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Soundtracker Origins, interlude: The coders behind the Cambrian explosion

Temps de lecture / Reading time : 52 minutes.

Remember Part 31Wow, that previous part had an estimated 21-minute reading time, and back then I thought that was really too long for an article about my little nostalgic trip down memory lane. Well now, GUESS WHAT? of this series of articles on Soundtracker?
Those were the days!

I fondly remember writing the following, near the end of that article:

The next parts will focus on each of the two parallel paths that I highlighted above:

  • The Fairlight CMI path: finding out how they came up with the idea for their Page R sequencer.
  • The « Commodore » path, going down the JMS rabbit hole, and their Multitrack Composer.

Will there be more parts? Who knows? I sure don’t!

Me, the hopeful pessimist.

Good times! Look at me, making sincere promises and everything:

  • Sure, I could easily write that Fairlight CMI article, mostly just by copy-pasting the content of email answers dating back from 2019.
  • And as for the Jellinghaus (JMS) article, along with a couple other ideas thrown in in order to tie it all together, well it’s a quick road to publication, methinks.

But where’s the fun in that?

I say we go the usual ADHD route: stop at 80% completion, and start something new altogether!2But let’s keep it in the same overall context, so as to not feel too much guilt. Structured procrastination: 60% of the time, it works every time.

Let me therefore add an interlude to this series of articles, in order to tell you a story.

A story of pioneers, of sharing, of standing upon the shoulders of giants, of youth, of friendly competition, and of bad blood.
A story of humans making History without even knowing it.

As with all good, heartwarming stories, it starts with…

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Soundtracking sur Amiga : passion, explications et exemples

Temps de lecture / Reading time : 14 minutes.

Le 1er avril 2019, je tweetais :

Je me suis fait un petit « trip down memory lane » 1🎵Ce petit chemin, qui sent la noisè-è-teuh 🎶 Amiga ce matin, du coup j’ai envie d’écrire sur le sujet, pour les gens qui n’ont pas connu ce merveilleux monde. Cela me donnera l’occasion de partager une sélection de démos qui m’ont marquées, et une sélection de modules du même tonneau.

Note : ceci est une mise-en-blog de trois diatribes 2Ou « threads », comme disent les jeunes de nos jours. Twitter que j’ai commencées en avril 2019, et que j’alimentais quand me venait l’inspiration. 3Ça a duré 3 jours…
Il est grand temps d’en faire un article digne de ce nom. Si vous me suivez sur Twitter malgré mon compte privé, vous pouvez retrouver ces contenus dans trois threads : le principal, celui dédié aux modules, et celui dédiés aux démos.

Note 2 : ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet de la musique sur Amiga sur ce blog. En 2009, je faisais déjà un article sur le soundtracking, que je pensais même être le premier d’une longue lignée. 4J’étais jeune, j’étais fou.
Et
effectivement, je retrouve dans mes brouillons la seconde partie, écrite apparemment en 2011, qui aborde l’histoire de la musique dans les jeux vidéo ! Que d’ambition ! Du coup je l’ai publiée telle quelle, avec les manques et les trous — il ne faudrait pas que tout cela se perde 🙂

Pourquoi cette nostalgie musicale ? Parce qu’entre 1989 et 1997 5Estimation Ipsos/Cofinoga., quand d’autres mettaient leur radio ou K7 préférée pendant leurs devoirs du soir, moi je lançais mon Amiga (500 puis 1200) pour mettre un fond sonore. 6Dans la série « Dis que tu avais une télé dans ta chambre sans dire que tu avais une télé dans ta chambre… » 7Disons-le tout de go, ça n’a pas forcément amélioré mes notes au collège/lycée…

Un truc comme ça. Actuellement stocké dans le grenier parental, au grand dam de maman. Non maman, si tu me lis, tu ne peux toujours pas jeter ces cartons ! Merci ! 🙂

Donc, le soir venu, face à l’énoncé du devoir à rendre pour le lendemain, soit je lançais une démo 8Une « oeuvre multimédia », pourrait-on dire aujourd’hui. (ou un music-disk), soit je lançais le logiciel ProTracker 2.3d 9Ou 3.15, chacun ses goûts, je ne juge pas., afin de charger l’un des nombreux « modules » provenant de ma vaste collection 10Acquise à la dure, au fil des années, à force d’envois et réceptions des disquettes PAR LA POSTE, messieurs-dames, oui, je n’ai pas honte à le dire : j’étais… un swapper ! Si..

La démo « Celebration » du groupe norvégien IT, sortie en 1989, et accessoirement la première démo qu’il m’ait été donnée de voir, faisant partie du lot de disquettes vendues avec l’Amiga que mes parents m’ont offert à l’époque (j’étais bon élève au collège, oui).
En fait de démo, il s’agissait surtout d’un « music-disk » (au clic droit de la souris, un menu s’ouvrait avec une sélection de 6 musiques, dont 4 par Walkman, dont nous reparlerons bientôt…), ce qui était bien pratique vu que les musiques bouclaient…
Pour vous donner une idée des temps qui change, cette démo Amiga de 1989 occupait une disquette de 880 ko, tandis qu’en 2009, en 4 ko (!) et sur PC, on a Elevated de RGBA.
Vous me croyez si vous voulez, mais cette interface m’était très familière fut un temps. Aaaaah, 1993…

Parfois même, je lançais simplement cet Util-Disk (une disquette pleine de logiciels piratés, oui oui — on voit ici notamment Deluxe Paint III), juste pour entendre la musique du menu de sélection que j’aimais bien, composée par Titan.

