I Know You…

Le plaisir d’apprendre

Je suis très en retard sur mon visionnage de films et séries.

Au fil des années, j’ai accumulé nombre de fichiers vidéo (bien entendu empruntés à un ami proche de mon cercle familial immédiat) suite aux recommandations d’amis, à la lecture de listes du type « Les 25 films à voir absolument » ou « les 100 films qui compte », ou à la disparition des grands écrans d’un film que j’aurai bien voulu voir. A Scanner Darkly, American Psycho, Cowboy Bebop, Paprika, Jacob’s Ladder, Reefer Madness, 12 Angry Men, etc.
Idem pour les séries : Battlestar Galactica, Community, Firefly, Homeland, Entourage, Misfits, Life on Mars, etc. Combien de premières saisons stockées sur mon disque dur, en attente de visionnage ? Et d’en ramener d’autres, au fil des discussions et lectures sur le Web, en me disant, à la manière de Marc Andreesen au sujet du type MIME des images, « Someday, maybe ». [ref]
Idem pour les livres, surtout depuis que j’ai une liseuse, et que j’entasse donc les classiques (domaine public oblige) afin de me culturer un peu le cerveau.

Je vis pourtant seul. On pourrait donc se dire que je n’ai un peu que ça à faire de mes soirées libres : me caler devant la télé, dans mon canapé, et enchaîner les séries, films et autres Petit Journal et Zapping.

Bon, pour commencer, je n’ai plus de téléviseur chez moi. Le point central de toute distraction en mon logis est l’ordinateur. À la manière du téléphone qui concentre maintenant horloge, appareil photo, lecteur audio, lecteur vidéo, carte, boussole, console de jeux et que sais-je encore (et accessoirement téléphone), l’ordinateur regroupe dans ses entrailles à la fois le rôle de source de distraction, et de zone de travail.

Vivons donc ensemble en soir de semaine libre typique dans ma vie de célibataire fou-fou. Je rentre chez moi, pose mes affaires, et relance l’ordinateur. En attendant de me cuire un peu de subsistance quotidienne, que faire ? Regarder un épisode d’une série ? Noooon…

Car outre le fait que je me suis créé au fil du temps nombre projets auxquels je participe, et sur lesquels je dois avancer (ou du moins, sur  lesquels je voudrai avancer), il se trouve que j’ai du mal à regarder un film seul. Plus globalement, toute activité culturelle (ou « culturelle », n’s’pas…) devrait pour moi être partagée. Série, film (chez soi ou au cinéma), théâtre, musée, visite de monument, etc. : autant de thèmes et idées abordés et qui méritent d’être discutés par la suite — et si possible à chaud. Je n’aime rien moins que d’écouter l’interprétation d’une oeuvre par ceux que j’aime. Et vu que je ne suis pas très malin, ils me font souvent voir une facette que je n’ai pas forcément considérée, voire m’expliquent que je me suis trompé sur l’intention de l’auteur. C’est agréable d’avoir tort et de s’en rendre compte, cela donne l’impression de progresser, de grandir intérieurement, d’apprendre des choses…

Seule exception à cette « règle » d’aller à un évènement culturel accompagné : les concerts. J’en ai vu près de 40 en 2012, dont sans doute la moitié seul. Je n’aime pas forcément cela (notamment le « personne à qui parler » pendant les interludes), mais je veux voir un groupe, il passe UN soir en ville et pas un autre, je prends ma place et je verrai bien si d’autres viennent aussi, personne ?, tant pis, allons-y — alors qu’un film, une expo, une pièce, « oh, j’ai bien le temps de prévoir ça avec un pote ». Du coup, souvent, je ne les vois pas. Hmpf.

Chez moi, seul face à mon écran, j’ai l’Internet tentateur qui me tend les bras dès que je lance une vidéo : si celle-ci n’est pas assez intense, ou même s’il y a une scène pas passionnante, hop, je mets en pause et je vais voir ce qu’il se passer ailleurs (le drame de Twitter et Facebook ; je fais partie d’une nouvelle génération « zapping »…). Je peux bien mettre 2 à 3 heures pour regarder un film d’1h30, à force de pauses et de « tiens, au fait… »

Heureusement que je n’ai pas Internet dans mes livres : j’ai récemment lu Le comte de Monte-Cristo, et Dumas y fait très souvent référence à des faits ou des personnages, réels ou imaginaires, qui me donnent envie d’en savoir plus (ne serait-ce que pour comprendre pourquoi il place cette anecdote). En ayant Wikipédia dans ma liseuse, j’aurai mis dix fois plus de temps à lire cet énorme pavé.

Je ne me faisais donc aucune illusion en cliquant sur le lien de ce tweet :

 Everyone should watch and watch again Feynman’s Lectures on the pleasure of finding things out… http://m.youtube.com/#/playlist?list=PLEFFA2ADC6E80EA6D&desktop_uri=%2Fplaylist%3Flist%3DPLEFFA2ADC6E80EA6D

Je clique, puis clique sur le lien pour avoir la liste de lecture en mode « ordinateur de bureau » (lien), et lance la première vidéo. 5 vidéos, 10 minutes par vidéo : aucune chance que j’en vois le bout.

