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Presque pas en retard

Temps de lecture / Reading time : 3 minutes.

Il y en a bien parmi vous dont je n’ai pas l’adresse e-mail. Ceci est pour vous. N’en abusez pas (car il ne faut pas abuser des bonnes choses)

Nous y revoilà : comme chaque année, une nouvelle année commence, et il faut bien s’y plier, avec toutes les conséquences que cela suppose. Rien à faire, hein, on aura beau polluer, faire la guerre ou écouter Indochine plus que de raison, cette planète fera toujours son petit tour du soleil en 365,24219 jours, nous donnant ainsi le prétexte nécessaire pour organiser une nouvelle soirée déguisée, faire de vaines résolutions ou écrire des voeux. Tradition à laquelle je me plie par la présente, au dernier jour du mois de janvier, comme d’hab’…

D’année en année, le besoin pour moi de vous souhaiter mes voeux (et pour vous, de vouloir mes souhaits) diminue. C’est la logique même : à force de vous faire part de mes plus optimistes prédictions à votre propos, la probabilité de tomber juste grandit, et assurément il y a bien eu, depuis le temps, une année ou deux où vous avez eu votre quota requis de bonheur, d’amour, d’argent ou n’importe quel autre désir moins consensuel, que sais-je, le DVD de Franck Dubosc par exemple.
De fait, mes prémonitions à votre propos s’étant j’en suis certain déjà avérées justes, mes voeux perdent de leur intérêt, car comme le dit si bien le dicton, la foudre ne frappe jamais sept fois la langue dans sa bouche. Qui suis-je pour vous souhaiter à nouveau santé, argent, bonheur, gloire, amour, beauté, turgescences violacées et coloscopies cathartiques, qui, vraiment ? Je vais donc, pour éviter d’inonder le monde de mon amour débordant et un brin outrancier, la jouer courte.

Bonne année à tous.
Eeeeet toutes, oui. Même si l’on ne fonctionne pas sur le même calendrier, hein, vous pourriez être musulman ou inca, avec l’Internet de Karl Zéro, maintenant, hein, on ne sait plus. Donc, une bonne année, quelque soit votre genre, provenance, croyance, âge, condition, orientation, éducation, … Ça fait trop long, tout ça. J’annule, je reprends.

-> « Bonne année. » < - Voilà. Tout simplement. Tout court. Tout est dit. Bon, je sais, pour des voeux, c'est un peu court, en somme. Bien sûr, j'aurai pu dire bien d'autres choses, comme... Agressif : "Moi, Monsieur, cette nouvelle année, je vous la souhaite d'emblée pas trop dégueulasse !" Amical : "Ne vous noyez pas dans une tasse, Et évitez de faire des taches sur la nappe !" Descriptif : "C'est un an ! C'est un' pige ! C'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? C'est un vrai millésime !" Curieux : "Comptez-vous, à la manière d'une enzyme, Catalyser, ou vous éparpiller en tout ?" Gracieux : "Aimez-vous à ce point les hiboux Que fraternellement vous sortirez en boite Et passerez la nuit à subir les moult watts ?" Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous vous levez De bon matin, ou tard, posez-vous le bon pied, Avant de commencer une belle journée ?" Prévenant : "Gardez-vous, pour au moins cette année, D'ingurgiter trop de mauvais cholestérol !" Tendre : "Offrez à votre enfant quelques babioles, Dès leur naissance, ils ont besoin de jouets idoïnes !" Pédant : "Ajax, monsieur, fut écrit par Sophocle, Mais pour le Web 2, cette année, c'est une mine De projet, de réussites, en bref, un vrai socle !" Cavalier : "Quoi, l'ami, tu veux lancer ta mode ? Prend ton ticket, fais la queue, et joue-la finaude !" Emphatique : "Aucun mal ne peut, en 2007, Faire partir notre Humanité en sucette !" Dramatique : "C'est la plus chaude des années !" Admiratif : "Pour un calendrier, ça l'fait !" Lyrique : "Onques ne vit-on printemps plus fleuri !" Naïf : "Les oiseaux aiment-ils ce temps pourri ?" Respectueux : "Souffrez, Monsieur, qu'on vous débauche, Par les temps qui courent, trouver du travail, c'est auch' !" Campagnard : "Quand est-ce que tu quittes Paris ?" Militaire : "Luttez contre les idioties !" Pratique : "Pensez dès octobre à faire vos voeux, Et soyez brefs : je déteste les gens verbeux !" (phew... merci d'avoir lu jusqu'ici) Bref, tout ça pour dire : Bonne année ! Souriez, vivez, larvez, aimez, foncez, bougez, dansez, parlez, jouez, dormez, bossez, rigolez, partagez, échangez, partez, revenez, sexez, droguez, rock'n'rollez, voluptez, créez, améliorez, rencontrez, écrivez, participez, câlinez, exclamez, déclamez, esclaffez, étourdissez, maternez, et j'arrête là parce qu'à la longue, la terminaison en "-ez" perd de son sens, donc avant tout : profitez de vous et les uns des autres ! Merry fuckin' new year to y'all. x.