Un module, c’est un fichier musical dans le monde du soundtracking. Ce fichier englobe à la fois la « partition » (une suite de « patterns » de notes, nous y reviendrons 11Vous avez teelllement hâte, je le sais.) et les instruments (de tous petits fichiers audio 12Tout pitis pitis.).
Et, parce que why not?, l’extension du fichier était au début d’icelui : mod.Cant_Get_Enough, mod.Hymn_To_Yezz, mod.Consert_In_Space (sic), etc.

J’entends la foule clamer « Oh oui Xavier, épate-nous avec des musiques faites à base d’échantillons 8 bits sur 4 voix, et des graphismes en 32 couleurs ! » Patience, patience, nous y voilà.

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Le plaisir d’apprendre

Temps de lecture / Reading time : 6 minutes.

Je suis très en retard sur mon visionnage de films et séries.

Au fil des années, j’ai accumulé nombre de fichiers vidéo (bien entendu empruntés à un ami proche de mon cercle familial immédiat) suite aux recommandations d’amis, à la lecture de listes du type « Les 25 films à voir absolument » ou « les 100 films qui comptent », ou à la disparition des grands écrans d’un film que j’aurai bien voulu voir. A Scanner Darkly, American Psycho, Cowboy Bebop, Paprika, Jacob’s Ladder, Reefer Madness, 12 Angry Men, etc. : autant de fichiers qui prennent la poussière numérique, dans un dossier « A_REGARDER ».
Idem pour les séries : Battlestar Galactica, Community, Firefly, Homeland, Entourage, Misfits, Life on Mars, etc. Combien de premières saisons stockées sur mon disque dur, en attente de visionnage ? Et d’en ramener d’autres, au fil des discussions et lectures sur le Web, en me disant, à la manière de Marc Andreesen au sujet du type MIME des images, « Someday, maybe ». [ref]
Idem pour les livres, surtout depuis que j’ai une liseuse, et que j’entasse donc les classiques (domaine public oblige) afin de me culturer un peu le cerveau.

Je vis pourtant seul. On pourrait donc se dire que je n’ai un peu que ça à faire de mes soirées libres : me caler devant la télé, dans mon canapé, et enchaîner les séries, films et autres Petit Journal et Zapping.

Bon, pour commencer, je n’ai plus de téléviseur chez moi. Le point central de toute distraction en mon logis est l’ordinateur. À la manière du téléphone qui concentre maintenant horloge, appareil photo, lecteur audio, lecteur vidéo, carte, boussole, console de jeux et que sais-je encore (et accessoirement téléphone), l’ordinateur regroupe dans ses entrailles à la fois le rôle de source de distraction, et de zone de travail.

Vivons donc ensemble en soir de semaine libre typique dans ma vie de célibataire fou-fou. Je rentre chez moi, pose mes affaires, et relance l’ordinateur. En attendant de me cuire un peu de subsistance quotidienne, que faire ? Regarder un épisode d’une série ? Noooon…

Car outre le fait que je me suis créé au fil du temps nombre projets auxquels je participe, et sur lesquels je dois avancer (ou du moins, sur  lesquels je voudrai avancer), il se trouve que j’ai du mal à regarder un film seul. Plus globalement, toute activité culturelle (ou « culturelle », n’s’pas…) devrait pour moi être partagée. Série, film (chez soi ou au cinéma), théâtre, musée, visite de monument, etc. : autant de thèmes et idées abordés et qui méritent d’être discutés par la suite — et si possible à chaud. Je n’aime rien moins que d’écouter l’interprétation d’une oeuvre par ceux que j’aime. Et vu que je ne suis pas très malin, ils me font souvent voir une facette que je n’ai pas forcément considérée, voire m’expliquent que je me suis trompé sur l’intention de l’auteur. C’est agréable d’avoir tort et de s’en rendre compte, cela donne l’impression de progresser, de grandir intérieurement, d’apprendre des choses…

Seule exception à cette « règle » d’aller à un évènement culturel accompagné : les concerts. J’en ai vu près de 40 en 2012, dont sans doute la moitié seul. Je n’aime pas forcément cela (notamment le « personne à qui parler » pendant les interludes), mais je veux voir un groupe, il passe UN soir en ville et pas un autre, je prends ma place et je verrai bien si d’autres viennent aussi, personne ?, tant pis, allons-y — alors qu’un film, une expo, une pièce, « oh, j’ai bien le temps de prévoir ça avec un pote ». Du coup, souvent, je ne les vois pas. Hmpf.

