Sur mon bulletin de CE1
Mine de rien, je crois que je n’ai pas beaucoup changé depuis 1985.
Savoir si c’est une bonne chose reste à l’appréciation de mes estimé(e)s lecteurs/trices…
(back2blog, jour 7/10)
Mine de rien, je crois que je n’ai pas beaucoup changé depuis 1985.
Savoir si c’est une bonne chose reste à l’appréciation de mes estimé(e)s lecteurs/trices…
(back2blog, jour 7/10)
Après avoir raté ses deux passages précédents à Paris, et n’en avoir entendu que de bonnes choses, je me devais d’aller voir Amon Tobin et la mise en scène de son dernier album. Pour bien faire, et parce que j’aime bien être accompagné, je m’en suis servi comme cadeau d’anniversaire pour mon frère. Hop !
Amon Tobin est un DJ, ou plutôt musicien électro. Ses albums sont des petits bijoux de travail sur le son et l’ambiance, le tout avec des rythmiques impressionnantes, partant souvent dans le breakbeat. Après Foley Room, un album aux sonorités très organiques, son dernier album, ISAM, fait la part belle au travail du son et de l’ambiance, laissant un peu de côté les samples de batterie.
Il n’y a rien de plus ennuyant que de voir un DJ mixer, donc tous les artistes électro s’entourent d’écrans et de jeux de lumière pour emporter la foule plus facilement. Mais là, ISAM n’est pas vraiment un album « dansant », donc il fallait quelque chose de plus visuel…
Pour la tournée de cet album, Amon Tobin a travaillé avec une équipe de designers (V Squared Labs et Leviathan ; en coulisse) pour créer un environnement de formes cubiques blanches, sur lesquelles sont projetées des images créées spécialement pour l’album. Après le succès de la tournée de 2011-2012, nouvelle tournée avec une installation deux fois plus grande sur la scène (si j’en crois le site officiel, 8m de large pour 4m de haut et 2,5m de profondeur ; « a stunning 25′ x 14′ x 8′ multi-dimensional/ shape shifting 3-D art installation »).
J’ai découvert Amon Tobin vers 2000-2001, avec son album Supermodified. 13 ans après, il était temps de le voir en live. Et on l’a vu.
Après une heure à jouer les titres d’ISAM en parfaite synchronisation avec les effets visuels bluffant, courte pause pendant laquelle Amon sort du cube central où on l’apercevait par moments pendants le concert, afin de saluer le public. Cela permet de se faire une idée de la taille de l’installation
En phase avec la thématique des visuels, il est habillé en astronautes. Il devait avoir chaud là-n’dans.
Puis il retourne dans son cube, et repart pour une grosse demi-heure de concert, cette fois avec des visuels moins synchronisés, mais il se fait plaisir, entre ambiance et breakbeat. Les projecteurs, situés au fond de la salle, reprennent le travail…
Entre les basses beaucoup trop fortes et le fait que je ne me sois pas vraiment intéressé à ISAM (l’album), j’ai passé le concert à m’émerveiller du spectacle, sans vraiment reconnaître un titre en particulier.
Amon ressort de son vaisseau, cette fois habillé en civil. Il nous remercie, et nous indique du doigt : encore un titre. Retour dans sa cabine, et là : Horsefish, tiré de Foley Room. Du coup, j’ai filmé ça :
(back2blog, jour 3/10).
Mon premier portrait numérique (auto-portrait), je n’en connais la date que parce que j’ai toujours rangé mes photos dans des dossiers datés, accompagnés d’un mot-clé. Ce dossier-là est nommé « 010406-atHome-chezPierrot » — dès le départ, je mélangeais joyeusement les activités et contextes dans mes dossiers photos. Le 6 avril 2001.
Mais cette date s’est révélée utile, car l’appareil n’enregistrait pas beaucoup de données, et notamment pas l’horodatage : toutes mes photos prises avec cet appareil sont datées du « 0000:00:00 00:00:00″, ce que Picasa traduit en « 1er janvier 1999, à 1:00 du matin ». J’ai redaté les photos de ce dossier avec un logiciel idoine (ou kivabien), et je peux donc dire que sur cette photo, j’avais un peu moins de 24 ans :
Je ne pense pas que je râlais après l’appareil, simplement, je devais sans doute chercher à prendre une photo « intéressante » de moi.