Bon, les 10 premières minutes sont passées, c’était intéressant, continuons sur notre lancée…

Et en fait, j’ai tout regardé d’une traite.

Je ne connais que très vaguement Feynman, et dans cette vidéo de 50 minutes, il nous raconte son parcours, notamment la manière dont son père lui faisait voir les choses et l’a aidé à développer une soif du savoir utile ;  son passage à Los Alamos pour le projet Manhattan ; ses recherches libres qui lui ont apporté le prix Nobel, et sa haine des honneurs ; le fait que l’on ne peut pas tout savoir, et donc sa vision de la question ultime du « pourquoi sommes-nous là ? » et de la possibilité d’une entité supérieure…

Feynman a progressé et est devenu ce qu’il est parce qu’il était curieux, qu’il s’est posé des questions auxquelles il voulait répondre, et qu’il s’en est (et/ou qu’on lui en a) donné les moyens. Sous les aspects d’un professeur grisonnant racontant ses souvenirs de guerre, cette heure de vidéo est passionnante avant tout par ce qui résumé dans son titre, The Pleasure of Finding Things Out : faire la démarche d’en savoir plus, chercher à comprendre pourquoi et comment, se poser une question, toujours. Le plaisir de ne pas savoir. Le plaisir d’apprendre.

Et c’est peut-être ça en fait qui fait que films et séries n’arrivent pas à me tenir en attention plus de 10 à 15 minutes d’affilée : fondamentalement, elles ne m’apprennent rien. Je ne vais pas en ressortir grandi, plus « intelligent » ou avec une meilleure compréhension du monde qui m’entoure. Je n’aurai été que distrait de mon quotidien. Certes, j’aurai oublié le temps qui passe et la solitude de ces soirées passées assis devant mon bureau, mais pourquoi ? Discuter entre midi et deux du dernier épisode « waaaaah ! » de Breaking Bad ? Tant qu’à faire, autant passer le temps de manière utile — et donc, avancer sur mes trop nombreux projets. Les vidéos ? Someday, maybe…

Notez bien que je ne renie pas les films et séries ni ceux qui les regardent. Je sais apprécier les bons scénarios, les traits d’humour et une écriture ciselée, et j’ai moi aussi hâte de pouvoir apprécier ces oeuvres, et pouvoir en parler avec mes amis. Mais une fois rendu à moi-même, j’ai plus de facilité à regarder d’une traite les 45 minutes d’un épisode de Superstructures, que d’en passer 22 sur le dernier épisode de Parks and Recreation. Je suis un mec super ennuyeux pendant la pause déjeuner :)

Et je ne peux même pas dire que c’est ma soif de connaissances scientifiques qui me taraude : il y a quelques semaines, j’ai regardé avec fascination « Chasseur de skins », documentaire sur les antifas, recommandé par un collègue :

Du coup, je vais peut-être faire plus attention au tumblr de Joachim, Le docu du jour

En aparté…

Après avoir regardé ces 50 minutes de quasi-monologue auto-glorifiante (oui, ‘faut bien égratigner un peu), j’ai fait une rapide recherche sur les gougueules pour avoir des informations sur cette lecture du professeur Feynman (notamment la version complète que vous voyez ci-dessus, plutôt que la version en 5 parties que j’ai regardée).

Parmi les résultats YouTube se trouve cette courte présentation de Jordan Theriot, donnée lors d’un TEDx à CalTech en 2011 en l’honneur du bon professeur. Le discours est sympathique, rien de transcendant : grosso modo, avoir un bon professeur peut vous rendre une matière passionnante. Si je n’ai rien appris de nouveau, j’admire son enthousiasme, et son courage de parler devant une salle pleine de pairs.

L’expérience vécue par Jordan est positive et mérite sans doute ces 5 minutes… mais j’ai fait la bêtise de laisser mes yeux glisser vers les commentaires. Voici le mieux noté :

That is the hottest researcher I’ve ever seen…nerds these days don’t come with glasses & pocket protectors anymore. My sister works in a lab @ USC and her research center throws parties all the time during which a lot of people get drunk. I’ve talked to some of these people & they’re just brilliant but they also know how to party & the women are just FINE. Makes me wish I was a geek.

Nous avons donc une jeune scientifique (« undergrad » : 18-22 ans) qui nous parle avec passion de ses études et de ce qu’elle veut faire plus tard, et le commentaire le plus en vue peut se résumer à « wow, elle est bonne ». Sans vouloir forcément faire le lien avec une des autres lectures de mon weekend, y’a encore du boulot…

Pour le plaisir, et à la demande de Joachim qui le voulait pour son tumbr de documentaires, voici le Superstructures sur l’évolution des transatlantiques :

(back2blog, jour 6/10)

« Le projet » (parodie)

Photo par Thanh Nguyen. Merci à lui !