Chez moi, seul face à mon écran, j’ai l’Internet tentateur qui me tend les bras dès que je lance une vidéo : si celle-ci n’est pas assez intense, ou même s’il y a une scène pas passionnante, hop, je mets en pause et je vais voir ce qu’il se passer ailleurs (le drame de Twitter et Facebook ; je fais partie d’une nouvelle génération « zapping »…). Je peux bien mettre 2 à 3 heures pour regarder un film d’1h30, à force de pauses et de « tiens, au fait… »

Heureusement que je n’ai pas Internet dans mes livres : j’ai récemment lu Le comte de Monte-Cristo, et Dumas y fait très souvent référence à des faits ou des personnages, réels ou imaginaires, qui me donnent envie d’en savoir plus (ne serait-ce que pour comprendre pourquoi il place cette anecdote). En ayant Wikipédia dans ma liseuse, j’aurai mis dix fois plus de temps à lire cet énorme pavé.

Je ne me faisais donc aucune illusion en cliquant sur le lien de ce tweet :

 Everyone should watch and watch again Feynman’s Lectures on the pleasure of finding things out…

Je clique, puis clique sur le lien pour avoir la liste de lecture en mode « ordinateur de bureau » (lien), et lance la première vidéo. 5 vidéos, 10 minutes par vidéo : aucune chance que j’en vois le bout.

Bon, les 10 premières minutes sont passées, c’était intéressant, continuons sur notre lancée…

Et en fait, j’ai tout regardé d’une traite.

Je ne connais que très vaguement Feynman, et dans cette vidéo de 50 minutes, il nous raconte son parcours, notamment la manière dont son père lui faisait voir les choses et l’a aidé à développer une soif du savoir utile ;  son passage à Los Alamos pour le projet Manhattan ; ses recherches libres qui lui ont apporté le prix Nobel, et sa haine des honneurs ; le fait que l’on ne peut pas tout savoir, et donc sa vision de la question ultime du « pourquoi sommes-nous là ? » et de la possibilité d’une entité supérieure…

Feynman a progressé et est devenu ce qu’il est parce qu’il était curieux, qu’il s’est posé des questions auxquelles il voulait répondre, et qu’il s’en est (et/ou qu’on lui en a) donné les moyens. Sous les aspects d’un professeur grisonnant racontant ses souvenirs de guerre, cette heure de vidéo est passionnante avant tout par ce qui résumé dans son titre, The Pleasure of Finding Things Out : faire la démarche d’en savoir plus, chercher à comprendre pourquoi et comment, se poser une question, toujours. Le plaisir de ne pas savoir. Le plaisir d’apprendre.

Et c’est peut-être ça en fait qui fait que films et séries n’arrivent pas à me tenir en attention plus de 10 à 15 minutes d’affilée : fondamentalement, elles ne m’apprennent rien. Je ne vais pas en ressortir grandi, plus « intelligent » ou avec une meilleure compréhension du monde qui m’entoure. Je n’aurai été que distrait de mon quotidien. Certes, j’aurai oublié le temps qui passe et la solitude de ces soirées passées assis devant mon bureau, mais pourquoi ? Discuter entre midi et deux du dernier épisode « waaaaah ! » de Breaking Bad ? Tant qu’à faire, autant passer le temps de manière utile — et donc, avancer sur mes trop nombreux projets. Les vidéos ? Someday, maybe…

Notez bien que je ne renie pas les films et séries ni ceux qui les regardent. Je sais apprécier les bons scénarios, les traits d’humour et une écriture ciselée, et j’ai moi aussi hâte de pouvoir apprécier ces oeuvres, et pouvoir en parler avec mes amis. Mais une fois rendu à moi-même, j’ai plus de facilité à regarder d’une traite les 45 minutes d’un épisode de Superstructures, que d’en passer 22 sur le dernier épisode de Parks and Recreation. Je suis un mec super ennuyeux pendant la pause déjeuner 🙂

Et je ne peux même pas dire que c’est ma soif de connaissances scientifiques qui me taraude : il y a quelques semaines, j’ai regardé avec fascination « Chasseur de skins », documentaire sur les antifas, recommandé par un collègue :

Du coup, je vais peut-être faire plus attention au tumblr de Joachim, Le docu du jour

En aparté…

Après avoir regardé ces 50 minutes de quasi-monologue auto-glorifiante (oui, ‘faut bien égratigner un peu), j’ai fait une rapide recherche sur les gougueules pour avoir des informations sur cette lecture du professeur Feynman (notamment la version complète que vous voyez ci-dessus, plutôt que la version en 5 parties que j’ai regardée).

Parmi les résultats YouTube se trouve cette courte présentation de Jordan Theriot, donnée lors d’un TEDx à CalTech en 2011 en l’honneur du bon professeur. Le discours est sympathique, rien de transcendant : grosso modo, avoir un bon professeur peut vous rendre une matière passionnante. Si je n’ai rien appris de nouveau, j’admire son enthousiasme, et son courage de parler devant une salle pleine de pairs.

