I Know You…

Sabaidee Laos ! (troisième partie)

(avez-vous lu la première et la deuxième partie ?)

Jour 5

Réveil tranquilou dans la chambre de Pierrot, située en dehors du resort… et donc dans le village. Je me lève et ouvre la porte pour apprécier le temps, et moi de découvrir la vue matinale la plus dépaysante qu’il m’ait jamais été donné de voir, habitué que je suis des hôtels grand-luxe, bien sûr. Vue directe sur le village en bordure de route, avec un filet de ruisseau en contrebas. Sortir du noir profond de la chambre de Pierrot à ça, ma foi, ça le fait.

Il n’y a plus de client pour aujourd’hui, mais Pierrot est occupé avec les affaires à régler, ce qui nous laisse l’occasion de flemmarder et faire le tour du propriétaire. Voyons par exemple la salle à manger, avec en devanture une superbe terrasse surplombant de quelques mètres la rivière.
Tournons le dos à la rivière pour faire face au bar. Vous voyez ce poteau ? Vous voyez la marque sur icelui ? C’est l’endroit atteint par les eaux lors de l’inondation de 2008. Et voyez l’état du jardin aujourd’hui : rien n’y paraît, et il s’est même embelli par rapport aux photos que j’ai vu. Chapeau bas à Pierrot et son équipe (et tout le village qui a participé).

Le bord de rivière n’est pas mal non plus :

Et tant que je suis dans les panoramas de la journée, hop, téma la cheutron des breuchan, mec, t’as vu ?

Chaque bâtiment (quatre en tout), sur pilotis, contient deux chambres, et franchement elles ont une bonne tête. Voici l’une des plus récentes :

Bref, c’est pas du resort que tu croises tous les jours. Et entre ça, le beau temps, les balades à la cool et la cuisine qui déchiquète sa génitrice kodiak, franchement, t’y es pas déjà ? T’attends quoi ?

Tiens, baladons-nous justement : Pierrot en a fini avec sa paperasse et le réglage des divers boulons du jour, et propose de terminer la mâtinée par un tour de l’environnement immédiat.

Le temps de remonter la rue principale du village…

…on traverse un pont et, surprise !, nous sommes sur la rive d’en face !

Un joli point de vue sur l’ensemble du resort et de l’îlot devant celui-ci :

Première visite : la zone où les habitants font sécher l’eau de la source afin d’en récupérer le sel (et le vendre), sur la rive face au resort.

Hop, explications en vidéo :

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Voilà, maintenant vous savez tout. Ou du moins, vous en savez autant que moi.

Continuons notre petite balade… Les paysages sont jolis, à quelques minutes de marche du resort (clic clic fullscreen)…

…tandis que dans la rivière, les enfants pèchent et les mamans s’occupent du linge…

La vie s’écoule, quoi. Le chemin mène ensuite au village du coin, que nous traversons d’autant plus rapidement que nous croisons une scène qui pourrait sembler à la découpe d’un chien vivant, mais qui tout aussi plausiblement pourrait être un accouchement canin : devant une maison en bambou, 5 à 7 villageois sont accroupis face  à un chien qui, allongé et dos à nous, hurle à la mort. L’un des villageois semble avoir les mains sur son ventre. Couteau ? Nous n’en saurons pas plus, car…

Pierrot nous a raconté que Piba avait son petit succès auprès des villageois du coin. Dialogue ré-imaginé et sans doute exagéré pour satisfaire à notre dégoût d’occidental :

Villageois : Il est chouette ton chien, j’en ai jamais vu des comme ça, tu l’as trouvé où ?
Pierrot : Je l’ai fait venir de Thaïlande.
V : Ah bon ? Et il va rester à cette taille ?
P : non, il devrait être grand comme ça. [signe de la main]
V, impressionné : Oh ? Et, y’aurait moyen que tu me l’échanges contre, euh… [cherche du regard] ce chien là ? [pointe un chien vieux et malade]
P, commence à comprendre : Euh, non, y’a pas moyen.
V : Ok, mais sinon, tu pourrais m’en ramener à moi de Thaïlande. [bave aux commissures] Genre une dizaine ?
P : Ca va pas être possible, monsieur.