Ca a commencé il y a 2 ans, lorsque le staff de Paris-Web (dont je faisais partie) a décidé de mettre en place « La conférence dont vous êtes le héros« . Pour changer des sempiternelles tables rondes, nous avions décidé de donner un temps de « micro ouvert », où le public pouvait lancer des idées, des débats, se répondre, etc.

De mon côté, j’avais vu peu auparavant un rap de développeurs fait lors d’une autre conférence (JSConf ? Je ne sais plus laquelle #lazyweb). Voyant cette session open-mic se présenter pour l’édition 2010 de PW, je me suis dit « tiens, pourquoi ne pas chanter un truc ? » Je ne sais comment, j’ai très rapidement porté mon choix sur une parodie de « La Lettre » de Renan Luce, avec un premier couplet écrit très facilement dans un widget Netvibes — widget qui porte encore aujourd’hui le titre de « Conférence dont vous êtes le héros ». Je partais de deux idées très simples : convertir le « J’ai reçu une lettre » de Renan Luce en « J’ai reçu un projet », et son « Quelques fautes d’orthographe / Une légère dyslexie / Et en guise de paraphe / ‘Ta petite blonde sexy' » en « Quelques fautes de goût / ‘Intro en Flash’ et puis / Pour parfair’ le dégoût / ‘Compatible IE6′ ». Le reste, plus tard, peut-être.

Et puis non, pas le temps, trop de boulot dans le staff, pas non plus assez de bagou, et finalement tant mieux car ce fut une session de débats et retour sur les conférences de la journée, plutôt qu’une porte ouverte aux délires de chacun.

Édition 2011 de Paris-Web, je suis toujours dans les staff PW et le format « Conférence dont vous êtes le héros » semble trop chaotique pour être maintenu. Arrivent Daniel Glazman et Robin Berjon qui proposent de sélectionner et animer une session de lightning talks, où chaque orateur dispose de 4 minutes pour parler d’un sujet au choix (dans le cadre de la conférence), et pas une seconde de plus. Du coup, une chanson paraît beaucoup mieux avoir sa place dans ce format, et je caresse l’idée, tel Blofeld son chat. Mais je fais encore partie du staff, trop de choses à prévoir, et ça ne se fait finalement pas.

Édition 2012, je ne fais plus partie du staff — officiellement pour « avoir plus de temps pour faire de la musique », mais dans les faits j’ai eu plus de temps pour vivre, tout simplement. Les lightning talks reviennent cette année, et tel le Docteur Mad, je caresse mon chat d’idée. J’évoque le sujet avec une amie, qui me donne l’encouragement nécessaire avec ces mots (je paraphrase) : « t’es malade ». Je rouvre le widget Netvibes, et termine ce premier couplet.

La deadline pour proposer un lightning-talk est le 17 septembre à minuit dernier délai. Ce lundi là, je n’avais rien à faire, donc j’ai rapidement regardé les accords de la chanson, enregistré une vidéo, l’ai mise sur YouTube, et ai envoyé le lien sans plus de détail à Daniel et Robin, à minuit passée de 6 minutes, dans un mail intitulé sobrement « Oh, zut alors, à quelques minutes près ! :p ».

Cette proposition en vidéo, la voici :

Les paroles de l’époque :

J’ai reçu un projet, A rendre pour demain,
Qu’un free a refusé, « Il m’a traité d’radin ».

Quelques fautes de goût, « Intro en flash » et puis,
Ecrit avec bagou : « Compatible IE6″.

Mais moi je suis un dev Qui veut de la qualité
Et, quand il n’y pas grève, Je viens apprendre à Paris-Web !

J’envoie le lien vers la vidéo, et les laisse se débrouiller avec ça.

Dès le lendemain, je sens que ça discute dans le pôle Orateurs de Paris-Web : Delphine, membre du staff de PW et néanmoins amie, me tweete ceci : « Hé, je ne trouve plus le lien vers tes vœux à l’envers… » Comprendre, « on a bien reçu ta vidéo, moi je sais déjà que tu es fou, mais pour convaincre les autres j’ai besoin de preuves supplémentaires ». [pour rappel, cette vidéo de voeux est ici : http://vimeo.com/19401523 ].