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Cinq choses

Temps de lecture / Reading time : 6 minutes.

On croise souvent des mèmes qui circulent sur les blogs américains, les A-listers de là-bas s’amusant à jouer en chat entre A-lister, se faisant passer la balle au fur et à mesure. On peut reprendre le mème pour soi mais l’amusement vient du fait de « forcer la main » d’un autre blogueur – et jamais on ne voit son nom dans la liste des personnes désignées pour suivre.

Sauf aujourd’hui. Le mème « 5 things about me that you don’t know » fait des émules outre-Atlantique, et l’a même traversé vu j’ai été désigné pour y faire suite. C’est Myriam Faulkner, qui participe à la traduction de WordPress, et qui m’a mis dans sa liste de 5 suiveurs. Je la maudis ouvertement, mais le remercie en secret de me donner une idée de post facile… mais pas tant que ça.

L’idée est donc, je traduis, de dévoiler « 5 choses que vous ne savez pas de moi ». Je vais passer sur les maladies honteuses et autres dérives sexuelles voire hallucinogène (après tout, ce blog est écrit sous mon VraiNom), pour ne garder que le plus consensuel, tout en cherchant un peu de « j’l’aurai pas cru ! » pour les happy few qui parcourent ces lieux.

Dont acte.

  • Je ne sais pas vraiment cuisiner. Le seul « plat » que je réalise en toute confiance est la pâte à crêpes. Depuis peu, et grâce à des recettes suivies à la lettre, j’ai appris que je pouvais faire les oeufs brouillés (wooohooo!), ainsi que les gâteaux (crumble au fromage blanc et tarte pommes/Nutella). Je ne sais pas faire les sauces et autres accompagnements/améliorations. De fait, je ne sais pas vraiment faire les courses…
  • Je ne sais pas vraiment faire de la musique. Oh, bien sûr, j’ai fait dans ma jeunesses quelques années de piano-solfège, culminées par un d’apprentissage par coeur de « La Lettre à Élise  » et d’une autre composition, terminant l’année en arrivée second à un cours de je ne sais quelle école parisienne, mais j’ai ensuite abandonné le piano, et ait totalement perdu la désynchronisation main gauche/main droite, bouhou. Certes, mes amis m’ont offert une guitare acoustique pour mes 18 ans (ou mes 20 ? je ne sais plus), et je me suis amélioré au fil du grand nombre de reprises apprises depuis lors (premier barré grâce à « You’re so great » de Blur, tiens). Oui, j’ai pris la basse pour intégrer le groupe de compos d’amis, ce qui m’a beaucoup apporté sur de nombreux points, notamment musicalement, et je joue depuis quelques mois dans un petit groupe de reprise pour me maintenir en forme oui. Mais, avouons-le, je ne suis pas un féroce du manche (4 ou 6 cordes), je suis une merde en improvisation (les gammes ? quoi ?) et le statut de mes compositions est le plus souvent larvaire, là où sous Protracker j’arrivais au moins à aligner quelques samples. Bref, à mon goût, je grattouille, sans plus.
  • Je ne connais pas vraiment Paris. Non, sérieux, j’ai beau y être né (Paris 17e, Hopital Américain je crois), avoir été banlieusard toute ma tendre vie (Courbevoie, Neuilly (oui, mais en fait non), Asnières sur Seine), avoir nombre de mes potes qui résident dans le 17e voire 16e, et ben ma tendre moitié, nLN, en bonne provinciale qu’elle était débarquée à la capitale un an plus tôt, connaissait mieux Babylone que moi, et ne manqua pas de s’en étonner. Bin oui, quel intérêt pour moi de monter en haut de la Tour Eiffel/Montparnasse, de visiter le Louvre, de me balader dans le jardin du Luxembourg ou passer ma soirée sur les marches du Sacré Coeur ? Je suis parisien, j’ai bien le temps de faire ces pièges à touristes ! Bon, où est mon ADSL…
  • Je ne suis pas vraiment un développeur. Oui, je suis (seul) rédacteur du (pardon, « de ») JDN Développeurs depuis septembre 2002. Oui, j’ai fait 6 ans d’études, en passant par l’Epita. Reste que tout ce que j’ai appris, c’était de moi-même, et parfois même alors que je rédigeais un article pour Dév (ça s’est pas vu, hein ?).
    Résumons… Après l’explosion de la navette Challenger, mon rêve est passé de « Spationnaute » (j’insiste) à « Ingénieur à l’ESA » (j’insiste x2). Je me suis battu pour rester en S (« T’es sûr que tu préfères pas aller en L ? ») et arriver à l’Epita, où je ne suis resté qu’une année car je n’étais vraiment bon qu’en Algo et en Culture-Générale – malgré une seconde place pas méritée au concours de fin de semestre en TurboPascal. Maths, Electronique, Architecture, tout ça, je n’ai jamais pu – ou alors c’est parce que je découvrais la vraie vie grâce à mon nouveau rôle de Chef Louveteau à l’époque.
