Nouvelles photos chez Fabrice.
D’ailleurs, si vous êtes modèle, hein, il est preneur…
– Bonjour, je voudrais deux places pour Raison et Sentiments siouplé.
– Voui, ça fera [super cher] siouplé.
– Ok, par carte bleu siouplé.
– Merci. Euh, c’est pour quel film ? Orgueil et Préjugés ?
– Euh, oui, haha, pardon. (grmbl, sté rikolo pourtant)
J’ai donc lu un livre ce mardi – jour béni du RTT. Lu, car tandis que je m’énervais après certaines propensions naturelles de certains personnages, ma demoiselle me soufflait « mais c’est comme dans le livre, tu sais ». Gn.
Cétébo. Non, vraiment, Keira est toujours plate comme une limande et, à ce qu’on m’a soufflé, Matthew McFedayen (il sort de Dune ?) ne vaut pas un bon Colin Firth qui, dans la même scène du petit matin en version BBC, portait apparemment fort bien la chemisette trempée par la rosée fraîche et présente, mais qu’à cela ne tienne, ça déchirait pas mal sa maman. Je le dis, P&P poutre.
Poutre, car c’est magnifiquement bien tourné. Les images sont très belles, parfois de vrais tableaux, et l’on se prend à attraper un rhume à la place des personnages qui passent des heures à marcher dans l’herbe humide, à se balader dans la campagne au petit matin, ou à deviser joyeusement tandis que la pluie tombe sur eux. Quelle abnégation pour l’Art.

Poutre, car les personnages sont campés comme c’est qu’il le faut, yo. La grande soeur (Rosamund Pike : mon Zeus !, elle a joué la méchante au sabre dans un Bond, et un premier rôle dans… wait for it… Doom ! soupir) est effectivement la plus jolie et mariable du lot, Kiera est on ne peut plus garçon-manqué, les deux autres sont des greluches et la dernière très, euh, « élisabéthaine victorienne », la mère est à baffer et le père paisible à souhait (aaah, Donald Sutherland…), Mr. Darcy pose son regard de merlan frit sur l’univers campagnard avec un dédain superbement détestable, Bingley est en gentil gentil et Kelly (oui, elle comme Kiera sont des copines, je les appelle par leurs prénoms si j’veux) pique toutes les manières de Darcy, que c’en est à les confondre.
Poutre, parce qu’in extenso, on entre dans le jeu grâce aux acteurs. Combien de fois ai-je levé la main d’énervement ou d’impatience, alors qu’ils jouaient tel qu’il le fallait, selon le contexte historique et social ? Surtout la mère, j’veux dire. Prête à tout pour marier ses filles, et les sauver ainsi du déshonneur (et accessoirement, de la faillite) familial.
Poutre, car les quelques libertés prises avec l’oeuvre originale permettent, tout en gardant le côté triste et contrit nécessaire à tout film d’époque, de gagner en peps et, oui, en humour. Jane Austen qui fais de la comédie romantique, apparemment ça ne se fait pas, mais ça marche : on s’énerve quand ça n’avance pas, et on sourit quand tout va bien. L’essentiel du livre en fait une comédie romantique d’excellente facture, comme les anglais les font si bien en fait.
[ah, on me souffle en coulisse qu’en fait si, les livres d’Austen ne sont pas austères, mais bien des comédies romantiques. Dont acte.]
Poutre, enfin, parce que bordjel ça fini BIEN. Mais oui, pendant tout le déroulement on se dit « c’est tiré d’un bouquin écrit par une anglaise, ça va forcémently finir par un désespoir, une trahison ou un avalage de cachets, spabossib’ que ça se passe bien, tout çaaaa euh ». Et ben si, ça fini bien (attention, spoiler, au fait), et le père est magnifique, et en plus on profite de la version anglaise du flim, ce qui nous évite la fin sirupeuse de la version d’outre-Atlantique.
Donc, c’était fort bien, et j’ai apparemment une sensibilité de jeune fille. Discussion post-film :
– T’as aimé ?
– Oui, beaucoup.
– Ah ? C’est marrant, c’est plutôt un film de fille.
– Mais grâve.
– Elles viennent écraser une larme en pensant au beau Darcy.
– Clair.
– Non, c’est marrant que t’ai aimé. Limite inquiétant. Déjà que t’as aimé Brokeback Mountain…
– Bin, oui, dans les deux cas, c’est des histoires d’amour.
– Voui, du truc de midinette…
– Et bin p’tet qu’un changement en moi s’opère, que veux-tu 🙂 Je suis prêt à regarder le flim précédent, là, avec l’autre abruti…
– Bruce Willis ? 🙂
– Non, là, celui qui joue dans « Senseï Sinsimnissi »
– « Sense and Sin City » ? 😉 [d’où son « Bruce Willis ? » précédent, l’est kro forte ma nLN]
– Haha, yes, « Sense and Sim City », excellent. 😀 [oui, chacun rit d’une blague différente, là, oui]
– Encore une truc que tu vas mettre sur ton blog…
– Euh, oui.