Le 26 septembre, Sébastien, président de Paris-Web et néanmoins ami, me contacte sur GTalk :

Sébastien: Plop?
me: Grüüü
Sébastien: Juste une question qui te prendra à peine 10 secondes pour y répondre
Ta vidéo pour les lightning talks, c’est bien une vraie proposition ?
me: hahaha :)
je flippe ma race, mais oui.
Sébastien: Parfait, c’est tout ce que je voulais savoir :)
me: bien que n’ayant aucune idée si je suis en mesure de boucler la chose, ou même de la jouer devant des gens.
Sébastien: va falloir mon grand
me: on verra
Sébastien: :)
on donne des nouvelles bientôt
me: le plus tôt le mieux :p
Sébastien: Tu peux commencer à plancher dessus dès maintenant :p
me: mmmpf
déjà, apprendre à jouer de la guitare
ensuite, cesser d’être bègue.
2014 ?
alleeez :)
Sébastien: fallait pas appuyer sur le bouton.
1 semaine par objectif
et ça le fera :)
me: je l’ai envoyé après minuit, normalement ma proposition est irrecevable
Sébastien: on a décompté le temps d’upload sur Youtube
elle est recevable
me: et votre charité chrétienne ?!
haha
Sébastien: tsss
bref, c’est donc oui hein ?
me: oui oui, j’assume, je ne suis plus à ça près.
Sébastien: parfait
;)

C’était donc signé, j’avais moins d’un mois pour finir le texte, et apprendre à jouer correctement la chanson (4 accords, mais avec une certaine rythmique, plus compliquée à garder en chantant). Il me fallait également une guitare électro-acoustique pour que le son passe bien, et je remercie publiquement Cyrièle de m’avoir prêté la sienne — ma propre guitare acoustique n’étant pas aussi moderne.

La fin, vous la connaissez grâce à la photo en tête de cet article : ça s’est fait. Voici une vidéo pirate du concert, en attendant la version pro au montage impeccable de Paris-Web :

Et voici le texte complet (dont le dernier couplet, que je n’ai pas pu chanter sur le coup) :

J’ai reçu un projet, il y a un mois je pense,
J’aurai dû refuser, maladresse de freelance.
Le client dans son mail, écrit en Comic Sans,
Promet monts et merveilles à très courte échéance.
Et moi je suis un dev qui a besoin de ce projet
Pour payer mes rêves à commencer par mon loyer.
(peut-on décaler d’un pixel ?) (comment ça, « logo vectoriel » ?)

Mon client, vieux grigou, a une idée d’génie :
Vente en ligne de ragoûts, option riz ou saucisses,
Quelques fautes de goût, « Intro en flash » et puis,
Écrit avec bagou : « Compatible IE6″.
Mais moi je suis un dev qui veut fair’ de la qualité
Et, quand il n’y pas grève, Paris-Web m’aide à m’élever !
(HTML standard vivant) (CSS3 la REC pour quand ?)

J’ai choisi d’êt’ freelance, Marre des SSII,
J’habite où j’veux en France, Marre des loyers d’Paris.
Je prépare mon weekend Quand le lead-dev m’écrit :
« Tu fais quoi cette aprèm’ ? » Mise en prod vendredi.
Et moi je suis un dev Qui pleure quand je ne peux pas
Faire tout ce dont je rêve, comme valider sous Opéra !
(ou faire le back-end en Python) (car Ruby c’est bien trop abscons)

(tiens, d’ailleurs !)
Y’a pas que le front-end, il y a aussi le back
Où ‘faut connaître Zend, Symfony et leurs FAQ.
Maîtriser DreamWeaver, Vim, Eclipse, Notepad
Pour planter un serveur, 15 outils, même panade.
Mais moi je suis un dev, qui n’aime pas trop PHP
Pour la faire brève : NodeJS, viens vite me sauver !
(le JS serveur c’est l’av’nir) (un nouveau langage à haïr)

Quant aux métiers graphiques, j’aimerai en parler,
Mais j’avoue, y’a un hic, je n’sais pas dessiner,
J’ajoute ce couplet car Paris-Web les aime,
Allez-y, proposez un’ conf’ l’année prochaine
Je ne suis pas un dev, je suis rédacteur technique
Et, trois journées trop brèves apportent plus qu’un vol yogique.
(pourtant y’en a des rimes en [ik]) (Paléoprotérozoïque)

Voici tous les sujets dont nous allons parler
Pendant ces trois journées de confs et d’ateliers
Ah, pardon, on me dit qu’en fait c’est terminé,
J’pensais passer jeudi, j’pensais improviser.
Faites confiance au gens, et ils vous feront passer
après Stéphane Deschamps, rien d’tel pour ne pas angoisser !
(« faut-il être un entertainer ? ») (l’ironie me frappe en plein coeur)

Un dernier couplet, une dernière minute,
Avant le couperet, la fin en uppercut,
J’ai un peu transpiré, personne ne m’a dit « chut »,
La guitare, pour chanter, c’est quand même mieux qu’la flûte.

Si vous voulez l’ambiance karaoké, voici mes slides : http://fr.slideshare.net/xavierborderie/parisweb-2012leprojet

Je suis passé en dernier, et je remercie très fortement les 9 autres orateurs de ces lightning, grâce auxquels, j’ai ri, applaudi, appris, et surtout oublié que je passais après eux, et ça m’a bien aidé à ne pas me ronger les ongles.