    Bref, année foirée à grand prix, nouvelle école, l’Institut International du Multimédia, fraîchement ouverte au tout aussi frais Pôle Léonard de Vinci. Entre profs aux capacités didactiques largement disparates (Lundi : « ok, on a une semaine de cours ensemble, je vous ai préparé un super programme ! » ; Mardi : « euh, j’ai fait tout mon programme, alors, je sais pas, faites ce que vous voulez, si vous avez des questions, je suis là. Oui, vous pouvez jouer à Quake si vous voulez, après tout c’est un cours sur les jeux vidéos… ») et grosse tête du « directeur du laboratoire », l’ambiance était un mélange de stress et décontraction, jusqu’à ce qu’on me dise que mon stage n’était pas un vrai stage, et que de toute façon je n’avais pas l’ambition de monter une startup donc pas la peine de faire la 4e et dernière année, sauf si tu te prosternes devant nous. Je résume, hein. Bref, après trois années de multimédia (=HTML tableaux et GIF animés, en gros. Ah, et Flash 3 + Softimage3D + applets Java, oulah, ça plaisante pas), guère de restes de ce que j’ai appris à Epita (j’ai toujours mes notes des cours de Boulay, au cas où TDD reprendrait AlgoritmIt!). Quatre ans post-Bac et toujours pas de diplôme (plôme), j’en veux au moins un, je vais continuer mon stage chez Praktica, qui m’a fait virer (en substance) de l’IIM, dans une dernière formation, en alternance cette fois : l’IESA.
    Une année un peu redécouverte avec beaucoup de choses que j’ai déjà fait à l’IIM, mais avec de vrais profs cette fois, et une seconde année où l’on nous enseigne PHP pendant 4 mois, 3DS Max pendant 4 autres – seconde année où je change de boîte pour mon alternance : j’entre au Benchmark, pour pendant trois jours par semaine rédiger du contenu pour JDN Développeurs. Idéal : je me lance sur ce que je veux, et je partage ce que j’en ai compris à mes lecteurs. J’ai beaucoup compris, j’ai beaucoup appris, en quatre ans de tutoriels, pratiques, expliquez-moi, ma question, dossiers, reportages et interviews… Beaucoup, sauf le fait de suivre un projet sur plus de deux jours – comme dans la vraie vie, comme un « vrai » développeur.
    Comment ça, « imposteur » ? Bah, implicitement, c’est la raison d’être de ma première phrase : « Je ne suis pas vraiment un développeur ». Je n’ai jamais participé à un projet majeur, et mes approches des technologies actuelles se sont faits par tranches de quelques heures, au besoin des tutoriels et autres articles, avant de passer à une autre technologie, puis une autre… Bon, ce n’est pas entièrement vrai – j’ai tendance à me rabaisser tout seul (ça transparaît dans ces 5 choses ?) – et à écrire des textes trop longs, oui, aussi (ça s’est vu ?) – avec trop de parenthèses (…) – , j’ai également (pour revenir au sujet (à savoir, mi vida loca)) comblé nombre de soirées solitaires à compulser les livres que m’envoyaient les éditeurs pour que j’en dise du bien, donc grrrand merci à Eyrolles, O’Reilly, CampusPress/PearsonEd, Dunod ou encore Eni pour leurs envois ! Tout cela m’a mené à ce que je suis aujourd’hui : jack of all trades, master of none, though ofttimes better than master of one. Et franchement, j’aime ce que je suis.
  • Je ne travaille plus pour longtemps au JDN Développeurs. Certains sont déjà au courant, mais ce sera sans doute une nouvelle pour beaucoup : j’ai été approché par une boite très intéressante avec un poste très intéressant et correspondant à ce que j’aime et veux faire, donc, off you go, out of the door, line on the left, one cross each. Crucifixion ? Yes. Good. Et donc la fameuse équipe de JDN Développeurs de se retrouver sans son, mmmh, « développeur », et est donc en quête d’un Jack-of-all-trades pour me remplacer et continuer de crever le plafond des stats OAS défricher plus de sujets intéressants et nouveaux et cliquables populaires et tout ça. Intéressé pour reprendre mon flambeau – et tenir à jour la bibliothèque locale ? Répondez à l’offre de CDD ou de stage ! Les gens sont sympas, passionnés, dépassent rarement la trentaine et occupent 8 étages à Boulogne-Billancourt. Postulez vite, que j’ai le temps de vous former ! 🙂