Bref, certaines ethnies mangent les chiens. C’est pas grave hein, c’est très bon le chien, paraît-il, mais juste, Pierrot ne se balade plus trop dans les villages avec son chien depuis lors :)

Donc, nous passons le village, au demeurant fort sympathique…

…pour, par un chemin détourné, descendre sur la rive en contrebas…

…et traverser la rivière avec les moyens de transport locaux :)

Et une barge plus robuste pour les deux garçons et Piba, qui n’est pas franchement un habitué de la chose : après être tombé à l’eau au bord de la rivière, il fera moins le malin pendant la traversé.

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…le tout sous le regard amusé de la marmaille, qui ne croise pas de « falang » tous les jours quand même :)

Nous revoilà à nouveau sur la rive initiale, le chemin de retour vers le resort se fera tranquillement, en croisant quelques beaux spécimens, et toujours de jolis paysages qui vont loin, loin, loin…

Et avec tout ça la journée commence à peine : une fois rentrés au resort, il n’est même pas midi. Après avoir passé un Piba mouillé à la serviette-éponge, Pierrot retourne à sa gestion des affaires quotidiennes, tandis que nous sommes libres de faire comme bon nous semble.

J’en profite pour aller voir la vue depuis l’île en face du resort.

A gauche, le restaurant ; au lieu, le jardin ; à droite, le dernier bâtiment construit ; encore plus à droite (hors-photo), le combo spa/massage/bain d’eau chaude…

C’est plutôt paisible et isolé, comme environnement.

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Visiter l’île d’en face, donc, mais également goûter la température de l’eau. Ha!, cette fameuse source ne doit pas être si chaude que ça, non ?

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Si. Grave, même.

Bon, c’est pas tout ça, mais il se fait faim. Bah oui, mine de rien, tout ce texte, ça ne fait que la matinée de 2 février 2009, tout laotien fut-il.

L’après-midi se passe sereinement : tandis que Pierrot travaille aux 4 coins du resort et s’efforce de tout bien régler, les blondes (la fille et Piba) jouent ensemble ou lisent au soleil (enfin, surtout la fille), et je bouquine également (et joue à GTA Chinatown Wars sur ma DS, oui, bon) sur le balcon de la chambre, avec vue sur la rivière et la colline en face.

La vie du village de Muang-La s’écoule avec la rivière : tandis que certains récoltent le sel de la source, d’autres pèchent les poissons avec une technique particulière…

…ou plus classique…

Les femmes du village viennent se laver ou passer leur linge à l’eau, profitant de la chaleur de la source… qui ne semble pas les gêner plus que ça.

17h, le soleil se couche, Pierrot propose de marcher jusqu’au temple local, afin de l’apprécier à la lumière du soir.

Sur le chemin du retour, on passe devant le bar des katoïs (les fameux ladyboys, ou « monsieur-madame », qui sont a priori les seuls à mettre un peu d’ambiance dans les soirées des villages laotiens)… Les bars katoïs sont faciles à repérer, il y a des guirlandes à l’extérieur et ils diffusent sans cesse la dernière musique hype mode de 1994.

…puis on s’arrête dans un petit bar situé non loin du resort, où l’on descend quelques bouteilles de Beerlao — non sans avoir, politesse locale, servi un verre à la table voisine en passant. Et on continue de se raconter nos vies, en descendant les verres…

Retour, enfin, au resort (à deux pas de là), pour profiter de la succulente cuisine.

Pour une fois, Pierrot s’autorise à nous accompagner, et sous la pression de la tablée de quadras parisiens de passage, enchaînera sur une partie de carte, puis deux, puis trois — non sans avoir avant tout permis à son staff d’aller se coucher. Ils sont gentils les touristes, mais y’en a qui bossent le lendemain.

Je fais le tour du patelin pendant ce temps, bouquine, et enfin, tout le monde se couche… Il est quand même une heure passée, j’en connais un qui va avoir du mal demain matin (pas moi, hein, le grand couleur homard).

Dites 33

C’est aujourd’hui. L’occasion de ressortir, ni vu ni connu, la chanson pour avril.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Paris-Web 2010 : appel à orateurs

Je fais partie de l’association Paris-Web, qui organise chaque année l’évènement éponyme. Permettez-moi donc d’utiliser mon blog pour transmettre le message…

La salle de Paris-Web en 2008

Bonjour à tous,

Paris Web est une conférence française organisée chaque année autour des questions d’accessibilité, de qualité et de design web. Pour sa cinquième édition, la conférence veut élargir son sujet et vous propose de réfléchir sur la question suivante : « Améliorer l’expérience utilisateur à travers un design et des contenus appropriés » (question non limitative).