L’expérience vécue par Jordan est positive et mérite sans doute ces 5 minutes… mais j’ai fait la bêtise de laisser mes yeux glisser vers les commentaires. Voici le mieux noté :

That is the hottest researcher I’ve ever seen…nerds these days don’t come with glasses & pocket protectors anymore. My sister works in a lab @ USC and her research center throws parties all the time during which a lot of people get drunk. I’ve talked to some of these people & they’re just brilliant but they also know how to party & the women are just FINE. Makes me wish I was a geek.

Nous avons donc une jeune scientifique (« undergrad » : 18-22 ans) qui nous parle avec passion de ses études et de ce qu’elle veut faire plus tard, et le commentaire le plus en vue peut se résumer à « wow, elle est bonne ». Sans vouloir forcément faire le lien avec une des autres lectures de mon weekend, y’a encore du boulot…

Pour le plaisir, et à la demande de Joachim qui le voulait pour son Tumblr de documentaires, voici le Superstructures sur l’évolution des transatlantiques :

(back2blog, jour 6/10)

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« Le projet » (parodie)

Temps de lecture / Reading time : 6 minutes.

Photo par Thanh Nguyen. Merci à lui !

Ca a commencé il y a 2 ans, lorsque le staff de Paris-Web (dont je faisais partie) a décidé de mettre en place « La conférence dont vous êtes le héros« . Pour changer des sempiternelles tables rondes, nous avions décidé de donner un temps de « micro ouvert », où le public pouvait lancer des idées, des débats, se répondre, etc.

De mon côté, j’avais vu peu auparavant un rap de développeurs fait lors d’une autre conférence (JSConf ? Je ne sais plus laquelle #lazyweb). Voyant cette session open-mic se présenter pour l’édition 2010 de PW, je me suis dit « tiens, pourquoi ne pas chanter un truc ? » Je ne sais comment, j’ai très rapidement porté mon choix sur une parodie de « La Lettre » de Renan Luce, avec un premier couplet écrit très facilement dans un widget Netvibes — widget qui porte encore aujourd’hui le titre de « Conférence dont vous êtes le héros ». Je partais de deux idées très simples : convertir le « J’ai reçu une lettre » de Renan Luce en « J’ai reçu un projet », et son « Quelques fautes d’orthographe / Une légère dyslexie / Et en guise de paraphe / ‘Ta petite blonde sexy' » en « Quelques fautes de goût / ‘Intro en Flash’ et puis / Pour parfair’ le dégoût / ‘Compatible IE6′ ». Le reste, plus tard, peut-être.

Et puis non, pas le temps, trop de boulot dans le staff, pas non plus assez de bagou, et finalement tant mieux car ce fut une session de débats et retour sur les conférences de la journée, plutôt qu’une porte ouverte aux délires de chacun.

Édition 2011 de Paris-Web, je suis toujours dans les staff PW et le format « Conférence dont vous êtes le héros » semble trop chaotique pour être maintenu. Arrivent Daniel Glazman et Robin Berjon qui proposent de sélectionner et animer une session de lightning talks, où chaque orateur dispose de 4 minutes pour parler d’un sujet au choix (dans le cadre de la conférence), et pas une seconde de plus. Du coup, une chanson paraît beaucoup mieux avoir sa place dans ce format, et je caresse l’idée, tel Blofeld son chat. Mais je fais encore partie du staff, trop de choses à prévoir, et ça ne se fait finalement pas.

Édition 2012, je ne fais plus partie du staff — officiellement pour « avoir plus de temps pour faire de la musique », mais dans les faits j’ai eu plus de temps pour vivre, tout simplement. Les lightning talks reviennent cette année, et tel le Docteur Mad, je caresse mon chat d’idée. J’évoque le sujet avec une amie, qui me donne l’encouragement nécessaire avec ces mots (je paraphrase) : « t’es malade ». Je rouvre le widget Netvibes, et termine ce premier couplet.

La deadline pour proposer un lightning-talk est le 17 septembre à minuit dernier délai. Ce lundi là, je n’avais rien à faire, donc j’ai rapidement regardé les accords de la chanson, enregistré une vidéo, l’ai mise sur YouTube, et ai envoyé le lien sans plus de détail à Daniel et Robin, à minuit passée de 6 minutes, dans un mail intitulé sobrement « Oh, zut alors, à quelques minutes près ! :p ».

Cette proposition en vidéo, la voici :

Les paroles de l’époque :

J’ai reçu un projet, A rendre pour demain,
Qu’un free a refusé, « Il m’a traité d’radin ».

Quelques fautes de goût, « Intro en flash » et puis,
Ecrit avec bagou : « Compatible IE6 ».

Mais moi je suis un dev Qui veut de la qualité
Et, quand il n’y pas grève, Je viens apprendre à Paris-Web !

J’envoie le lien vers la vidéo, et les laisse se débrouiller avec ça.

Dès le lendemain, je sens que ça discute dans le pôle Orateurs de Paris-Web : Delphine, membre du staff de PW et néanmoins amie, me tweete ceci : « Hé, je ne trouve plus le lien vers tes vœux à l’envers… » Comprendre, « on a bien reçu ta vidéo, moi je sais déjà que tu es fou, mais pour convaincre les autres j’ai besoin de preuves supplémentaires ». [pour rappel, cette vidéo de voeux est ici : http://vimeo.com/19401523 ].