Fin de mes 5 choses – mais j’ai peur d’avoir calé 200 choses en tout. Triez.

Accessoirement, et pour en revenir au mème, vu qu’une seule personne désigne à chaque fois ses suiveurs dans ce mème (comme dans beaucoup d’autres), il est possible de remonter facilement la source et ainsi de se créer un petit « six degrés de différences » avec certains A-listers sus-cités : j’espérais donc me trouver dans la suite de Kottke ou autres inspirateurs initiaux de ce blouargh…

Il se trouve en fait que je fais partie du cercle de SEO, donc rien qui puisse me faire baver – plus spécialement, dans la suite de Nadir Garouche / Joe Dolson / Lie Evans / GrayWolf / Dean Bloomsfield / Scott Boyd / Aaron Shear / Avinash Kaushik et enfin, le SEO initiateur, David Gale. Cela perd un peu de son intérêt car, autant que je puisse le supposer, le côté jeu de ce mème fait place également à une envie d’augmenter le PR de ces amis. Bah.

Ce mème se clot généralement en dénonçant ceux qui ne l’ont pas encore fait. Pointons du doigt Cyril (n’a pas mis à jour depuis longtemps, et j’espère qu’il le fera en photos), Mr.Peer (p’tet qu’il sortira de sa léthargie), les p’tits gars de WordPress-fr.net (c’est moi le chef, vous devez m’obéir !), Cyril (parce qu’il continue de commenter ici) et Flaoua (dans l’espoir qu’elle poste plus souvent). Et ceux qui estiment qu’ils méritent que je les pointe du doigt.

Next post, hopefully : mes voeux, bordjel…

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Ego post-ParisWeb’06

Temps de lecture / Reading time : < 1 minute.

Un peu de flattage d’égo, avec quelques commentaires non-sollicités qui font bien plaisir :

J’ai été ravi de faire ta rencontre également. Cela fait toujours plaisir de rencontrer un journaliste qui fait son travail sérieusement. En fait c’est la deuxième fois que cela m’arrive, le précédent est Michel Dumais.

Karl Dubost, par mail, suite à la publication de son interview. [référence]

Tu es l’un des rares journalistes que je connaisse à ne pas raconter de conneries…

Daniel Glazman, découvrant qui je suis, lors de la conférence.

Ravi en tout cas de t’avoir rencontré, et de voir que les journalistes ne sont pas si détachés du monde qu’on préfère le croire la plupart du temps.

Stéphane Deschamps, organisateur de la conférence, par mail.

[Sa] largesse d’esprit fait du JDN Développeur un magazine en ligne toujours très prisé en ce qui me concerne.