Paris Web 2010 se tiendra du 14 au 16 octobre 2010, et nous invitons tous les orateurs potentiels à se manifester par un email à l’adresse propositions@paris-web.fr.

Vous pouvez proposer un ou plusieurs sujets dans les formats suivants :

  1. Conférence : 50 minutes, questions comprises.
  2. Mini-conférence : 15 minutes, sans questions du public.
  3. Atelier : 1 heure 30 (ou 3 heures pour un atelier double).

Les conférences et mini-conférences auront lieu dans les amphithéâtres les jeudi et vendredi. Les ateliers auront lieu dans des salles de 40 à 60 personnes le samedi. Ils sont l’occasion d’une grande interactivité, et peuvent être soit sous une forme théorique, soit sous une forme pratique (le cas échéant, des salles équipées d’ordinateurs seront prévues).

La date limite de dépôt des propositions de contributions est fixée au 31 mai 2010.

Idéalement, merci de présenter votre proposition de la façon suivante :

  1. Vous, en quelques lignes
    Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ? Votre spécialité ?
  2. Votre sujet
    En dix lignes maximum, un titre (qui n’a pas besoin d’être définitif) et un résumé de ce que vous allez traiter. Merci d’indiquer le niveau du public estimé.
  3. La forme de votre intervention
    Selon vous, cette intervention sera-t-elle plutôt une conférence, une mini-conférence, un atelier ? (nous pouvons en rediscuter ensemble)

Les personnes qui ont fait une proposition seront avisées personnellement de la suite donnée, que leur proposition soit retenue ou non.

Si vous êtes retenu, vous aurez la possibilité d’être défrayé pour vos transports et logé à l’hôtel par nos soins. Pour rappel, vous serez filmé et les vidéos seront mises à disposition gratuitement sur internet (sous licence CC-By-NC).

Vivement octobre !

Une partie des organisateurs de la session 2009 (et deux intrus)

Hello all,

Paris Web is a French conference organised each year and revolving around questions of web accessibility, quality and design. For its fifth edition, the conference wants to broaden its subject base and suggests that you think of this question: “Improve the user experience through appropriate design and contents” (non-limiting question).

Paris Web 2010 will take place on the 14-16th of October 2010, and we invite all the potential speakers to speak out and get in touch with us at propositions@paris-web.fr.

You can submit one or more topics under the following formats:

  1. Conference:  50 minutes, Q&A included
  2. Mini-conference: 15 minutes, without Q&A
  3. Workshop: 1 hour 30 (or 3 hours for a double-length workshop)

Conferences and mini-conferences will take place in amphitheaters on Thursday and Friday. Workshops will take place in 40 to 60 people rooms on Saturday. They are a moment of intense interactivity, and can be either theoretical or practical (rooms with computers will be provided if necessary).

The deadline for proposals is set to the 31st of May 2010.

Ideally, here is the form your proposal should have:

  1. You, in a few lines
    Who are you? What is your experience? Your specialty?
  2. Your subject
    In up to ten lines, a title (doesn’t need to be the definitive choice) and a summary of what you wish to deal with. Please indicate the estimated level of the audience.
  3. The form of your intervention
    According to you, will this be better suited for a conference, a mini-conference, or a workshop? (We can talk about it.)

People who have submitted a subject will be notified personally, whether their subject is selected or not.

If you are selected, you will be able to have your travel expenses and hotel paid. Please bear in mind that videos will be recorded and will be made available for free on the internet (under the CC-By-NC licence).

We can’t wait for October!

C'est super dur de faire la roue en allers-retours. AUCUN TRUCAGE.

Voeux 2010

Bonjour,

Je vous souhaite une bonne année.

Cliquez donc ici.

(Bon, en retard, pour ne pas changer, mais CETTE FOIS c’était voulu : ça faisait une belle date palindromique, 01/02/2010. Bon alors évidemment j’ai foiré le lancement, hein, pour changer, donc je me retrouve avec une date toute bancale, 02/02/2010. Foutu pour foutu, je me suis dit, allez, je vais repousser jusqu’au 10, histoire de faire ça « à l’américaine » (02/10/2010, on perd le palindrome mais on récupère le 10, donc bon), et puis vaille que vaille, allons allons, le Peuple a besoin de mon envoi annuel de bonheur, donc hop.)