Le 26 septembre, Sébastien, président de Paris-Web et néanmoins ami, me contacte sur GTalk :

Sébastien: Plop?
me: Grüüü
Sébastien: Juste une question qui te prendra à peine 10 secondes pour y répondre
Ta vidéo pour les lightning talks, c’est bien une vraie proposition ?
me: hahaha 🙂
je flippe ma race, mais oui.
Sébastien: Parfait, c’est tout ce que je voulais savoir 🙂
me: bien que n’ayant aucune idée si je suis en mesure de boucler la chose, ou même de la jouer devant des gens.
Sébastien: va falloir mon grand
me: on verra
Sébastien: 🙂
on donne des nouvelles bientôt
me: le plus tôt le mieux :p
Sébastien: Tu peux commencer à plancher dessus dès maintenant :p
me: mmmpf
déjà, apprendre à jouer de la guitare
ensuite, cesser d’être bègue.
2014 ?
alleeez 🙂
Sébastien: fallait pas appuyer sur le bouton.
1 semaine par objectif
et ça le fera 🙂
me: je l’ai envoyé après minuit, normalement ma proposition est irrecevable
Sébastien: on a décompté le temps d’upload sur Youtube
elle est recevable
me: et votre charité chrétienne ?!
haha
Sébastien: tsss
bref, c’est donc oui hein ?
me: oui oui, j’assume, je ne suis plus à ça près.
Sébastien: parfait
😉

C’était donc signé, j’avais moins d’un mois pour finir le texte, et apprendre à jouer correctement la chanson (4 accords, mais avec une certaine rythmique, plus compliquée à garder en chantant). Il me fallait également une guitare électro-acoustique pour que le son passe bien, et je remercie publiquement Cyrièle de m’avoir prêté la sienne — ma propre guitare acoustique n’étant pas aussi moderne.

La fin, vous la connaissez grâce à la photo en tête de cet article : ça s’est fait. Voici une vidéo pirate du concert, en attendant la version pro au montage impeccable de Paris-Web :

Et voici le texte complet (dont le dernier couplet, que je n’ai pas pu chanter sur le coup) :

J’ai reçu un projet, il y a un mois je pense,
J’aurai dû refuser, maladresse de freelance.
Le client dans son mail, écrit en Comic Sans,
Promet monts et merveilles à très courte échéance.
Et moi je suis un dev qui a besoin de ce projet
Pour payer mes rêves à commencer par mon loyer.
(peut-on décaler d’un pixel ?) (comment ça, « logo vectoriel » ?)

Mon client, vieux grigou, a une idée d’génie :
Vente en ligne de ragoûts, option riz ou saucisses,
Quelques fautes de goût, « Intro en flash » et puis,
Écrit avec bagou : « Compatible IE6 ».
Mais moi je suis un dev qui veut fair’ de la qualité
Et, quand il n’y pas grève, Paris-Web m’aide à m’élever !
(HTML standard vivant) (CSS3 la REC pour quand ?)

J’ai choisi d’êt’ freelance, Marre des SSII,
J’habite où j’veux en France, Marre des loyers d’Paris.
Je prépare mon weekend Quand le lead-dev m’écrit :
« Tu fais quoi cette aprèm’ ? » Mise en prod vendredi.
Et moi je suis un dev Qui pleure quand je ne peux pas
Faire tout ce dont je rêve, comme valider sous Opéra !
(ou faire le back-end en Python) (car Ruby c’est bien trop abscons)

(tiens, d’ailleurs !)
Y’a pas que le front-end, il y a aussi le back
Où ‘faut connaître Zend, Symfony et leurs FAQ.
Maîtriser DreamWeaver, Vim, Eclipse, Notepad
Pour planter un serveur, 15 outils, même panade.
Mais moi je suis un dev, qui n’aime pas trop PHP
Pour la faire brève : NodeJS, viens vite me sauver !
(le JS serveur c’est l’av’nir) (un nouveau langage à haïr)

Quant aux métiers graphiques, j’aimerai en parler,
Mais j’avoue, y’a un hic, je n’sais pas dessiner,
J’ajoute ce couplet car Paris-Web les aime,
Allez-y, proposez un’ conf’ l’année prochaine
Je ne suis pas un dev, je suis rédacteur technique
Et, trois journées trop brèves apportent plus qu’un vol yogique.
(pourtant y’en a des rimes en [ik]) (Paléoprotérozoïque)

Voici tous les sujets dont nous allons parler
Pendant ces trois journées de confs et d’ateliers
Ah, pardon, on me dit qu’en fait c’est terminé,
J’pensais passer jeudi, j’pensais improviser.
Faites confiance au gens, et ils vous feront passer
après Stéphane Deschamps, rien d’tel pour ne pas angoisser !
(« faut-il être un entertainer ? ») (l’ironie me frappe en plein coeur)

Un dernier couplet, une dernière minute,
Avant le couperet, la fin en uppercut,
J’ai un peu transpiré, personne ne m’a dit « chut »,
La guitare, pour chanter, c’est quand même mieux qu’la flûte.