Raphaël Goetter, auteur du livre « CSS 2« , sur le blog Alsacréations.

Nous sommes en 2006 : à part Xavier Borderie, justement, combien de journalistes français ont véritablement écrit de manière suivie et argumentée sur le respect des standards et des bonnes pratiques. Un ? deux peut-être ?

Elie Sloïm, qualiticien chez Temesis, en addendum de sa note à propos de mon interview de Stephanie Troeth.

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Nuit Blanche 2006

Temps de lecture / Reading time : 5 minutes.

Après m’être mordu les doigts d’avoir raté le concert des 400 guitaristes lors de la précédente édition, j’étais bien décidé à me balader lors de cette Nuit Blanche 2006. A lire les morceaux de programme que je trouvais ça et là, ça ressemblait plus à de la branlette artistique aux quatre coins de Paris avec la caution de la mairie et la queue du Louvre un samedi après-midi pour chaque création, mais qu’à cela ne tienne, la soirée était mienne et je voulais remplir mon appareil photo.

Néons Nuit Blanche

Je commence donc par l’Hotel de Ville, où Sebastien Tellier doit illustrer une oeuvre, si j’ai bien compris. Arrivé sur place, point de concert live mais les instruments sont en place et on entend une musique enregistrée sympathique, mais pas assez pour me faire faire la queue avec les autres marcheurs. Mon objectif : éviter soigneusement les potentiels de queue, donc viser les oeuvres au grand air. Ca ne semble pas être le cas ici.

Après avoir retrouvé mon frère Cédric et un de ses ami à un restaurant, je prend la ligne direction Gare de Lyon, avec pour objectif de prendre la ligne 14. Celle-ci sera ouverte toute la nuit, et les attractions du quartier Bercy semblent à la fois amusante et en plein air. Sur le chemin, je m’arrête à Bastille voir ce qu’il s’y fait de beau. Rien en dehors de la foule habituelle des samedi soirs, apparemment. Je ne vais pas appeller Mathieu savoir s’il est en France, tant pis. Au moment de rentrer dans le métro, j’entend des applaudissement : une foule en bas de marches de l’Opéra. Trop bizarrement situé pour être officiel, mais beaucoup de monde, je vais voir.

Trois danseurs enchaînent pour le grand plaisir des insomniaques des danses très hip-hop, mais aussi plus chorégraphié (mais avec un aspect ridicule propre à des hiphopeux imitant le Lac des Signes), le tout servit par un ghetto blaster. Ils sont assez doués et rigolos, surtout le grand, mais le show, très ficelé au détail et la synchronisation près, devient plus amusant quand une jeune fille descend de la foule assise sur les marches de l’Opéra et semble vouloir défier le groupe à un combat de danse, à la « It’s Like That » de Run DMC – sans pour autant en afficher la moindre capacité. L’un des membres cherche à la calmer, genre « pas maintenant, là on fait notre truc, après si tu veux », mais ils finissent par faire leur truc sans se soucier d’elle, ce qui est rigolo quand le grand se fige pour la partie où il joue un robot. Bref, vidéos.


Danseurs Nuit Blanche


Danseurs Nuit Blanche

Reprise de métro, je ne suis pas non plus sorti pour voir des trucs de tous les jours (enfin, tous les jours à Pôris). J’arrive à la BNF, où il m’est promis un show lumière, ce qui devrait me permettre de rentabiliser mon Sony T1. Effectivement, il y un faisceau violet fixe en haut d’une tour, un autre blanc et bougeant de haut et bas sur celle à l’opposée, et une échelle géante et très haute surgit des arbres du jardin central, lui-même inondée de fumée/brume. Ca sent la branlette artistique justifiée par une question de verticalité ou autre connerie, mais la brume dans les arbres rend joliment didon, donc je descends voir ça depuis la bibliothèque elle-même.

Un piano (dont on peut croiser le pianiste à l’intérieur de la BNF) enchaîne les notes sous les projos, de temps à autre interrompu par une voix déclament je ne sais quel texte à la noix. À l’intérieur de la BNF, outre une meilleure du jardin intérieur, on peut admirer les superbes Globes de Coronelli, le genre de bidules historiques qui me passionne (moi = fan de vieilles cartes).

