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Hanging in London

Temps de lecture / Reading time : 3 minutes.

Dans mes moments d’égarement, je circule sur le site reddit, sorte de Digg où les gens savent écrire pour ceux qui connaissent, pour les autres c’est un site où les gens postent leurs liens du moment, et discutent d’icelui.

Je suis tombé ce samedi sur une vidéo liée avec le titre suivant: « Bet you’ve never seen this muscial instrument before« . J’ai vu ma part d’instruments non-conventionnels dans ma courte vie, et suis toujours curieux d’en découvrir de nouveaux. Cliquez sur le lien pour voir, ça me saoule d’installer un truc pour jouer des vidéo YouTube…

Bon, donc on découvre sur cette vidéo un gars qui tapote sur un gros wok, en gros, avec des p’tits renfoncements pour jouer différents tons. Morte-couille, mais je connais cette chose !

Il se trouve que lors d’une escapade d’une journée à Londres en 2005 (billets 1-jour, je vous recommande les canapés de la Tate Modern pour écraser tranquillement pendant le coup de barre de 14h), nous étions tombés lors de notre retour à la gare de Morne-Plaine, sur 4 jeunes nous interprétant le contenu de leur CD, disponible pour une poignée de quids. Deux étaient assis par terre, chacun avec cet instrument sur les genoux, tandis qu’un 4-yeux jouait de la clarinette là-dessus, et qu’un quatrième manipulait sa contrebasse à la main ou à l’archet, selon.

J’ai filmé quelques minutes, mais la vidéo est trop sombre pour être exploitée, donc voici la piste sonore pour vous faire une idée de l’intérêt d’une clarinette sur deux bidules/woks/soucoupes:

(si vous avez un outil qui peut facilement me faire l’équivalent de la fonction « Eclairage d’appoint » de Picasa sur une vidéo, je suis preneur. En attendant, photo)

Comme vous pourrez m’entendre (en dehors du « putaain », « d’accooord » et autre « je suis invisible » car un briton s’était mis devant moi malgré mes déplacements autour de lui), j’ai trouvé ça excellent. Mais je n’ai pas acheté leur CD, gn. Je suis comme ça, je ne fais pas certains trucs et après je le regrette. Je ne vous parlerai donc pas du spectacle des Monty Pythons dans cette même ville, évité, hein.

(MàJ en 2008 : ce groupe, c’est le Portico Quartet, et ils ont fait bien du chemin depuis ces soirées au bord de la Tamise !)

Mais donc, du coup, j’avais cherché en vain à connaître le nom de cet instrument venu d’ailleurs. Grâce à cette vidéo, je sais que cela s’appelle un « hang » (qui en allemand bernois signifie apparemment « main »), et que cela vient, en fait de venir d’ailleurs, de Suisse (pas loin de Berne, donc). Ces informations en main, nous pouvons partir en quête de sites Internet qui nous renseignent un peu plus, et pourquoi pas savoir où en acheter un à vil prix.

Informations, donc. Inventé par un couple (de Suisse, donc) au début des années 2000, le hang dispose de 7 renfoncements qui sont autant de notes différents, et un 8e à son sommet, qui correspond à la note fondamentale, la note de basse. Vu comme ça, ça donne l’impression d’être limité musicalement: en gros on a les 8 notes de la gamme majeure (do, ré, mi… do), pas de quoi composer une symphonie en ut bémol majeur – même si on peut faire entrer en résonance deux notes pour un créer une troisième (si j’ai bien compris), ça semble rester dans l’octave.

Et bien c’est encore plus compliqué que cela: en gros, deux hangs peuvent ne pas du tout avoir les mêmes notes, car c’est le créateur (ou l’acheteur) qui décidé sur quelle gamme seront réglées les huit notes. Les deux comparses du groupe de Londres avaient sans doute des hangs « accordés » ensemble, mais ce n’est pas obligatoire, loin de là. Au moins 45 accordages, selon le site Hangmania.

Ainsi, les notes sont réglées de manières harmonieuse. On s’en doute vu la vidéo, mais les moins musiciens d’entre vous seront heureux de savoir qu’on ne va pas très loin avec seulement une gamme majeure (en dehors de « Au clair de la lune » et « J’y pense en puis j’oublie », bien sûr. Impossible de jouer l’arpège de « No Surprises », par exemple), et encore moins avec des notes choisies au hasard (ou alors, avec pas mal de chance). Donc, obligé de régler les notes entre elles, et en conséquence de proposer toutes sortes d’accordages.
Avantage : impossible de faire une fausse note, et n’importe quel newbie qui sait taper avec un minimum de groove peut passer pour un génie de l’improvisation musicale.