Si vous voulez l’ambiance karaoké, voici mes slides : http://fr.slideshare.net/xavierborderie/parisweb-2012leprojet

Je suis passé en dernier, et je remercie très fortement les 9 autres orateurs de ces lightning, grâce auxquels, j’ai ri, applaudi, appris, et surtout oublié que je passais après eux, et ça m’a bien aidé à ne pas me ronger les ongles.

Deux petits plaisirs pendant les heures et minutes précédents mon passage :

  • À Christophe, découvrant que je fais un lightning en fin d’après-midi et me demandant si j’allais chanter, répondre « noooon, ça va pas, je suis pas taré à ce point ».
  • À Stéphane, qui passait juste avant moi dans l’ordre des lightnings et qui regrettait ce placement, lui interdisant de chantonner « Dites 33 » à mon intention au début de son lightning, répondre « noooon, ça ne se fait pas de référencer un autre participant dans sa lightning » (la blague étant que je faisais référence à Stéphane à la fin de la mienne).

Après Paris-Web, les participants sont allés au bar d’en face pour parler entre gens de bonne compagnie autour de quelques chopines. Avec quelques fans de base, j’ai attendu le staff à la sortie de la conférence, et nous sommes arrivés longtemps après tout le monde dans le bar. En arrivant sur la terrasse avec la guitare à la main, ovation, « une autre ! », etc. Je ne me suis pas fait prier : montant sur une chaise, j’ai entonné le dernier couplet, très inintéressant mais au moins, c’est fait :

http://www.youtube.com/watch?v=KFzRm4-cti4

Alors on me demande un mp3 en plus du texte complet. Mais de mon point de vue, c’était vraiment un one-shot, avec trop de blagues relatives à Paris-Web, je ne suis pas certain que cela puisse intéresser grand monde en dehors de ce cercle — et surtout je trouve mon final très faible.

Mais je garde en tête d’en écrire une version plus « oecuménique ». Plus tard, peut-être… 🙂

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Le soundtracking (2) : une histoire de la musique dans les jeux vidéos

Temps de lecture / Reading time : 7 minutes.(Note : ceci est un brouillon rédigé en 2011, publié tel quel après redécouverte en 2021. Excusez donc les XXX à compléter, et l’absence de conclusion 🙂 )

Après une première partie présentant le soundtracking et donnant quelques exemples de mon choix, on enchaîne avec cette deuxième partie, celle où je remonte le temps pour vous, en tentant de n’être point trop chiant…

*tousse*

De nos jours, les ordinateurs disposent de gigaoctets de mémoire et processeurs avec des vitesses d’horloge qui feraient peur même à Harold Lloyd. On peut donc facilement charger une musique au format MP3, sans craindre de ralentir le jeu ou de devoir en retirer des éléments graphiques.

A la grande époque du soundtracking (disons 1987-1992), les machines étaient toutes autres. Si l’on prend l’Amiga 500 (<3), sa mémoire par défaut était de 512 Ko (que beaucoup poussaient à grands frais à 1 Mo), et sa vitesse d’horloge dépassait à peine les 7 MHz – soit même pas 0,001 % des capacités des machines actuelles : le modèle le moins cher sur Dell.fr (la base, quoi), à l’heure où j’écris ces lignes (octobre 2009), est l’Inspiron 546 MT (299 euros), équipé d’un processeur AMD Sempron (2,2 GHz) et 2 Go de RAM DDR2. Pour simplifier, les processeurs d’aujourd’hui sont 300 fois plus rapide, et la mémoire vive 2000 fois plus grande.

Mais avant de discuter de l’intérêt technique du sountracking vis-à-vis des possibilités de l’époque, plongeons à la source, si volvolé bien…

Une petite histoire de la musique d’ordinateur / de l’informatique musicale

Jouer de la musique avec un ordinateur ne date pas d’hier – le premier essai de musique numérique date de 1949, avec le CSIRAC Australien, et la première musique jouée par un ordinateur date 1951 avec le Manchester Mark I (commercialisé sous l’appellation Ferranti Mark 1). Reportage de la BBC. Dès cette époque, les ordinateurs se sont mis à inclure des outils pour envoyer un signal sonore (afin d’avertir par exemple de la fin d’un traitement long), et rapidement ces outils ont été détournés pour jouer de la musique : d’abord on a pu modifier la tonalité du son, puis sa longueur, puis enchaîner les tons, etc. Archive audio d’époque (il est amusant d’entendre les scientifiques faire mumuse autour de la machine, l’opératrice faire des commentaires… Ca devait draguer sec à l’époque avec les cartes perforées…).

OK, super, on peut faire bip-bip avec un ordinateur, quoi d’autre ? A l’origine une expérience amusante pour les mathématicien qui ont accès à du matos coûtant plusieurs millions de dollars, les possibilités se sont rapidement étendues, tant au niveau matérielles que logicielles.