Tout autour du site, entre les quatre tours, des enceintes souterraines diffusent des musiques apparemment composées par Placebo, assez techno dans l’esprit.

Photos.







…et vidéos d’ambiance…


Nuit Blanche 2006 – BNF


Nuit Blanche 2006 – BNF


Nuit Blanche 2006 – BNF

Je quitte l’endroit. Quelques mètres de plus, je passe devant la piscine Joséphine Baker, et aperçois au travers de la vitre tous les baigneurs allongés dans l’eau pour écouter la musique qui est diffusée dans icelle. On m’avait bien dit de prendre un maillot…

Je continue sur le quai, direction la Caisse des Dépôts qui est sensée être largement éclairée, ce qui devrait être le point culminant de mes photos de ce soir – même si j’ai déjà passé trop de temps et de méga-octets sur la BNF.

En m’approchant, je ne vois rien. Damn, pas envie d’attendre que ça se remette à s’éclairer, je traverse le pont direction le POPB. J’ai dans l’idée d’aller voir les chats somnambules, qui avaient l’air rigolos. Sur le chemin, je croise Transportable City, qui est bidon (des tentes en forme de maison, d’usine, d’église, éclairées de l’intérieur), et surtout j’entend une sorte de concert au loin. Je m’approche, beaucoup de monde semble chanter.

Pas de scène, mais un écran, sur lequel s’affiche une bouche très rouge qui mime des chansons dignes de RFM, et donc les hauts parleurs diffuse le son d’une foule qui chante. Zarb’, la bouche semble chanter comme une foule, et très mal. En bougeant un peu, je constate qu’en fait la foule qui regarde l’écran s’est répartie autour de nombreux micros dont les pieds sont plantés dans la terre, et chante : omgwtf, c’est un karaoké ! En l’occurence, Karaoke choral, oeuvre bien sûr créée grâce au soutient de la Sacem, gn.


Nuit Blanche 2006 – Karaoké Choral

C’est très marrant. Je reste très longtemps à regarder tout ce monde chanter des chansons d’il y a longtemps face à ces lèvres très Big Brother. L’idée peut sembler minable, mais ça marche très bien, tout le monde participe et chante à tue-tête, petites pouffes comme petites racailles, tandis que des bobos filment en riant et des hippies dansent devant l’écran.

Les chansons ne sont pas en version originale, la musique semble refaite avec un clavier Bontempi, les lèvres chantent doucement, et avec le brouhaha ambiant il faut du temps avant que la foule ne reconnaisse la chanson – et comme tout le monde ne connaissant que le refrain, ce grand n’importe quoi est très amusant. Probablement la meilleure « attraction » de cette nuit.


Nuit Blanche 2006 – Karaoké Choral

Il est bientôt 2h. J’ai perdu vraiment trop de temps à la BNF et devant le karaoké, tant pis pour les chats somnambules, je rentre alors que la bouche entame « Sweet Dreams are Made of This ».


Nuit Blanche 2006 – Karaoké Choral

La ligne 14 me ramène directement à St Lazare, et de là je rate de très peu le Noctambus me ramenant chez moi. Le bus finit par arriver, je m’installe, un vieil asiatique ivre s’installe au début du bus et dérange/amuse un peu tout le monde avec ses commentaires ; une dame se pose à ma droite. On se met en route. La dame, après m’avoir proposé un Freedent (gn), me demande « mais pourquoi il y a tant de gens dans la rue ce soir ? » Je lui montre le programme que j’ai récupéré, « c’est la Nuit Blanche, madame. » Pour certains travailleurs, la nuit blanche c’est tout le temps, et le noctambus est leur transport quotidien.

Néons Nuit Blanche

Couché 3h.

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Rock en Seine 2006 – Le samedi

Temps de lecture / Reading time : 5 minutes.

[oui, bon, ce second article sur le sujet arrive un peu un mois++ après les faits, mais il faut bien que, et les moins malins d’entre vous n’ont pas vu les vidéos de cette journée. dont acte]

[rappel : le vendredi]

Samedi, donc. Après avoir passé la journée du vendredi à aller de-ci de-là à la rencontre de groupes et même de gens qu’on n’avait plus vu depuis, pfiouuu, au moins notre précédent passage à Rock en Seine (salut Mo’!), l’idée principale du samedi était somme toute plus claire : se placer au bon endroit pour pouvoir attendre le passage de Radiohead sans devoir pour autant passer six heures debout sous la pluie (qui s’annonçait).