Deux petits plaisirs pendant les heures et minutes précédents mon passage :

  • À Christophe, découvrant que je fais un lightning en fin d’après-midi et me demandant si j’allais chanter, répondre « noooon, ça va pas, je suis pas taré à ce point ».
  • À Stéphane, qui passait juste avant moi dans l’ordre des lightnings et qui regrettait ce placement, lui interdisant de chantonner « Dites 33 » à mon intention au début de son lightning, répondre « noooon, ça ne se fait pas de référencer un autre participant dans sa lightning » (la blague étant que je faisais référence à Stéphane à la fin de la mienne).

Après Paris-Web, les participants sont allés au bar d’en face pour parler entre gens de bonne compagnie autour de quelques chopines. Avec quelques fans de base, j’ai attendu le staff à la sortie de la conférence, et nous sommes arrivés longtemps après tout le monde dans le bar. En arrivant sur la terrasse avec la guitare à la main, ovation, « une autre ! », etc. Je ne me suis pas fait prier : montant sur une chaise, j’ai entonné le dernier couplet, très inintéressant mais au moins, c’est fait :

Alors on me demande un mp3 en plus du texte complet. Mais de mon point de vue, c’était vraiment un one-shot, avec trop de blagues relatives à Paris-Web, je ne suis pas certain que cela puisse intéresser grand monde en dehors de ce cercle — et surtout je trouve mon final très faible.

Mais je garde en tête d’en écrire une version plus « oecuménique ». Plus tard, peut-être… :)

Le soundtracking (1) : présentation et exemples

Je me suis mis à la musique assez tard, rétrospectivement. Je n’ai commencé à m’y intéresser qu’à l’arrivée du câble sur la télévision familiale, et avec elle MTV (à l’époque où Ray Cokes y sévissait encore). Certains clips m’ont donné envie d’acheter mes premiers albums, et je ne me suis décidé à sauter le pas qu’une fois après avoir récupéré un mini-boombox qui faisait lecteur CD, que j’ai calé devant mon lit. On s’en fout.

Mon premier album acheté a dû être « Jagged Little Pill » d’Alanis Morissette – et par acheté, j’entends « commandé au Club Dial ». Ahem. J’ai dû donc me mettre à la « vraie » musique vers 1995 – soit vers mes 18 ans. Re-ahem.

Enfin, quand ci-dessus je parle de musique, je parle de celle que l’on trouve en CD dans les magasins plus ou moins spécialisés, avec une production, un label, un système de distribution, un classement télévisuel animé par Marc Toesca, et la possibilité de payer pour écouter cette musique dans mon lecteur de K7.

demo-effect1

Parce que même sans toute toutes ces fioritures superflues mais considérées comme essentielles par les musiciens qui veulent réussir, de musique elle-même, j’en ai quasiment toujours eu dans les oreilles, grâce à mon Amiga 500 (puis 1200) et au merveilleux monde de la scène démo. Là où certains mettaient une cassette audio pendant qu’ils bossaient leurs maths, moi je mettais un jeu ou une démo pour écouter leur musique… Aaaah, l’intro de Turrican II, le musicdisk Jesterday par Sanity, l’intro d’Epic, la démo Enigma par Phenomena… Good times… *larme à l’oeil*

Certains pourront dire que ce n’est pas là de la « vraie musique », mais pour moi c’est surtout pour simplifier la différence d’avec la musique de jeux vidéos ou de démos… Quelle que soit la provenance, c’est de la musique, tout simplement : que ce soit du Mozart, du Britney ou du chiptune de C64, ça reste un morceau sur lequel quelqu’un a posé sa créativité. L’outil ne change rien : si on doit dire que la musique faite par ordinateur n’est pas de la « vraie musique », alors à partir de quel outil commence la fausse musique ? La guitare électrique (1930) ? Les ondes Martenot (1928) ? Le Vocoder (1930) ? Le Mellotron (1960) ? La platine vinyle (1946) ? Le magnétophone (1935) ? Conneries. Même générée par des algorithmes, pour moi la musique est, point barre.

Je prendrai sans doute un jour le temps d’écrire un truc sur mon expérience de la démoscène (car ça n’intéresse personne, donc IL FAUT que j’écrive là-dessus), mais il suffit de dire que la musique que j’aimais pendant mes tendres années, était faite et jouée sur ordinateur, par des milliers de compositeurs inconnus, pour la plupart amateurs et bénévoles, avec l’espoir de se faire embaucher dans une boite de jeux vidéos.

demo-effect2

Loin des Hendrix et autres Clapton, mes stars de l’époque portaient des noms qui font rêver et voyager, comme Walkman, Jester, Moby (non, pas celui-là, l’autre), Groo, Dizzy (non, pas Gilespie, un autre), Chris Hülsbeck ou Jogeir Liljedahl (dont je peux encore écrire le nom sans réfléchir). Les tubes qui tournaient en boucle sur mon Amiga (ou dont je sifflais la mélodie en me rendant à l’école) avaient pour titres « Klisje Paa Klisje », « More Than Music », « Face Another Day », « Coltris », « Oolah », « Wizardry »…

Walkman : Klisje Paa Klisje (qui signifie « pas à pas »)