Mon patron, Tristan Philippe (j’étais stagiaire chez Praktica.net, et étudiant à l’IIM), m’avait prêté son appareil, un Nikon Coolpix 950, que j’aimais beaucoup : il prenait beaucoup de place, mais le fait de pouvoir tourner son objectif était intéressant.
Forcément, n’étant plus limité par la pellicule, j’ai pris plein de photos : 91 en une journée ! Rien de fondamental n’a été documenté, mais il est amusant de se replonger dans ces souvenirs.
Par exemple, ma chambre de l’époque :
…et bien entendu, mon bureau, avec un gros PC sous Windows 98 sans doute :
Oui oui, vous avez bien vu : un contour d’écran en forme de vache (cadeau de je ne sais plus qui), surmontée de ma webcam. Une ampoule et une souris qui ne servent à rien, un tube de Sympavalagol, le dernier CD de Dolly, un badge Radiohead…
Déjà à l’époque, je prenais des photos débiles, ce qui me rassure sur l’évolution de ma personne vers l’âge adulte :
Puis viennent les photos de la soirée de ce 6 avril, chez mon vieux pote Pierrot, qui depuis s’est exilé au Laos, en Thaïlande, et maintenant à Bali :
…et déjà cette manie d’utiliser le flash, tout le temps…
D’autres visages de gens que j’ai perdu de vue depuis. Et puis moi, qui prends les lumières des éclairages de la ville, qui prends la lune à travers les nuages, qui prends mon reflet dans une vitrine…
…les phares des voitures, mon reflet dans le rétroviseur — photo qui sera d’ailleurs ma participation au Mirror Project :
…et le retour à la maison familiale, et le chien, aujourd’hui disparu, qui m’accueille joyeusement et me tourne autour. Coucou Melba !
J’ai fait des milliers de photos numériques depuis, plus que de raison. Mais de temps en temps, je reviens à cette première session. Très banale, très quotidienne, mais avec de nombreux moments et personnes-clés de ma vie de l’époque, et de mes souvenirs d’aujourd’hui. On repense toujours à son premier amour, non ?
Ce qui est amusant, ce que je prends toujours les mêmes photos, et que j’ai toujours aussi peu de technique. Douze ans maintenant que je photographie à tout va, il serait temps que je m’y mette, tout de même, non ?
(back2blog, jour 1/10)
(avez-vous lu la première et la deuxième partie ?)
Réveil tranquilou dans la chambre de Pierrot, située en dehors du resort… et donc dans le village. Je me lève et ouvre la porte pour apprécier le temps, et moi de découvrir la vue matinale la plus dépaysante qu’il m’ait jamais été donné de voir, habitué que je suis des hôtels grand-luxe, bien sûr. Vue directe sur le village en bordure de route, avec un filet de ruisseau en contrebas. Sortir du noir profond de la chambre de Pierrot à ça, ma foi, ça le fait.
Il n’y a plus de client pour aujourd’hui, mais Pierrot est occupé avec les affaires à régler, ce qui nous laisse l’occasion de flemmarder et faire le tour du propriétaire. Voyons par exemple la salle à manger, avec en devanture une superbe terrasse surplombant de quelques mètres la rivière.
Tournons le dos à la rivière pour faire face au bar. Vous voyez ce poteau ? Vous voyez la marque sur icelui ? C’est l’endroit atteint par les eaux lors de l’inondation de 2008. Et voyez l’état du jardin aujourd’hui : rien n’y paraît, et il s’est même embelli par rapport aux photos que j’ai vu. Chapeau bas à Pierrot et son équipe (et tout le village qui a participé).
Le bord de rivière n’est pas mal non plus :
Et tant que je suis dans les panoramas de la journée, hop, téma la cheutron des breuchan, mec, t’as vu ?
Chaque bâtiment (quatre en tout), sur pilotis, contient deux chambres, et franchement elles ont une bonne tête. Voici l’une des plus récentes :
Bref, c’est pas du resort que tu croises tous les jours. Et entre ça, le beau temps, les balades à la cool et la cuisine qui déchiquète sa génitrice kodiak, franchement, t’y es pas déjà ? T’attends quoi ?
Tiens, baladons-nous justement : Pierrot en a fini avec sa paperasse et le réglage des divers boulons du jour, et propose de terminer la mâtinée par un tour de l’environnement immédiat.
Le temps de remonter la rue principale du village…