Dès 1957 sort le premier logiciel dédié à la création musicale, avec le langage de programmation idoine. Oui car depuis le début, on compose non pas avec un clavier type piano, mais en entrant les codes. Vous avez fait du LOGO sur un TO9 à l’école, fait bouger la Tortue à Gauche de 90 degrés ? C’est pareil.
Donc, premier logiciel dédié en 57 : MUSIC-I (suivit de MUSIC-II, jusqu’à V) du Bell Labs, capable de produire des sons synthétiques (pas juste un long bip). Ayant donc lancé le mouvement et inspiré tous les logiciels à suivre, son auteur, Max Mathews, est considéré comme « le père de la musique par ordinateur ». En 64, MUSIC-IV sera utilisé pour recréer numériquement des sons d’instruments cuivres, par l’impulsion du français Jean-Claude Risset. C’est le début de l’échantillonnage (sampling), qui permet à l’ordinateur de sonner comme n’importe quel instrument (pour peu qu’on l’ai au préalable enregistré).

Bon, ça devient chiant le cours d’histoire, hop section suivante.

La musique dans les jeux vidéos

Les développements informatiques ne se faisaient pas sans un intérêt financier derrière. Généralement, les innovations techniques proviennent de projets financés par l’armée (Internet) ou l’industrie du divertissement (à commencer par l’industrie pornographique, bien sûr). En somme, si c’est pas pour niquer son voisin ou niquer sa voisine, y’a peu de chance que ça avance. Un jour j’exposerai pleinement cette théorie dans un article à part. M’enfin bref.

L’intérêt pécuniaire est arrivé avec les premières salles d’arcade : dans les années 30, un gros malin s’est dit qu’il pourrait se faire un paquet de thune en proposant des machines où il fallait payer pour faire une partie. L’idée est simple : les gosses payent pour lancer des balles à des stands, mais si je peux remplacer l’employé du stand par une machine, hop un salaire en moins à payer !

Les premiers jeux d’arcade étaient mécaniques, faits en bois, et étaient sonorisés avec des carillons (ensemble de cloches) et autres sirènes. Depuis les débuts du bandit-manchot, tout le monde sait que le son est essentiel pour le business : non seulement déclencher la sirène de victoire devient un but en soi pour le joueur (au même titre que d’aligner quatre as), mais le bruits attire l’attention des personnes à l’entour, même si la machine n’est pas visible. Bref, le son, c’est bon pour le bizness.

Reste que les rares fois où on se permettait une bande-son, c’était un disque vinyle qui jouait (type juke-box), ou des cassettes audio – bref, des trucs qui s’usent, qui cassent, qui se rayent. L’ensemble de la machine arcade s’est rapidement électrifiée, puis avec l’arrivée de la vidéo abordable et des puces électroniques, les bornes sont devenues électroniques.

Les premiers jeux vidéos étaient des amusements de scientifiques (Tennis for Two en 1958, Spacewar! en 1962 par le MIT) à base d’oscilloscope, sans son ; ils menèrent rapidement aux premiers jeux vidéos commercialisés sous forme de borne arcade, et en 1971, Computer Space mettait largement en avant son grand avantage, le son : poussée du moteur, lancement de missile, explosion. Un an plus tard, Atari lançait Pong, avec le succès que l’on sait. Le concept du jeu était une adaptation en borne arcade de l’un des nombreux jeux de la première console de jeu vidéo (à brancher sur son téléviseur), la Magnavox Odyssey, et fut largement repris et copié par ceux qui voulaient une part du gâteau : une industrie était née.

Magnavox a largement attaqué en justice tous les copieurs, mais Atari a innové avec le premier jeu sonore : les sons étaient obtenus en modifiant le générateur de pulsion de synchronisation vidéo, afin de lui faire jouer certaines tonalités. C’était plus des bips que de vrais sons, du fait des limitations techniques de la machine, mais un premier pas était fait. Petit à petit, ces bips se transformeront en sons de plus en plus réalistes.

Chaque borne jeu arcade disposait des ses propres circuits intégrés dédiés au son XXXXXXXX

Les précurseurs : logiciels et compositeurs

Comme on l’a vu avec la série de MUSIC-n, les programmeurs ont vite compris que pour attirer les gonzesses, il fallait faire faire un truc créatif à leurs gros tas de ferraille à trouze-millions de dollars. Vu que le graphisme était inexistant, qu’il fallait être fort pour voir de l’art dans les cartes perforées, et qu’ils n’avaient pas Napster sous la main pour télécharger « J’ai la quéquette qui colle », bah il fallait bien commencer par quelque part : la musique. Et vu qu’un musicien n’est pas un programmeur (quoique, Bach aurait sûrement kiffé coder en Python), et bien les programmeurs se sont faits musiciens.

Pendant longtemps, chaque studio de jeu vidéo (car c’étaient eux) a codé son propre moteur de création/diffusion musicale. Les grands compositeurs des débuts (milieu-fin des années 80) étaient à la fois responsables de la composition de la musique, de son intégration dans le programme, et de la création du logiciel de composition. Chacun avait son petit truc en plus, mais la plupart des studios se reposaient sur les mêmes techniques : soit utiliser des sons synthétiques et les enchaîner via une partition informatique (léger en mémoire mais pas très sexy), soit exploiter des boucles sonores répétitives de 15 à 20 secondes (très lourd en mémoire, et rapidement lassant).