Vue la foule amassée devant la scène dès notre arrivée (16h), cela ne semblait pas gagné d’avance. Fort heureusement, l’expérience des années passées et des camarades précocement placées, notre vue sur la scène principale et le supplice de plusieurs milliers de fans furent imprenables.

Panorama avec plein de gens

Confortablement installés, et même presque au sec, nous n’avions qu’à attendre que les jongleurs et trapézistes viennent nous divertir. Il ne fallut pas attendre longtemps, le premier se présentait déjà :

Montée de l’arbre, premier essai

J’ai pas bien vu.


Montée de l’arbre, second essai

Aaaah, d’accord. Jeu : retrouvez la conversation qui a suivit.

Pendant ce temps jouaient les p’tits gars de The Dead 60’s, qui furent sympathiques mais bon. Ils suivaient, dans l’ordre, Take Back Sunday dont on retiendra surtout les éléments dessinés sur la scène, et Phoenix qui ont apparemment ajouté une couille à leur paire actuelle : un son plus rock/péchu, saibien. Suit Beck.

Aaaah, Beck, c’est une vieille histoire d’amour. Découvert pour ma part avant tout pour son album mélancolique (à savoir, Mutations) et son prédécesseur Odelay!, j’avais eu du mal, forcémently, avec le suivant, Midnite Vultures. Quoi ? De la fonk ? De la soul, baby, soul ? Du bonheur et de la joie de vivre ? Oh !, je recherche un fix en attendant le prochain Radiohead, moi, pas du bonheur en tranche !
J’ai cependant été con-vain-cu de cette direction de la part du sieur Hanson en allant le voir au Zenith, où c’était la teuf sur scène comme dans les gradins. Le bonheur, c’est bon, mangez-en. J’ai été reconvaincu par sa prestation très mélancolique (la pluie aidant) lors du Homecoming Gig de Radiohead, à Oxfort en 2001. Beck, c’est bien en concert quand ça part en délire. Et cette fois encore, il n’a pas déçu.
Non content de se trimballer avec un hulubrius geekique sur scène qui n’a apparemment d’autre rôle que de se donner en spectacle et kiffer la vibe, la scène ajoutait un petit théâtre de marionnettes, où chaque musicien avait sa représentation, et dont les mouvements, synchronisés avec ceux des vrais musiciens, étaient filmés par des caméras DV et retransmis sur écran géant, alternativement d’avec, donc, les vrais zikos. Vous suivez ? Exemple en images.

Bref, tout comme au Zenith, Beck offre une prestation délirante et travaillée, et si tout dérapage reste nettement contrôlé, le public y trouve quand même la fraîcheur et candeur nécessaire à sa bonne appréciation. À chaque concert, de ce que j’ai lu, les marionnettes ont droit à un petit film pendant que les zikos font entracte, et ça n’a pas manqué : se baladant dans Paris, blagues à deux balles à l’appui, les marionnettes ont bien fait rire tout le monde, surtout quand on les voit saccager la loge de Radiohead en maugréant « this is what you get when you mess with us ». Good times.
Retour sur scène, Beck avec sa guitare acoustique pendant que musiciens dînent en se faisant servir par le geek de ci-dessus. Quelques chansons mélancoliques puis Clap Hands :


Beck – Clap Hands

Petit riff de rien du tout sur lequel les autres musiciens (et leurs marionnettes) improvisent des percussions sur la vaisselle, la table et tout ce qui est à portée. Ici encore, il le font à chaque fois, mais comme on ne les a pas vus ailleurs, youpla. Beck enchaîne sur One Foot In The Grave, titre où il chante, joue de l’harmonica et pousse des petits cris pendant les parties d’harmonica.


Beck – One foot in the grave

Et retour à Clap Hands. Meilleur moment du concert, peut-être. Pour finir, un petit bout de Where It’s At :


Beck – Where it’s at

Bon, reste Radiohead, hein. Genre, tout le monde n’est venu que pour ça, le reste du parc et des concerts est totalement déserté, plein de gens qui poussent et nous qui, pfiouloulou, devons nous lever pour mieux voir, bloquant du coup la vue des VIPs installés derrière nous, mouaha.