Comme l’année dernière, je colle ici le mail que je viens d’envoyer. Si vous ne l’avez pas reçu, c’est que j’ai probablement perdu votre adresse. Bonne lecture, donc.
Voici enfin mes voeux pour l’année 2006
Que l’on a proclamé « année de la saucisse »
[ trois SMS en réponse à mon « 2006, année de la saucise! » du 1er janvier ]

Je sais que ce retard me rapproche d’un narcisse
Mais ce n’est pas le plus aisé des exercices
Je savais que j’avais un mois pour les écrire
Et plus le temps passait, plus je voulais faire rire
Mes voeux de l’an passé, leur sourc’ semblait tarir
Il me fallait trouver de quoi vous divertir
Les alexandrins
Étouffent ma fantaisie
Félicie, aussi
Que puis-je vous souhaiter pour l’année à venir ? Amour, bonheur, santé ? Félicité ? Comment diable pourrais-je, alors que je projette de truster de manière assez éhontée la meilleure partie de ces qualités à venir. Bien évidement, tout rempli que je suis de bonté malléable, je vous laisserai également vous servir dans la manne folâtre que représente ces petits mots de grandes jouissances, mais ne nous voilons pas la face, camarades : preum’s, oh.
Mais hardi, compagnons ! Qu’il ne soit pas dit que l’année du Chien chinois, du Mozart naissant et du Nutella français nous verra baisser les bras ! Certes, la tâche est rude, car se profilent devant nous quelque 334 jours de quotidien périodique récurrent, mais il ne tient qu’à nous, tous, d’en tirer le meilleur parti. Oui ! J’entrevois d’ores et déjà, pour une large majorité d’entre vous, amour, gloire et prompte digestion ! Ne nous fions aux viles cassandres, qui viennent piétiner de leurs doigts crochus tous les espoirs immatériels que nous avons patiemment emmagasinés pendant les derniers jours de feue 2005, espoirs d’une année encore plus meilleure, avec plus de haut débit, plus encore de promulgations législatives chatoyantes, si c’est possible, et un minimum de coloscopie, parce que bon.
L’année qui s’est enfuie a tout d’même du mérite,
On y a vu de tout, notamment des saisons,
Elle n’a pas fait de nous des êtres sybarites,
Mais chacun y a vu quelques déclinaisons.
Un mariage, un enfant, ou simplement trente ans,
Des soirées éternelles, une p’tite augmentation,
Des vacances au soleil, un grand appartement,
Un nouvel instrument, Lost (la deuxième saison).
Une courte liste.
Ajoutez-y vos bonheurs,
Les moments passés.
Un an et un mois ont donc passé depuis l’année dernière (les plus attentifs parmi vous rermarquerons que je laisse ici de côté un formidable potentiel de rimes riches en ne poursuivant pas la lancée de la première phrase de ce paragraphe, mais que voulez-vous, les vers tétradécasyllabique, je ne maîtrise que peu, il faut bien dire). Donc, un an et un mois. Passés. En un an !
Partant du principe éprouvé qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, et loin de moi l’idée de faire mon malin en attendant qu’on en soit à un an, un mois et un jour, je m’en vais par la présente vous déclarer non pas ma flamme, car ce serait un brin pompier (hoho), mais bien mes jolis voeux pour les temps à venir – car, tant qu’à faire, autant que vous en preniez pour plus d’une année.
Je vous souhaite beaucoup de bonheur en commun,
Des muscles pas trop mous, du mérite au turbin,
De très jolis dessous, de rêver de quelqu’un,
D’avoir du temps pour vous, de rester un gamin.
Que l’année à venir voit éclore un projet,
Et, pourquoi s’abstenir ?, que ce soit du concret,
Allez donc vous blottir contre une épaule aimée,
Tout ce que je peux dire, c’est qu’le bonheur y est.
Vivez donc cette année comme un cadeau précieux,
Rendez-vous en janvier, pour voir si c’était mieux.
Merci à vous, amis, d’avoir lu jusque-là.
Merci à toi, chérie, de m’tenir dans tes bras.
Et, permettez-moi de recopier un passage de l’année dernière :
Des vœux par mail, ce n’est pas très personnel,
Mais j’ai dans la tête un visage pour chaque adresse,
Et une sincérité pour chaque visage.
Paf.
Merry fuckin’ new year to y’all.
x.
Et toutes ces sortes de choses…
Ce lundi-là, je me suis décidé à me rendre à l’invitation lancée depuis fort longtemps par un camarade de lieux de travail : assister à la soirée « open mic » du Shebeen, organisée tous les lundis soir, donc. Sortie tardive du bureau (comme tous les lundis, car jour de bouclage. LN dirait « comme tous les soirs », et je peux difficilement la blâmer…), et arrivée sur les lieux du crime vers 21h. Je ne suis même pas encore entré que j’aperçois, à travers la vitre sale et la fumée omniprésente, un visage connu : Coo, que je connais depuis ma lointaine époque de fan de base de Radiohead (nodata.net, pour ceux qui veulent), et accessoirement sampler du groupe (de) Sourya, pour qui j’avais auditionné misérablement à la guitare il y quelques années, quand ils se faisaient encore appeler The Music Imposters.