Ca a l’air sympa, où puis-je en acheter pour mon plaisir personnel ? C’est là où le bât blesse : les créateurs gardent l’exclusivité de la chose, et ne peuvent physiquement en construire que 400 par an – et ils sont complets pour 2007. L’acheteur potentiel, outre le fait de savoir quel « accordage » il veut, doit prendre rendez-vous à Berne pour discuter chiffon et obtenir le hang qui lui convient vraiment. On comprend donc pourquoi ça coûte assez cher. Malgré cela, on trouve plein de vidéo sur YouTube et Dailymotion

Bref, notre petit groupe Londonien disposait donc de deux hangs. C’était en 2005, donc p’tet qu’à l’époque c’était plus facile. Et puis, ajouter de la clarinette et de la contrebasse par-dessus, ça le fait *un peu* plus que tout seul ou, brrr, avec une boite à rythme.

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30 ans et des poussières…

Temps de lecture / Reading time : < 1 minute.

Lors de ma soirée d’anniversaire, j’ai eu droit à tout ça :

Cadeaux !

Mais aussi, mais surtout, mais le plus important, j’ai retenu tout ça :

Sourires !

Des amis qui sourient. Des images qui réchauffent. Nécessaire, indispensable, et tous les adjectifs synonymes…

En passant, je trouve que ma pile éhontée de cadeaux me représente assez bien. Bon, pas au détail près, car chacun y a mis du sien (toujours faire en sorte d’avoir des amis différents de soi) et qu’un n’est allé fouiller dans ma ouiche-liste (hint, hint), mais on y retrouve tout ce qui m’identifie, je trouve : de la musique (kazoo, sangle Fender pour ma Telecaster, album de Yan Caillasse), de la photo numérique (Canon 400d!!!, objectif macro Sigma!!!, livre des travaux de Martin Parr), des livres, des BDs, des dessins animés idiots, des films cultes, des jouets…

La plupart ne liront sans doute jamais ceci (avoir des amis différents de soi, toussa…), mais qu’elles et ils soient tous remerciés de me supporter depuis tant d’années et, malgré mes nombreux défauts, d’avoir réussi à si bien me connaitre.

30 ans. M’y voici.

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Politique du positif

Temps de lecture / Reading time : 2 minutes.

Mise à jour dimanche à 17h51 : a voté. Politique du moins pire…

Je n’aime pas parler politique. C’est comme la religion, le salaire ou les pratiques sexuelles, ça créé toujours des dissensions.

Mais le fait est que depuis quelques jours, mes différents contacts mails m’inondent de spams politiques. Plus précisément, de spams anti-Sarko.

Alors OK, très bien, livre de Serge Portelli apparemment censuré, affiche « tout devient possible » revue et corrigée, vidéos sur Dailymotion en-veux-tu-en-voilà, biographie bien négative, sites dédiés

OK, super, vous avez bien justifié le fait qu’il n’est pas tout blanc, bravo, bien.

Maintenant, moi je préfère le positif dans la vie. Je n’aime pas voter contre, je préfère voter pour (et pour ceux qui se posent la question, j’avais voté Chirac au premier tour en 2002). Et jusqu’ici, personne ne m’a jamais rien envoyé pour me donner envie de voter pour la candidate. Tout le monde se bouscule au portillon pour meugler « Sarko saimal », mais personne pour dire « Ségo saibien » – ni même « saimieux », hein.

Je sais pas, je ne suis pas chiant hein, juste une bout de programme, une parcelle de compétence, une once d’idées neuves, autre chose que sa rengaine « nous allons discuter avec les partenaires sociaux », ce qui en terme de promesse me porte au Nirvana, cela va sans dire.

Je ne suis pas fan de Sarkozy, tant s’en faut. Je ne le crois pas facho, pas plus que je ne crois que Royal est une conne, mais le simple fait qu’il se soit précipité pour serrer la main de Bush me dérange. Pour autant, malgré les différents débats auxquels j’ai pu avoir accès, pas une fois Royal n’a réussit à me convaincre de voter pour elle, avec ses idées floues et ses vagues promesses (sans compter ses incessantes digressions et réponses à côté), tandis que Sarkozy avait au moins l’avantage d’aller droit au but, et de donner l’impression de savoir ce qu’il allait mettre en place.

Bref, pour le moment, moi c’est vote blanc – et tant pis/mieux si ça favorise Sarkozy, et tant pis si on me dit que c’est inutile, que je me décharge, etc. Convainquez-moi de voter Royal, s’il vous plaît, car je n’aime pas être aussi peu attiré par aucun des candidats. Dites-moi des choses positives sur elle, dites-moi en quoi elle vous fait rêver, en quoi son programme vous redonne confiance. Franchement, envoyez-moi autant de spam pro-ségo que vous le voulez, je suis super open. Je prend tout. Genre, rien que me certifier que DSK fera partie de son gouvernement, ça serait un bon départ.