Mes dernières B.A.

Décembre, c’est le mois où l’on ouvre son coeur aux autres : entre le Téléthon et le froid qui nous rappelle que des malheureux ne pourraient survivre sans les associations caritatives comme les Restos du Coeur ou l’Armée du Salut, tout nous pousse à faire un donc, si ce n’est de notre personne (et j’en profite pour saluer mes parents, toujours très présents en personne quand il s’agit d’oeuvres caritatives), au moins par le biais du porte-monnaie.

Tout nous pousse, mais aussi l’article 238 bis du Code Général des Impôts, parce que bon, on veut bien payer, mais c’est mieux si ça me fait payer moins d’impôts l’année prochaine — et pour ça, il faut faire son don avant le 31 décembre.

J’avoue, cette année, j’ai foiré mon coup côté impôts, je n’ai fait de dons qu’après le Nouvel An. Tant pis, ce sera full-impôts pour moi, mais bon, c’est pas comme si j’étais au chômage, n’est-ce pas ? Et puis, tout le monde sait que les associations caritatives ont déjà plus d’argent qu’il ne leur en faut, n’s'pas ?

Mais je voudrais attirer votre attention sur quelques causes méritantes, ou du moins certaines parmi les moins connues qui ont mérité quelques-uns de mes euros. Je ne cite pas les oeuvres caritatives auxquelles j’ai donné, hein, je vous laisse choisir en votre âme et conscience.

Voici donc une liste de mes dernières bonnes actions en date, et le pourquoi du comment que je.

Joachim

Joachim est graphiste, et un mec bien. Bon, déjà il est blogueur, ce qui ne peut aller qu’en sa faveur. Mais je suis aussi secrètement jaloux de lui (chuuuut, ça reste entre nous). Déjà parce que 1) il sait remplir ses carnets Moleskine de dessins ma foi for sympathiques, 2) il a créé la Boitameu, et 3) il porte un chapeau-melon et de longues moustaches. For realz.

Non mais surtout, au moment où je vous écrit, il fait le tour du monde en un an. Ou plus précisément, il va franchir 360 méridiens en 365 jours, voyage relaté sur son blog, l’aptement-nommé 360 in 365.

« Mais qu’est-ce qu’on s’en branle ? », me direz-vous de manière fort déplacée et vulgaire, « ton p’tit frère a déjà fait un long voyage, et t’as jamais dit que tu étais jaloux de lui ! » Donc déjà, 1) si, j’envie pas mal Alexis d’avoir fait son voyage, mais chuis trop vieux :) , et 2) la différence est que Joachim prostitue son voyage.

Mais oui, chers amis, vous pouvez le sponsoriser, à savoir qu’il vous propose de « financer » une journée de son voyage, au choix. 15 euros, une date, et le jour-dit il vous envoie une carte postale de remerciement. Mais attention, pas n’importe quelle carte. Moi, sachant qu’il partait en septembre et qu’il passait par Moscou, j’ai commandé une date idoine, et ai reçu de la Mère Patrie ceci-cela :

Un dessin. C’est joli, ça mange pas d’pain, ça fait voyager par procuration. Faites comme moi et plein d’autres, sponsorisez une journée de Joachim, et vous aussi recevez une zoulie carte.

Oceansize

Ca arrive plus souvent qu’on ne le souhaiterait. On découvre un groupe, on se dit « ouaaaaah, c’est franchement excellent ce qu’ils font », puis « ils existent depuis 11 ans ?!?! Mais comment se fait-il que je n’ai pas entendu parler d’eux avant ‽‽‽ », et enfin de se retrouver face à la réalité du marché : plus de gens écouteront Grégoire que les artistes qui ont vraiment du talent. Et les-dits artistes, donc, ne pas vraiment pouvoir vivre de leur art, et donc au final, potentiellement, devoir lâcher leurs instruments et abandonner l’idée de soulever une salle pendant 1h30, « juste » par le son.