…on traverse un pont et, surprise !, nous sommes sur la rive d’en face !

Un joli point de vue sur l’ensemble du resort et de l’îlot devant celui-ci :
Première visite : la zone où les habitants font sécher l’eau de la source afin d’en récupérer le sel (et le vendre), sur la rive face au resort.
Hop, explications en vidéo :
Voilà, maintenant vous savez tout. Ou du moins, vous en savez autant que moi.
Continuons notre petite balade… Les paysages sont jolis, à quelques minutes de marche du resort (clic clic fullscreen)…
…tandis que dans la rivière, les enfants pèchent et les mamans s’occupent du linge…
La vie s’écoule, quoi. Le chemin mène ensuite au village du coin, que nous traversons d’autant plus rapidement que nous croisons une scène qui pourrait sembler à la découpe d’un chien vivant, mais qui tout aussi plausiblement pourrait être un accouchement canin : devant une maison en bambou, 5 à 7 villageois sont accroupis face à un chien qui, allongé et dos à nous, hurle à la mort. L’un des villageois semble avoir les mains sur son ventre. Couteau ? Nous n’en saurons pas plus, car…
Pierrot nous a raconté que Piba avait son petit succès auprès des villageois du coin. Dialogue ré-imaginé et sans doute exagéré pour satisfaire à notre dégoût d’occidental :
Villageois : Il est chouette ton chien, j’en ai jamais vu des comme ça, tu l’as trouvé où ?
Pierrot : Je l’ai fait venir de Thaïlande.
V : Ah bon ? Et il va rester à cette taille ?
P : non, il devrait être grand comme ça. [signe de la main]
V, impressionné : Oh ? Et, y’aurait moyen que tu me l’échanges contre, euh… [cherche du regard] ce chien là ? [pointe un chien vieux et malade]
P, commence à comprendre : Euh, non, y’a pas moyen.
V : Ok, mais sinon, tu pourrais m’en ramener à moi de Thaïlande. [bave aux commissures] Genre une dizaine ?
P : Ca va pas être possible, monsieur.
Bref, certaines ethnies mangent les chiens. C’est pas grave hein, c’est très bon le chien, paraît-il, mais juste, Pierrot ne se balade plus trop dans les villages avec son chien depuis lors
Donc, nous passons le village, au demeurant fort sympathique…
…pour, par un chemin détourné, descendre sur la rive en contrebas…

…et traverser la rivière avec les moyens de transport locaux

Et une barge plus robuste pour les deux garçons et Piba, qui n’est pas franchement un habitué de la chose : après être tombé à l’eau au bord de la rivière, il fera moins le malin pendant la traversé.
…le tout sous le regard amusé de la marmaille, qui ne croise pas de « falang » tous les jours quand même

Nous revoilà à nouveau sur la rive initiale, le chemin de retour vers le resort se fera tranquillement, en croisant quelques beaux spécimens, et toujours de jolis paysages qui vont loin, loin, loin…
Et avec tout ça la journée commence à peine : une fois rentrés au resort, il n’est même pas midi. Après avoir passé un Piba mouillé à la serviette-éponge, Pierrot retourne à sa gestion des affaires quotidiennes, tandis que nous sommes libres de faire comme bon nous semble.
J’en profite pour aller voir la vue depuis l’île en face du resort.
A gauche, le restaurant ; au lieu, le jardin ; à droite, le dernier bâtiment construit ; encore plus à droite (hors-photo), le combo spa/massage/bain d’eau chaude…
C’est plutôt paisible et isolé, comme environnement.
Visiter l’île d’en face, donc, mais également goûter la température de l’eau. Ha!, cette fameuse source ne doit pas être si chaude que ça, non ?
Si. Grave, même.
Bon, c’est pas tout ça, mais il se fait faim. Bah oui, mine de rien, tout ce texte, ça ne fait que la matinée de 2 février 2009, tout laotien fut-il.
L’après-midi se passe sereinement : tandis que Pierrot travaille aux 4 coins du resort et s’efforce de tout bien régler, les blondes (la fille et Piba) jouent ensemble ou lisent au soleil (enfin, surtout la fille), et je bouquine également (et joue à GTA Chinatown Wars sur ma DS, oui, bon) sur le balcon de la chambre, avec vue sur la rivière et la colline en face.

La vie du village de Muang-La s’écoule avec la rivière : tandis que certains récoltent le sel de la source, d’autres pèchent les poissons avec une technique particulière…

…ou plus classique…

Les femmes du village viennent se laver ou passer leur linge à l’eau, profitant de la chaleur de la source… qui ne semble pas les gêner plus que ça.

17h, le soleil se couche, Pierrot propose de marcher jusqu’au temple local, afin de l’apprécier à la lumière du soir.

Sur le chemin du retour, on passe devant le bar des katoïs (les fameux ladyboys, ou « monsieur-madame », qui sont a priori les seuls à mettre un peu d’ambiance dans les soirées des villages laotiens)… Les bars katoïs sont faciles à repérer, il y a des guirlandes à l’extérieur et ils diffusent sans cesse la dernière musique hype mode de 1994.

…puis on s’arrête dans un petit bar situé non loin du resort, où l’on descend quelques bouteilles de Beerlao — non sans avoir, politesse locale, servi un verre à la table voisine en passant. Et on continue de se raconter nos vies, en descendant les verres…

Retour, enfin, au resort (à deux pas de là), pour profiter de la succulente cuisine.

Pour une fois, Pierrot s’autorise à nous accompagner, et sous la pression de la tablée de quadras parisiens de passage, enchaînera sur une partie de carte, puis deux, puis trois — non sans avoir avant tout permis à son staff d’aller se coucher. Ils sont gentils les touristes, mais y’en a qui bossent le lendemain.

Je fais le tour du patelin pendant ce temps, bouquine, et enfin, tout le monde se couche… Il est quand même une heure passée, j’en connais un qui va avoir du mal demain matin (pas moi, hein, le grand couleur homard).
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