Radiohead, pour le coup on parle de vieille histoire. Même si j’ai été tardif sur le sujet, en l’occurrence avec OK Computer en 1997 (mais bon, je suis venu à la musique tardivement, probablement avec le premier album d’Alanis Morissette en 1995, en tout cas sûrement via le Club Dial), j’ai été rapidement pris à la gorge (au point de me rabattre sur Muse en voyant que le successeur d’OKC ne viendrait pas avant quelque temps), et ai parcouru bien des kilomètres pour les voir en concert.

Tiens, faisons la liste : concert pour Amnesty à Bercy (1998), Tibetan Freedom Concert à Amsterdam (1999), Arènes de Fréjus (juin 2000), Grand Rex (juin 2000), Nulle Part Ailleurs/C+ (2000), deux concerts sous chapiteau à St Denis (2000), concert privé Canal+ (2001), Homecoming gig à Oxford (2001), San Sebastian (2002).

Dix, donc, si l’on compte les passages télé. J’ai raté le concert semi-privé pour Arte au Réservoir, car je le croyais super-privé, et j’ai cordialement évité celui de Bercy, car bordel c’est pas un endroit pour jouer de la musique. Ca fait donc depuis 2002 que nous n’avions pas vu ce petit groupe, et ma foi nous étions curieux, même si depuis San Sebastian et les derniers albums nous avions été sensiblement ébranlés face à leur incapacité récurrente à nous toucher autant que pendant la période pré-Kid A. Mais bon, Thom Yorke a fini par sortir son album solo, donc nous avions bon espoir qu’en sortant ses claviers du son du groupe, le bon rock allait revenir.

Panorama avec plein de gens

Et nous voilà donc, comme deux milliards de péquins, à attendre LE groupe de ce festival, celui que tout le monde attend, celui qu’on n’a pas vu depuis pfiouloulou, et pouvoir juger sur pièces avec ce onzième concert en 8 ans.


Radiohead – My Iron Lung

Nous avions été « un peu » déçus par leur prestation à San Sebastian – enfin, surtout la combinaison « trop de Thom au piano » et « trop de pouffes qui dansent comme Shakira dans la salle ». Quid, alors, quid, ô grand Xavier que t’es un vieux de la vieille ? Verre à moitié vide ou à moitié plein ?


Radiohead – Fake Plastic Trees

Bah, moitié. D’où je suis (et avec un arbre du surcroît), filmer ne permet que d’apprécier les jeux de lumière, donc voici les vidéos, aucun montage, j’ai commencé à filmer quand je sentais que les lumières allaient devenir intéressantes.


Radiohead – Paranoid Android

Du coup, ça vous étonne si je vous dis que je n’ai filmé que les vieilles chansons, quasiment ? Mais surtout, pas une nouvelle ? Bin oui, on était bien contents d’entendre en live de vieux titres datant même de The Bends – même si un live de Rh se transpose facilement d’une ville/année à l’autre, le seul truc qui change étant l’ordre de passage et les commentaires de Thom Yorke – mais nous avons été plus qu’underwhelmed par les nouvelles chansons. Molles du genou. Même une superbe chanson comme Big Ideas (pardon, « Nude ») est devenue inintéressante dans sa dernière incarnation, à croire qu’ils veulent la foutre en l’air comme ils ont massacré Motion Picture Soundtrack. Enfin, je vous laisse seuls juges : Nude (Rock en Seine 2006).


Radiohead – Lucky

Mais on ne va pas faire notre fine bouche, hein : show très pro, comme d’hab, pas un pet de travers, pas non plus de grands délires, comme d’hab, et ça fait toujours plaisir de constater qu’une grande partie de notre adolescence, de mon adolescence, LE groupe qui m’a formé musicalement, et avec qui j’ai appris à jouer de la guitare, tourne toujours, est toujours créatif, etc. Comme l’a dit Billy Corgan, « a real fan is someone who gives the next album a chance » (ou un truc du genre). Sur ces bons mots, la fin des vidéos, et désolé de vous avoir forcé à tout lire.


Radiohead – There There


Radiohead – Karma Police

Et j’ai fini de taper tout ceci en écoutant non pas Radiohead, mais Explosions in the Sky. Mangez-en, et tirez les conclusions que vous voulez.