Oceansize est de ces groupes-là. Tout comme Tool, c’est Fabrice qui m’en a parlé en premier. Tout comme Tool, j’ai d’abord réagit avec « c’est quoi son nom ? » Tout comme Tool, il a suffit d’une chanson pour me convertir à leur cause. Pour Tool, c’était « 46&2″ ; pour Oceansize, c’est « Commemorative 9/11 T-Shirt », tête de gondole de leur 3e album, « Frames ».

Si vous avez Spotify, voici leur page. Quelques titres sur leur MySpace. Quelques vidéos sur leur compte YouTube.

Pourquoi vous pousse-je à vous intéresser à eux ? Parce que quand je suis allé les voir au Nouveau Casino il y a quelques semaines, j’ai été surprise de voir que je pouvais circuler librement au premier rang, que nous n’étions pas collés les uns aux autres comme il se devrait. Ce groupe, aussi démentiel soient ses albums, n’arrive pas à faire ce bouger la foule. Bon, ok, c’est du rock progressif, mais tout les gamins sont capables de se plonger dans ce style depuis OK Computer, je ne vois pas comment des chansons si puissantes ne peuvent pas toucher un plus larger public.

Pourquoi en parle-je alors que je parle de don ? Parce que, si l’on en juge par leur page Wikipédia, leur avenir est sinon incertain, du moins assez précaire :

After the second album we stopped trying to make goals. We started getting a chip on our shoulder about not having broken through and being broke. (…) We really do live for the day. I’m sure that our record company or our manager have some kind of financial expectations of us. All we really want to do is to be able to pay our rent. We really don’t care about anything else. (…)

Moi qui avait tous leurs albums en mp3 (j’ai eu beau les demander à 2 Noëls de suite, personne ne semble les trouver), et les écoutait sans me lasser, j’ai voulu lors de ce concert franchir le pas : acheter un t-shirt, acheter leur dernier CD. Close, but no cigar : il ne restait plus, mon tour venu, que leur boxset, « Feed to Feed », dont Fabrice m’avait déjà parlé : 4 CDs audio et 3 DVD vidéos, reprenant les 3 nuits de concerts que le groupe mancunien a programmé dans sa ville pour ses 10 ans, concerts où ils ont joué chaque soir, du début à la fin, faces-B comprises, leurs trois albums.

Limité à 5000 copies, ça faisait plus que ce que je m’étais préparé à débourser ce soir-là. Mais qu’à cela ne tienne, je voulais remercier le groupe de m’avoir apporté tant de bonheur auditif ; je suis sortit de la salle, récupérer des sous au distributeur à côté, et suis rentré acheter mon propre exemplaire. Bien sûr, c’est ridicule : je donne l’impression que j’achète plus un disque (pour simplifier) parce que j’ai limité pitié d’un groupe, plutôt que simplement parce que j’aime leur musique. Mais c’est quand, en concert, on entend un chanteur (en l’occurrence celui de la première partie d’Oceansize ce soir-là, The Worldonfire) dire entre deux chansons « N’hésitez pas à passer après le concert à la boutique pour acheter notre album ou un t-shirt… histoire qu’on puisse manger ce soir » (véridique), ça ébranle un peu, quand même.

Si vous devenez retenir une chose de cette section, ce n’est pas « il faut acheter les albums d’Oceansize », bien qu’ils le méritent pleinement, mais plus largement, bordel, pensons à acheter les albums des artistes que l’on apprécie, à aller à leurs concerts, à acheter leurs t-shirts et autres, sans quoi l’on ne se retrouvera plus qu’avec le Top 50 des artistes qui vendent le plus en France. Et, bon sang de bois, ça ce serait MAL.

(photo d’en-tête (c) Brian Ravaux)

Nolife

Nolife va mal, ce n’est une nouvelle pour personne. Cette petit chaîne de télévision s’est positionné sur la marché pas du tout juteux des geeks (moi) et des otakus (fans de mangas japanais). Ah, et les fans de musique japonaise, aussi, mmh. Cette chaîne n’est disponible que sur les réseaux ADSL, et c’est bien là leur problème.

En effet, pour pouvoir vivre et continuer, une chaîne de télé a besoin de sous, et le moyen le plus éprouvé d’en avoir, c’est de passer de la publicité. Soit. Mais pour passer de la pub, il faut intéresser les vendeurs de savons. Bon. Et les vendeurs de savons, ils veulent savoir combien de ménagères de moins de 50 ans ils peuvent toucher sur une chaîne (voire une émission) donnée. Ok.