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Moby : More Than Music

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Jogeir Liljedahl : Face Another Day (qui a eu droit à sa propre démo)

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Jester : Wizardry (l’un des titres du musicdisk Jesterday par Sanity)

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Dizzy : Coltris

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Groo : Oolah (tirée de la démo Stars)

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(notez que c’est le seul titre de ma sélection à utiliser plus de 4 voix – en l’occurrence, 16)

(pour les connaisseurs : non, je n’ai pas mis Heatbeat, je n’ai jamais vraiment trop accroché avec ses modules…)

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Je vous assure, j’ai dû rendre mes parents fou à forcer d’écouter cette « musique électronique » pendant des heures — sans compter celles passées à simplement regarder les notes et leurs effets défiler devant mes yeux, juste pour voir à quel point certains pouvaient exploiter 4 voix — et contourner les limites du format…

A écouter des musiques instrumentales longues de plus de 5 minutes, avec moult sous-parties, pas étonnant qu’aujourd’hui je suis un tel aficionado du post-rock…

Et d’ailleurs, j’écoutais même sans le savoir du Hendrix et du Clapton. Je veux dire, il m’a bien fallu une dizaine d’années avant de savoir que Hideaway Blues et Killing Floor étaient de vraies chansons, rendues populaires par Eric Clapton ou Jimi Hendrix — pas seulement de putain de bons modules !

Chorus & Sid : Hideaway

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Chorus & Sid : Killing Floor

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Stevie Ray Vaughan and Double Trouble : Hide Away

Jimi Hendrix : Killing Floor

J’avais par contre plus de doute pour les titres les plus rock de HitHansen, mais sans chercher à trouver l’origine. Ici encore, il m’a fallu plusieurs années, et même la puissance de l’Interweb, pour découvrir l’infâme vérité…

HitHansen : Electric Church

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Joe South/Deep Purple/Kula Shaker : Hush (pour une partie)

HitHansen : Experienced(x)

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Jimi Hendrix : In From The Storm

Gn ? Modules ?

Mais revenons aux faits. Les premiers modules tenaient dans un fichier de moins de 100 Ko, préfixé de l’extension « mod. », comme « mod.kisjepaaklisje ». Ce préfixe (aujourd’hui devenu une extension normale .mod), c’est la marque du format MOD, qui décrit un module. Un module, c’est un fichier créé à l’aide d’un soundtracker. Faire de la musique avec un soundtracker, c’est ce dont j’ai envie de parler ce soir…

demo-effect4

Pourquoi ? Simple : je suis dans une phase nostalgique ; il y a une grosse semaine, je me suis pris d’envie de me réécouter quelques bon vieux modules. J’ai téléchargé le tracker OpenMPT (port open-source de ModPlug Tracker), et une poignée de fichiers : MOD.klisje paa klisje.lng (Walkman), drink_my_pain_away.mod (Moby), more_than_music-1.mod et more_than_music-2.mod (Moby encore), my_bass_is_crying.mod (Moby toujours), et enfin MOD.Face Another Day (Jogeir). Puis je ressortit mon exemplaire de Mods Anthology Volume 1…

Good times. Je me devais de vous en parler, ne serait-ce que pour montrer que cet art est LOIN d’être oublié, ou même mineur…

Et vu que j’ai déjà commencé à m’étaler sur plus de 1000 mots, je vais couper ici et publierai la 2e partie quand elle sera finie. Je pense que j’aurai fait le tour du sujet au bout de 5 parties. A voir…

Exemples

En attendant cette seconde partie, quelques autres de mes morceaux préférés, qui remplissaient ma chambre de sons merveilleux longtemps avant que je ne songe à acheter un CD…

A tout seigneur tout honneur, quelques modules de Karsten Obarski, créateur du format : Amegas, Bluesong et Pretend (passer d’un .mod à 44 Ko à un mp3 de 1,50 Mo, ça fait mal :) )

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4-mat : L-F-F, un bon exemple de chiptune, que l’on retrouve dans de nombreuses cracktros

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Chrylian : Sonate to Her

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Moby : Drink my Pain Away, Elekfunk! et Livin’ Insanity (tirées de « Arte » par Sanity), et Raging Fire

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Audiomonster : Alcoholic Score et Melonmania (main tune et outro tune de la démo « S.O.S. » de Melon Dezign)

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Romeo Knight : Boesendorfer PSS (final de la démo « Wicked Sensation » de TRSI)

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Walkman : TJA

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Rendez-vous dans un prochain article, pour partir aux origines du soundtracking et des machines qui font du bruit ! :)

Orson Scott Card et Hadopi

Je suis en train de terminer difficilement la tome 4 du Cycle d’Ender d’Orson Scott Card, intitulé « Les Enfants de l’Esprit« . Difficilement, car ce cycle, qui a démarré avec un premier tome formidable et un 2e également de haute volée, s’est ensuite perdu dans deux tomes franchement laborieux et lourds. Je vais le finir, car « il faut que je sache », mais ne comptez pas sur moi pour les tomes suivants.