Les choses se sont améliorées avec l’arrivée du C64 en 1982, légendaire ordinateur de Commodore. L’ingénieur en charge de la puce sonore n’avait pas de spécifications précises, donc il a implémenté une puce très élaborée pour l’époque, baptisée SID (Sound Interface Device), disposant de trois voix indépendantes capable d’émettre des sons sur 8 octaves, sans compter de nombreux autres effets. A partir de là, la musique dans les jeux vidéos est vraiment devenue une affaire sérieuse : XXX

Les musiciens étaient donc programmeurs, chacun avec son petit programme : Rob Hubbard, Tim Follin, Martin Galway, David Whittaker et d’autres programmaient directement leurs mélodies en langage machine, la plupart faisant leurs premières armes sur Commode 64…

Pourquoi se souvient-on de tous ces noms, et pas de la plupart des compositeurs suivants ? Quelques idées :

  • Ces mecs étaient des précurseurs. Avant eux, il n’y a rien eu ; après eu, un mouvement est né.
  • A l’époque, il fallait être programmeur pour faire de la musique sur ordinateur, et seule une poignée en était capable. D’ailleurs, ils étaient souvent décrits comme « music programmers ».
  • Le souvenir de certains jeux est parfois très lié au compositeur, plus qu’à la qualité du jeu : Turrican, XXX

XXX

Les trackers

Les musiciens étaient donc surtout des programmeurs qui savaient exploiter les puces sonores des machines. D’abord directement avec du code machine, puis en se créant des routines pour n’avoir qu’à écrire des appels de fonction avec différentes valeurs. Mais ça restait très laborieux, et inaccessible au communs de mortels – notamment, les « vrais musiciens ».
Le vrais pionnier en la matière était Rob Hubbard, qui a largement défriché le terrain, et vu ses routines reprises et améliorées par d’innombrables successeurs.

Il y avait donc un besoin d’interface graphique. Chaque éditeur de jeux vidéos a demandé à ses compositeurs de concevoir un propre logiciel permettant d’accélérer leur rendement, voire la portabilité des musiques. Dans les faits, il s’agissait de prendre les routines existantes, et de les présenter de manière plus visuelle. C’était au départ très basique, affichant une suite de chiffres souvent compréhensible uniquement par le programmeur du logiciel, mais c’était l’essentiel : ne plus avoir à écrire la musique en assembleur.

Lorsque vint la demande de réaliser un vrai logiciel de musique, la logique a voulu que l’affichage des notes se fasse sur une portée, comme le veut toute bonne représentation du solfège. Des logiciels comme Aegis Sonix (1984) ou Music Construction Set d’Electronic Arts (en 1984 pour C64, Atari et Apple ; puis Deluxe Music Construction Set pour Amiga seulement, en 1986) se basaient sur ce principe.

Mais pour le coup, tous les programmeurs qui n’en avaient que faire du solfège (ou même les utilisateurs lambda) étaient mis à la porte de la Musique Assistée par Ordinateur. Il fallait donc une interface qui puisse être rapide à maîtriser, tout en offrant un panel de possibilité aussi large que pouvaient l’être les routines personnalisées des premiers programmeurs de musique. Ce concept, c’est celui du tracking : chaque canal musical est représenté par une piste (track), dont chaque ligne contient une note marquées de C à B (Do à Si en notation anglaise), sur plusieurs octaves, avec des effets (trémolo, vibrato, volume, etc.). Ces logiciels sont collectivement nommés trackers, ou soundtrackers, en hommage au logiciel le plus célèbre du lot…

En effet, l’Histoire n’a retenu qu’un nom : celui de Karsten Obarski et de son logiciel, The Ultimate Soundtracker, sortit mi-1987 sur Amiga 500, initialement un produit commercial, mais devant le peu de succès son code source s’est retrouvé diffusé librement (et officiellement ?), et les développeurs de tous poils se sont jetés dessus pour l’améliorer, et ont créé un véritable arbre généalogique des trackers, qui continue de s’étendre aujourd’hui…
Il ne s’agit pas du premier tracker graphique (loin de là), ni même du premier tracker public, car il me semble en fouillant que le tout premier était le légendaire SoundMonitor (1986), conçu pour Commodore 64 par le non-moins légendaire Chris Hülsbeck – qui en 1987 écrit le fameux TFMX. SoundMonitor a été initialement diffusé dans un magazines de programmes imprimés, à recopier chez soi !

Néanmoins, en transposant le concept du tracking inventé pour le C64 et sa puce SID, sur le formidable Amiga avec sa puce dédiée à l’audio (et baptisée Paula : 4 canaux, support de fichier 8 bits en stéréo avec accès direct à la mémoire), il y avait de quoi lancer une révolution, et c’est le Soundtracker d’Obarski qui en a été l’instigateur. Il était simple, son format de fichier était facile à comprendre, très portable et rapidement étendu…

(Note de 2021 : le brouillon de 2011 s’arrête là…)