SAUF QUE cette fameuse mesure d’audience, un seul organisme s’en charge aujourd’hui en France, c’est Médiamétrie. Et Médiamétrie, jusqu’à présent, n’a proposé de mesures que pour les chaînes hertziennes, du câble et du satellite. Et oui, pas les chaîne purement ADSL. D’où, la boucle est bouclée, Nolife ne peut pas intéresser les annonceurs.

MAIS la situation va changer : Médiamétrie annonce qu’à partir de mars prochain, les audiences ADSL seront prises en compte. Joie!

MAIS tout d’abord, il faut que la chaîne tienne d’ici-là, ce qui n’est pas forcément gagné. Et en plus, il faut qu’elle tienne quelques mois en plus (juillet), le temps d’avoir les premiers résultats, puis enfin de démarcher les annonceurs avec ses fameuses audiences.

Et donc, pour tenir jusque-là et plus encore, Nolife demande, sans dramatiser, de les aider en s’abonnant.

Hop, Sébastien Ruchet, le big-patron de Nolife en parle mieux que moi :

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Ou ici, en executive summary, par le biais du méconnu Tristan Nitot :

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Alors bon, je raconte tout ça, mais ça ne vous dit pas pourquoi je me suis abonné, hein. Chacun ses raisons, mais ce n’est pas tant les mangas (qui ne me passionnent pas vraiment), et encore moins pour les clips de rock japonais (dont je n’ai que faire, mais je comprend qu’on ne peut pas proposer que du contenu original), mais tout simplement pour la passion de ces gens pour tout ce qui est geek – et ça, pour le coup, ça me parle.

Genre, dans le moteur de recherche des vidéos gratuites (pour allécher le putatif abonné), cherchez « la minute du geek » : la dernière en date, c’est celle sur le combat Atari ST contre Amiga, mais vous pouvez voir la vastesse des sujets abordés, souvent très pointus (donc, geek), et pas forcément purement liés à l’informatique. Abonnez-vous.
Autre émission que j’aime bien, c’est « Chez Marcus » (hop, mots-clefs), où l’on voit le-dit Marcus jouer à un jeu vidéo, ancien ou récent, chez lui. Lu comme ça, ça doit vous en toucher une sans bouger l’autre, mais c’est sympa, comme à la maison, et plein d’anecdotes et blagues que Nous Seuls, Geeks, pouvons comprendre. Abonnez-vous, pas cher, succès au jeu, retour de l’être aimé.
« Temps réel » diffuse des démos. Bourdjil, rien que pour ça, ça mérite un abonnement. Vous ne connaissez pas le monde des démos ? Vous ratez quelque chose qui a bercé toute mon adolescence ! Abonnez-vous, et regardez toutes les émissions « Temps réel ».
Ils ont aussi leur propre série, « Noob », basée sur les jeux vidéos évidemment (enfin, je découvre via le site, je peux me tromper). Abonnez-vous, sinon j’tue un tic-tac.
Sans compter les soirées ou quinzaines thématiques. Abonnez-vous. Stout.

C’est familial, c’est amateur mais aussi assez pro. C’est documenté. C’est bien.

Et puis, bon, quand on a une fanbase comme ça, ça ne peut que donner envie de s’abonner, n’s'pas ?

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Nolife : parce que y’a pas que le vraie vie dans la vie.

Framasoft

Alons bon, c’est quoi ça encore comme affaire. Framasoft, c’est un réseau de sites et projets autour du logiciel libre, visant à promulguer sa bonne parole. Ouaaaais, super Xavier, mais c’est quoi le logiciel libre ?

C’est les logiciels open-source, en gros. Ouaaaaaaaaaaais, super Xavier, mézancor ? [je m'adresse à mes parents, là]

Bah simplement, ce sont des logiciels que tout-un-chacun peut utiliser, copier, distribuer ou modifier sans devoir en demander l’autorisation, et même sans devoir bourse délier – ce qui n’est pas le cas des logiciels dits « propriétaires », que l’on doit payer et que l’on n’a certainement pas le droit de distribuer ou modifier sans autorisation.