M’enfin bref, l’idée n’est pas de parler de l’œuvre de Card, mais des dernières pages lues ce week-end, qui font un écho intéressant à l’actualité récente (et ministèrement finale) de Christine Albanel, à savoir le projet de loi Hadopi.

Contexte Hadopi :

La Fnac va mal : elle n’arrive plus à vendre ses CDs et DVDs malgré la hausse des prix. Donc son ancien PDG s’est dit qu’il allait jouer à la politique, et a fait proposer par le ministère de la Culture la mise en place d’une loi qui puni les internautes qui téléchargent illégalement — par contre, rien pour ne pas punir les honnestes gens de l’intro la plus casse-couilles de la Terre (c’est Prodigy qui doit être content. Ou pas).

Parmi les mesures de cette loi dite « Création et Internet« , il y a le fait d’imposer aux internautes pris en flagrants délit, l’installation sur leur ordinateur d’un logiciel-mouchard qui renverra des informations au serveurs d’on ne sait pas trop qui, indiquant que les données qu’il télécharge sont désormais surveillées.

Comme le dit l’April (association pour la promotion et la défense du logiciel libre) :

« La nature des « moyens de sécurisation » – qui sont censés exonérer les titulaires d’un accès à Internet de la responsabilité démesurée qu’on veut leur faire porter – est désormais claire : il s’agit de dispositifs visant à faire obstacle à certains usages et certains protocoles, et qui font en outre un renvoi d’information à un serveur distant pour vérifier s’ils sont activés. En clair : des mouchards filtrants. »

Ce serait non seulement payant (il faut acheter le logiciel qui vous vole votre vie privée), mais ce serait aussi non-interopérable (ça ne marche que sur Windows (et OS X ?), donc « les utilisateurs de systèmes libres se retrouveront dans une insécurité juridique discriminatoire intolérable »).
Tu préfères Linux ou n’importe quel système libre ? Tu ne peux pas prouver que tu n’es pas un pirate…

Le truc drôle, c’est que ce mouchard est semble-t-il contournable assez simplement…

Citation (article de Tristan Nitot) :

« Donc voici ce que je ferais si j’avais l’habitude de télécharger : je vais installer un de ces mouchards payants sur mon ordinateur de bureau, depuis lequel je ne télécharge pas. Il sera garant du fait que je ne télécharge pas. Et puis je vais continuer à télécharger comme un sourd depuis l’autre machine, celle qui est connectée à mon écran de télévision.

Je serais donc coupable, mais avec la preuve de mon innocence. Elle est pas belle, la loi ?

On me souffle dans l’oreillette qu’un 2eme PC, ça coute cher. Qu’à cela ne tienne, j’encourage les fauchés à investir dans une Fonera 2 avec un disque externe. Et hop ! »

Hadopi a été rejetée pour le moment, mais sûrement revenir en force, et il ne semble pas y avoir abandon de l’idée de mouchard…

Contexte Cycle d’Ender :

Bon, le contexte va être un peu plus long à mettre en place… 4 livres à résumer, donc merci ours avec moi…

Grâce aux avancées technologiques, les humains ont pu se disséminer dans la galaxie, et une centaines de communautés se sont formées sur autant de planète, tout en étant régies par un pouvoir central, le Congrès. Si le voyage dans l’espace reste très lent, la communication est instantanée grâce à une technologie extra-terrestre, les ansibles.

L’une d’entre ces colonies, Lusitania, se rebelle afin de protéger une race intelligente indigène, et le Congrès envoie une force tactique afin afin de détruire la planète plutôt que de voir le virus fatal qui la caractèrise se propager sur d’autres systèmes.

La colonie est alors coupée de l’ansible grâce à Jane, une entité sentiente qui s’est développée depuis des milliers d’années dans le réseau de milliards d’ordinateurs reliés par ansible. Le Congrès comprend rapidement que seule l’existence d’une telle entité dans l’ansible même peut expliquer la soudaine disparition de Lusitania des réseaux de communication, et il est décidé de couper les ansibles plutôt que de se reposer sur un réseau occupé par une entité ennemie.

Une poignée de système a compris l’intérêt de Jane, et fait son possible pour maintenir en place un réseau d’ordinateur limité mais suffisant pour lui permettre de survivre, le temps qu’une meilleure solution se présente. Pendant ce temps, le Congrès autorisé la rouverture des ansibles sur tous les ordinateurs, sous certaines conditions, comme d’installer un logiciel qui bloque l’éventuel retour de Jane…

Citation :

« — Bien sûr, aucun de ces ordinateurs n’est officiellement connecté à quelque réseau que ce soit. (…) Nous suivons le règlement à la lettre, et obéissons comme les citoyens respectables que nous sommes ! Ici, par contre, je crains qu’il n’y ait eu quelques négligences. Par exemple, il semble y avoir un contact intermittent avec l’ansible de l’université. Chaque fois que l’ansible doit passer des messages vers d’autres systèmes, il est déconnecté des autres ordinateurs à l’exception du système officiel de protection par délai. Mais lorsque l’ansible est connecté à une série de destination peu communes (…), il est potentiellement relié à tous les ansibles des Cent Planètes – alors, parfois, une vieille connexion se reforme et l’ansible a accès à tout ceci.