Mais pitié, assez de la politique « anti », « contre » ou « refus de ». Moi je veux voter motivé, pas dépité.

Je n’aime pas parler politique. Et de fait, ce post disparaitra dès dimanche, après avoir voté – blanc ou Royal, cela dépend de ce je découvre de bon en elle d’ici-là.

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21 avril 1977

Temps de lecture / Reading time : < 1 minute.

Aujourd’hui, j’ai trente ans. Même pas mal.


[Je remercie mes parents d’avoir conservé tant de photomatons et photos d’écoles, sans quoi cette phrase n’aurait pu se faire. Je remercie également l’outil Healing Brush de Photoshop, parce que la puberté merci bien.]

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Deux semaines d’illusion

Temps de lecture / Reading time : 18 minutes.

Ca commence comme pour toute drogue, j’imagine : de manière très insidieuse, et par le biais de l’entourage. D’abord, cela a été le fléau qui ravageait l’Amérique et les pays anglo-saxons, a pris l’Asie à la gorge, puis est arrivé en France, et jusque parmi mes compagnons – on finissait par biffer d’un trait rageur ceux que l’on ne voyait plus guère, trop pris qu’ils étaient dans leur paradis artificiel. C’était prévisible et attendu, mais la réalité était là : cela emportait les meilleurs d’entre nous, parfois même sans espoir de retour à une vie « normale ».

Comme trop souvent dans ce cas-là, la curiosité tenaille, mais l’on reste un garçon sérieux – et puis, ça reste trop cher à l’achat, surtout qu’on apprend entre-temps que l’on parle plus de dépenses régulières que d’un simple achat unique. Toutes choses reconsidérées, on s’éloigne de l’idée de connaître le pourquoi du comment.

Puis surgit l’épreuve difficile à surmonter : l’échantillon gratuit. Grand classique, là aussi : convaincu de la qualité du produit, le vendeur propose un petit essai, « tu regardes, tu prends ton temps, si tu aimes, si tu veux recommencer, tu reviens me voir, quand tu veux, je bouge pas. » Ils sont malins…

J’ai pris l’échantillon gratuit. La curiosité était trop forte, et je pensais qu’avec cet exutoire à portée de main, j’y verrais plus clair. Mais, j’ai conservé l’objet pendant de longs mois sans m’en servir, juste en le regardant, en me disant « et si…? » Mais je me disais que c’était idiot, je n’avais déjà pas beaucoup de temps : je ne voyais déjà pas assez souvent mon entourage, mon travail me faisant rentrer trop tard, pour que je perde mon peu de sommeil dans l’illusion que m’offrait cet échantillon, dans ce monde artificiel à portée de main. L’échantillon restait dans son emballage plastique, je n’y pensais quasiment pas, sinon en lisant les nouvelles des ravages que cela provoquait dans d’autres cercles, et les témoignages de ceux qui en sont revenus, et restent en rémission.

L’idée pernicieuse de m’y plonger restait cependant présente, suffisamment pour que je fasse des plaisanteries à son propos, ici et là, innocemment, mais en fait probablement pour chercher une validation quelconque. Bien évidemment, personne ne m’encourageait jamais dans cette voie, et c’est bien compréhensible.

J’ai quand même fini par plonger. L’amour fait accepter beaucoup de choses, et ma douce a fini par comprendre que cet échantillon me tiraillait. Elle a même fini par me pousser à m’en servir, que ce soit fait, que je passe ce cap. De mon côté, je l’assurai que je ne comptais pas y perdre tous sens de la réalité, juste savoir ce qu’il en retourne. Savoir pourquoi. Et pouvoir dire, « j’ai essayé ». Il vaut mieux avoir des remords que des regrets, paraît-il. J’espérais ne rien regretter… C’était en octobre 2006.

J’ai décidé de tout vous raconter. Je n’en suis pas fier, je n’en suis pas totalement revenu, mais peut-être mon expérience pourra-t-elle servir aux autres curieux, et les aider à prendre la bonne décision.
Je suis conscient que je risque de faire plonger ceux qui n’en avait pas entendu parler, de raviver les douloureuses blessures de ceux qui ont réussit à s’en sortir, et d’enfoncer un peu plus dans leurs tourments ceux qui vivent cela au quotidien, par eux-même ou par un proche touché. Je demande à ces personnes de bien vouloir m’excuser…

Je m’appelle Xavier Borderie, et ceci est mon histoire.