Il existe ainsi plein d’équivalents libres (et donc gratuits) aux grands logiciels propriétaire : Windows -> Linux, Word -> OpenOffice, Internet Explorer -> Firefox (Internet Explorer est gratuit, certes, mais pas libre. C’est la différence fondamentale entre « Free as In Beer » et « Free as in speech »), Outlook -> Thunderbird, Photoshop -> GIMP, etc.

L’intérêt dépasse celui de la simple gratuité. Tout d’abord, pouvoir diffuser un logiciel sans se faire traiter de pirate, c’est un peu important pour l’accès de tous aux outils qui les aideront au quotidien. Par ailleurs, l’un des règles du LL est de donner accès au code source du logiciel ; par la magie de la loi « given enough eyeballs, all bugs are shallow » (principe selon lequel plus de personnes relisent et corrigent un texte, moins il y aura de fautes de frappe), les problèmes des logiciels libres sont souvent résolus en un temps record, là où le logiciel propriétaire laisse souvent traîner les bugs qui ne leur font pas perdre de part de marché…

Par extension, les logiciels libres cherchent à  libérer les utilisateurs, et pour cela font la promotion de formats ouverts. Cékoidon ? Simplement, quand on enregistre un texte au format Word 2007 (.docx), ce fichier ne pourra être lu que par une version récente de Word, et aucun autre logiciel, pour la simple raison que seul les ingénieurs savent décodent le format .docx (je simplifie à outrance, hein). OpenOffice, de son côté, propose un format qui, certes, ne sera pourra être lu par Word (parce que Microsoft, c’est les méchants), mais que tout plein d’autres logiciels pourront exploiter, car le format est documenté et accessible à tous.
Bref, dans 10 ans, vous ne serez pas sûr de pouvoir lire vos vieux fichier Word, mais vous serez assurément en mesure de lire n’importe quel format ouvert, car celui n’aura pas cessé d’être reconnu par les logiciels libres pour simple raison commercial (ce que fait Microsoft afin, notamment, de pousser ses clients à passer à la dernière version).

« Rien à faire des logiciels libres, je préfère faire confiance aux grandes entreprises ». Sauf que sans le savoir, les logiciels libres sont partout autour de vous. Internet : fonctionne majoritairement grâce aux LL ; le présent blog : WordPress est open-source ; l’OS X qui fait tourner votre Mac : se sert largement dans les projets libres ;

Tout ça, c’est beaucoup d’éducation à faire auprès des gens qui ne sont pas geeks, et Framasoft s’efforce de participer à cette éducation, en parlant de toute cette activité trop méconnue du public d’une bien meilleure manière que je ne le puis. Ils s’activent pour que dans les années à venir, vous puissiez jouir tranquillement des mêmes libertés que vous prenez pour acquises aujourd’hui, mais qui sont en fait sous le feu d’un incessant combat entre les grandes sociétés qui voudraient bien faire de l’argent avec votre privée, et les libristes qui estiment que la liberté passe avant les avancées commerciales ou marketing.

Et comme tout n’est pas gratuit en ce bas monde, et bien il faut bien rémunérer les gens de Framasoft pour que ce beau projet puisse perdurer efficacement. C’est la question qui s’est posée il y a quelques mois, quand il s’est agit de déterminer que faire maintenant que les fonds s’écoulaient. Certes, des centaines de gentils gens contribuent au projet de manière totalement désintéressée, mais aussi parfois de manière totalement désordonnée. Framasoft avait besoin de lever des fonds non seulement pour payer les factures et faire vivre ses projets, mais aussi pour pouvoir disposer d’une personne s’occupant à plein temps de l’organisation. Tout cela et plus encore est expliqué sur cette page. Et j’ai donc fait ma petite contribution…

Les dictatures à venir ne seront pas forcément politiques, mais peut-être logicielle ; et par le logiciel libre, les geeks seront peut-être ceux qui vous permettront d’éviter un quotidien où votre vie privée ne vous appartient plus.

poEdit

Oui, alors bon, là on touche à des trucs super-précis quand même, mais que j’estime notable.

Ok, donc je traduis WordPress depuis bientôt 6 ans. Au début c’était plutôt laborieux, car voyez-vous, ce n’est pas tant le fait que le projet est passé de 931 chaînes de texte à l’époque, à 2996 aujourd’hui, que le fait qu’il faille gérer un système assez geek (forcément) de compilation de fichier en ligne de commande, avec des commandes du genre de celle-ci :

msgfmt -o fr_FR.mo fr_FR.po

C’est moins compliqué à faire pour moi que ça ne peut être pour un non-geek de comprendre la phrase ci-avant, mais bon, j’aurai préféré une interface graphique, pour avoir une meilleure vue d’ensemble.

