins-passeports-d-immunite-a-quoi-pourrait-ressembler-la-levee-du-confinement_3892691.html
Au moins on peut se faire une idée : la confinement a été très progressif en France (les bars et restaurant fermés, puis les parcs, enfin le confinement total), en quelques jours. Il faut imaginer un déconfinement comme étant l’inverse : moins strict, puis les parcs, puis les bars et restaurants… le tout non plus sur 4-5 jours, mais plus vraisemblablement sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Et les mesures qui vont avec : dépistage massif, tests sanguins, nouveaux contrôles réguliers, etc.

Il faut se préparer à ne pas faire la fête tout de suite, malheureusement.

Prenez soin de vous et de vos proches !

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Morning routine

Temps de lecture : < 1 minute.

On ne voit que trop souvent apparaître des morning routines de winner, qui permettent d’avoir la pèche dès 5h du matin avec 30 minutes de douche froide et 15 minutes d’introspection/yoga. Namaste. Elles me viennent sur Twitter comme sur LinkedIn — sur Twitter le plus souvent pour se moquer de LinkedIn.
Ce récent exemple me donne envie, à mon tour, de présenter ma morning routine actuelle. Admirez donc.

  • 7:02 : Réveil, ablutions matinales, préparatifs.
  • 7:15 : Réveil du bébé, bisous à maman qui part au boulot (et s’est levée à 6h30, elle).
  • 7:20 : Biberon ou change, selon l’urgence.
  • 7:35 : Change ou biberon, selon l’urgence de 7:20.
  • 7:45 : Rangement, habillage du bébé.
  • 8:10 : Bébé dans poussette, habillage.
  • 8:15 : Roule-poussette !
  • 8:30 : Arrivée à la crèche, dépôt du Trésor, discussion avec le staff.
  • 8:45 : Départ de la crèche, en route pour la gare Transilien.
  • 8:55 : Départ du train.
  • 9:05 : Descente du train, achat de viennoiserie sur le chemin, marche ou bus.
  • 9:10/20 : Arrivée au taf. Thé !

Mine de rien, je me rends compte que je prends mon petit-déj deux heures après m’être levé.