Coucou à Coo, donc, puis je me faufile le long du bar, entre les divers hipsters chevelus (en voyant les photos, LN : « on dirait une pub pour Jean-Louis David ! » Moi : « Pas faux, comme dans la chanson de Air : ‘Où sont tes héros, mal rasés, bien habillés' »). Je rejoint mon collègue, David, et son frère Bruno, ce dernier membre du groupe Neïmo, qui accessoirement dispose de son propre label, Big Fields Records. Le temps de me faire offrir un verre par David, pourtant hétérosexuel patenté, je vois se glisser à travers la foule un barbu (tout le monde a une barbe de trois jours ici, mais lui a une *vraie* barbe), en direction du fond du bar, où se trouve une chaise haute sur laquelle est posée une guitare acoustique, le tout éclairé d’une faible lampe surplombant une mini table de mixage. La soirée open-mic s’ouvre là.
David me fait un peu les présentations, me décrit le proprio du bar, Earle, un sud-africain (je crois) un peu barré qui présentera tous les participants un peu connus par un laïus d’exclusivité, « et oui maintenont you fuckers, voici Miggles de Popklub Arsenal, avant il étay dans The Parisians et il va vous jouay say new fucking songs », « maintenont pour le pwemiewe fois, Djulien de Souwya va jouer pour vous avec Untel, Untel et Untel au chant, yeaaaah », ou encore « maintenant, le chanteur de Cliché, qui est maintenont dans The Victorians… ». On voit donc défiler une sorte de fine fleur actuelle de la scène rock parisienne, à l’exception de The Naast parce que bon c’est des fils à papa rock’n’folkeux alors hein. Tous ces groupes, avant même d’avoir plus d’une chanson, ont leur espace MySpace, et chacun fait un lien vers le MySpace de tous les autres – ce qui fait que j’ai un peu l’impression d’être dans une réunion ParisCarnet de MySpaceux, en fait. Tout le monde a fait partie d’un groupe, qui a splitté, donc en a remonté un autre avec tel autre membre d’un autre groupe, machin chose. « En fait on pourrait faire un arbre généalogique assez compliqué de tous ces groupes, non ? » « ben ouais, c’est sûr » « genre qui couche avec qui, tout ça » « ah ben ça tout l’monde mon gars » « non, j’veux dire… ok, laisse tomber ».

Mon inviteur parti, je reste pour suivre un peu ce qui se joue, et finir mon second verre. La foule est plus compacte, et vu que le bar est très petit, difficile d’apprécier, finalement. Je sors vers 11h, et pour ne pas tourner de la tête dans le métro/train, je remonte la rue Mouffetard jusqu’à trouver un vendeur de crêpes sympathique. Des employés de la mairie défont les décorations de Noël. Je trouve mon crêpier, qui ne paye pas de mine dans son bout d’mur. Les deux Pakistanais discutent et rigolent dans une langue que décidément je ne comprendrai jamais, tandis que l’un deux me confectionne une des meilleures crêpes à emporter qu’il m’a été donné de savourer : non seulement il a mis la dose de Nutella et deux (2!) bananes, mais le pliage était tel que rien n’a coulé sur mes doigts durant mon trajet. Et m’a donné deux serviettes avant même que je ne demande la deuxième (du coup j’en ai eu trois. Formidables, les blogs, non ?).
En arrivant sur la place Monge, je fais le tour pour voir ce qu’est devenu l’emplacement de notre quartier général de l’époque, bar/restaurant que (et dans lequel) nous investissions chaque week-end. Le Nonchalant est toujours aux abonnés absents, et a été remplacé par un restaurant chinois, qui lui-même est en vente. « Time it was… » in my mind.
Métro. Dodo.
Boulot.
Bon, tant que j’en suis à faire la promo des groupes d’amis : notre bon Édouard, qui a d’ailleurs fêté ses 28 ans pas plus tard qu’hier, sera en concert avec son autre groupe (par rapport à Zerowatt), les Funky Frogs, le vendredi 9 décembre à l’Opus Club/Canal Opus, 167 quai de Valmy dans le Xe.
Alors, comme le nom l’indique, le Funky Frogs font de la fonk, man, de la fooooonk. Dix musiciens, dont trois cuivres et trois chanteurs, ça groove de partout avec reprises et compos, et les échos que j’en ai eus, c’est que leur dernier concert à fait danser sur les tables une salle pas gagnée d’avance – n’en doutons pas, notre Mister Swing national y est pour quelque chose.
Alors hop, bande de geeks velus, arrêtez de perdre votre vie à WoW et sortez ce vendredi-là, y’aura sûrement de la zouz et surtout, le plus important, de la bonne musique pour dedans vos n’oreilles. La foooonk, man !