C’est là où un geek entre en jeu. Voyez-vous, un geek, quand il a une idée derrière la tête, il regarde s’il peut en faire un projet. On appelle « gratter là où ça gratte » (scratching an itch), et ça donne souvent des résultats qui contentent non seulement le gratteur, mais également tout plein de gens que ça grattait également, mais qui ne savaient pas comment gratter. Le gratteur a donc mis en moins un grattoir, et tout plein de gens peuvent maintenant mieux se gratter. Vous me suivez dans les métaphores à deux francs six sous ?

Ce geek, c’est Vaclav Slavik, et son grattoir, c’est l’outil poEdit, qu’il a placé en open-source : c’est lui qui est le principal programmeur, mais tout le monde peut s’en servir gratos, et même programmer avec lui. Depuis 6 ans donc, je l’utilise tranquillement, et ça simplifie bien la tâche.

Et là, en décembre, je ne sais pas, comme une démangeaison, je me suis « sapristi, ‘faudrait p’tet que je lui fasse un donc, à Vaclav, histoire qu’il sache que son travail est apprécié, et qu’il continue d’y passer du temps libre ». Car oui, le logiciel libre ne paye parfois que sous la forme de dons. Dont acte. Un p’tit outil qui fait bien son travail, m’a rendu bien des services, et qui mérite, du coup, ses $42.

WikiLeaks

Ok, là on arrive probablement au summum du combo « ouverture + participatif + liberté ». WikiLeaks, pour ceux qui l’ignorent, c’est un wiki (comme Wikipédia — notez d’ailleurs le préfixe sibyllinnement proche), mais là où cette dernière tente de documenter toutes les connaissances humaines, WikiLeaks s’est donné (en 2007) pour mission de créer un Wikipédia des « fuites » (leaks), ces documents censés être secrets (car honteux), sur le principe (posé par la cour de justice américaine) que « seul une presse libre et sans contrainte peut efficacement mettre à jour les tromperies d’un gouvernement » (« only a free and unrestrained press can effectively expose deception in government »).

En gros, ils récoltent et diffusent plein de document que les gouvernements du monde entier (avec prédilection pour les régimes asiatiques, le bloc soviétique, l’Afrique sub-saharienne et les Moyen-Orient, curieusement) préfèreraient voir étouffés… mais pas que. Ainsi, la Scientologie, les compagnies pétrolifères et les documents scientifiques controversés font également partie de ce que l’équipe de WikiLeaks considère devoir être rendus publiques. On appelle ça plus simplement un lanceur d’alerte (mais c’est plus classe en anglais : « whistleblower »).

WikiLeaks est soutenue par le Los Angeles Times, Associated Press ou encore l’Electronic Frontier Foundation. Il ont reçu quelques prix également, comme par exemple le New Media Award 2009 d’Amnesty International. Donc non, ce ne sont pas que des gamins qui s’amusent à rendre publique ce qui ne devrait pas l’être, ils sont effectivement utiles et reconnus comme tel.

Seulement voilà, ça coûte des sous, et sans ces sous, WikiLeaks aura du mal à continuer de traiter les milliers de pages de documents qui lui sont désormais adressés anonymement. Comme ils le disent :

We have received hundreds of thousands of pages from corrupt banks, the US detainee system, the Iraq war, China, the UN and many others that we do not currently have the resources to release. You can change that and by doing so, change the world. Even $10 will pay to put one of these reports into another ten thousand hands and $1000, a million.
We have raised just over $130,000 for this year but can not meaningfully continue operations until costs are covered. These amount to just under $200,000 PA. If staff are paid, our yearly budget is $600,000.

Donc, de la même manière que la liberté de la Presse est importante, j’estime que leur travail l’est aussi. Qu’en dites-vous ?

Voilà, c’est tout. Je ne dis pas que j’ai fait les bons choix, que vous devez les faire à votre tour absolument, que c’est forcément utile, mais bon, étant donné que j’ai été sensible à ces différents projets, il m’a semblé tout aussi utile de vous y intéresser, le temps d’un article.

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