(…)

– Et il y a encore une chose très étrange (…). Un des nouveaux ordinateurs a été installé ici, mais il a subi quelques modifications. Il ne semble pas répondre correctement au programme central. Il oublie de lui signaler qu’une connexion hyper rapide en temps réel a lieu à l’intérieur de ce réseau vétuste et officieux. Dommage, parce que cela enclenche évidemment une connexion complètement illégale entre ce vieux système relié au réseau ansible et le nouveau à l’épreuve de la déesse. Ainsi de s demandes d’information peuvent être passées, et elles paraîtront légales à n’importe quel logiciel de contrôle, puisqu’elles proviennent de ce nouvel ordinateur parfaitement légal mais curieusement imparfait.

(…)

Le message du Congrès leur signala que leur système était en règle et parfaitement sécurisé. Les bidouillages informatiques n’avaient pas été détectés. »

I have this terrible feeling of… déjà-vu!

Les écrivains de science-fiction sont contre Hadopi pour une bonne raison : ils n’imaginent que trop bien les implications sociales que peuvent avoir les barrières technologiques, et leurs dérives…

Traduction de la langue de bois vers le français courant de la réaction de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, à la décision du Conseil constitutionnel concernant la Loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet

Source : Ministère de la Culture, en réponse au Conseil constitutionnel.

Christine Albanel se félicite que le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage ait été validé par le Conseil constitutionnel.

Christine Albanel se rattache à ce qu’elle peut pour donner l’impression qu’elle n’a pas essuyé un violent camouflet de la part du Conseil constitutionnel, en majeure partie dû à son ignorance patente et éhontée  de la Constitution française.

Il s’agit d’une avancée capitale dans la lutte qu’elle entend continuer à mener contre le pillage des droits des créateurs et en faveur d’un Internet civilisé.

Elle aimerait bien quand même garder son poste de ministre, s’il vous plaît.

La ministre regrette de ne pouvoir, comme le Gouvernement et le Parlement l’avaient souhaité, aller jusqu’au bout de la logique de « dépénalisation » du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes – y compris le prononcé de la sanction – du processus.

La ministre se demande vraiment pourquoi on ne pourrait pas confier la justice de ce pays à des autorités non judiciaires. A Universal, par exemple.

C’est quand même un comble de ne pas pouvoir faire de dépénalisation quand on est ministre de la Culture

Elle prend acte sur ce point du choix du Conseil constitutionnel et proposera au Président de la République et au Premier ministre de compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier au juge le dernier stade de la« réponse graduée ».

A l’instar du Traité de Rome Lisbonne — ratifié par le Conseil constitutionnel, ce en dépit du « Non » des Français au Projet de Constitution européenne et à l’incompatibilité du-dit Traité avec la Constitution français (obligeant donc à une modification d’icelle) — la ministre espère bien pouvoir faire accepter une version légèrement remaniée (mais fondamentalement identique) de son texte, en la faisant directement valider par le Président de la République.

En passant, elle lui glissera un petit mot selon lequel le Conseil constitutionnel fait de toute évidence partie des reliques du Gaullisme, et qu’il serait temps qu’il l’impose, sa VIe République. Genre avec une constitution moins contraignante pour ceux qui ne l’ont pas lue.

Parallèlement la mise en place de la Haute Autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d’avertissement seront adressés dès l’automne aux abonnés à Internet.

PH34R quand même !

Avec la promulgation de la loi Création et Internet, ce sont plusieurs dispositifs très importants d’encouragement au développement de l’offre légale de contenus culturels, bénéfiques au public aussi bien qu’aux créateurs, qui vont entrer en vigueur : mise à disposition plus rapide des films en DVD et en vidéo à la demande (4 mois après leur sortie en salles), statut innovant pour les éditeurs de services en ligne, régime incitatif pour le droit d’auteur des journalistes.

I am high as a kite.

Christine Albanel tient à remercier l’ensemble des créateurs, des salariés, des entreprises et des organisations représentatives de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique et de l’Internet, en France et dans le monde entier, du soutien qu’ils lui ont constamment manifesté dans la conduite de ce projet.

C’est-à-dire, tous ceux listés (volontairement ou non) dans la pétition de la Sacem ; Sacem à laquelle la ministre adresse un remerciement tout particulier : réussir en quelques jours à trouver 10 000 noms pour leur pétition, dont un bon nombre de non-artistes, c’est du beau boulot. En matière d’efficacité, on n’avait pas vu ça depuis les faux électeurs de Jean Tiberi.

Parodie inspirée par la traduction originale de John « Daring Fireball » Gruber, et toutes les suivantes – Merci à eux ! ;)

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